Dérivation cutanée continente (DCC) et traumatisé médullaire : indication, morbidité et continence
Objectif : Evaluer les indications et résultats de la dérivation cutanée continente (Monti ou Mitrofanoff) chez les traumatisés médullaire.
Matériel et méthode : Etude monocentrique de suivi prospectif des patients consécutifs ayant eu cette intervention. L’utilisation combinée de la cystectomie sus-trigonale avec enterocystoplastie d’agrandissement, d’un lambeau vésical natif pour réimplantation anti-reflux (Leadbetter) du tube de dérivation continente (Monti ou Mitrofanoff), d’une bandelette sous cervicale (femme) ou d’une fermeture du col ont été nécessaires. L’étude a relevé les complications techniques, la continence, la qualité d’utilisation du montage.
Résultats : 15 femmes et 2 hommes (18-63 ans, méd. 42 ans), tétraplégiques (10 dont 1 SEP) ou paraplégiques (7) ont subi une DCC (11/17 par nécessité (échec d’autres modes mictionnels) et 6/17 à leur demande). Le suivi médian a été de 27 mois (5 à 37). Les durées opératoires, pertes sanguines et durée d’hospitalisation ont été de 355 min. (250-550), 386 ml (150,1200) et 26 jours (15-29). Il n’y a eu ni décès ni ré-intervention dans les 3 mois post opératoire. Le site définitif de stomie était ombilical chez 75%. Il y a eu 5 ré-interventions tardives chez 4 patients (4 fermetures du col vésical pour 3 patients, 1 occlusion sur brides (1 an)). Les trois patient(e)s ayant nécessité une fermeture secondaire du col vésical pour incontinence par l’urètre natif avaient en préopératoire un col vésical béant et une pression urétrale basse. Aux dernières nouvelles, 16 patients/17 étaient continents jour et nuit par la stomie et l’urètre natif et s’auto sondaient 4 à 6/jours (250-700cc/sondage).
Conclusion : Les techniques de DCC type Monti ou Mitrofanoff semblent avoir transformer leurs résultats fonctionnels, leur utilisation et leur acceptation par les patient(e)s. L’artifice technique du lambeau vésical a permis de placer la stomie à l’ombilic pour la très grande majorité des patient(e)s. La continence d’aval reste un challenge technique.