Urologie : spécialité de la diversité

25 juin 2015

Auteurs : P. Blanchet
Référence : Progrès FMC, 2015, 2, 25, F25




 

Progrès en urologie FMC est la revue professionnelle de notre spécialité qui accompagne l'évaluation de nos pratiques et notre développement continu. Ce nouveau numéro témoigne bien de la richesse et de l'étendue de notre spécialité qui affirme toute sa diversité.


Ce numéro fait d'abord la part belle aux organes génitaux externes à travers trois sujets :

le premier développé par Antoine Faix dans un article de technique chirurgicale, nous rappelle, si besoin était, que la posthectomie est tout sauf une intervention mineure à abandonner aux plus jeunes sans les accompagner ; plusieurs techniques existent, chacune ayant ses indications propres et toutes doivent être maîtrisées pour répondre au mieux aux besoins des patients ;
le deuxième, par notre collègue anesthésiste réanimateur Yannick Meunier, nous décrit le bloc pénien très vraisemblablement sous utilisé dans notre vie quotidienne pour des actes qui en relèvent et pour l'analgésie postopératoire particulièrement au moment de l'essor de la chirurgie ambulatoire. Il appartient sûrement aux urologues de se réapproprier cette technique et de répandre son usage ;
le troisième d'Andréas Andréou présente une nouvelle approche laparoscopique robot assistée du curage inguinal dans le cancer du pénis. Certes la pathologie tumorale du pénis reste peu fréquente rendant le curage rare mais avec une morbidité si importante qu'il appartient bien à notre spécialité de chercher à la réduire en innovant avec des nouvelles approches reproductibles.


Au moment ou notre spécialité impliquée depuis toujours dans la prise en charge chirurgicale mais aussi médicale des cancers urologiques, défend le maintien de la primo prescription des nouvelles molécules à travers la validation des acquis de l'expérience universitaire et plus récemment de la validation des acquis de l'expérience ordinale, il semblait fondamental que les bonnes pratiques de la prescription de l'abiratérone nous soient rappelées par Emeric Lacarrière.


Idir Ouazaid, Romain Mathieu et Evanguelos Xylinas nous rapportent l'essentiel du dernier congrès de l'EAU 2015 respectivement sur les tumeurs du rein, de la prostate et de la vessie :


Y sont présentées des communications sur la néphrectomie partielle et la fonction rénale, la néphrectomie partielle et la survie globale pour les tumeurs localisées, l'analyse des facteurs de risque d'évolutivité de la maladie et l'analyse de la combinaison chirurgie réductrice et inhibiteurs de la tyrosine kinase en cas de tumeur rénale métastatique.


Dans l'hypertrophie bénigne de la prostate, des présentations sur des nomogrammes prédictifs de la qualité du muscle détrusor, sur les « nouveaux » traitements (combinaison alphabloquants et anticholinergiques, injection de toxine botulique, embolisation et une actualisation d'une étude sur la photovaporisation par laser Greenlight), y sont rapportées.


Concernant le cancer de la prostate, l'ERSPC est analysé avec un recul chaque fois plus important, L'IRM affirme sa place à tous les stades de la prise en charge de la maladie, les différentes formes de chirurgie appliquées au cancer localisé de la prostate sont comparées, le rôle thérapeutique du curage ganglionnaire est évoqué. Le curage ganglionnaire de rattrapage fait lui l'objet de plusieurs communications. Les actualisations des essais Prevail, Terrain et COU-AA-302 ont été présentées.


Dans les tumeurs de vessie, des communications sur la confirmation de l'intérêt de l'IPOP dans les tumeurs de vessie non infiltrantes, sur l'étendue du curage ganglionnaire associé à la cystectomie dans les tumeurs infiltrant le muscle, sur le délai entre le diagnostic de tumeur de vessie infiltrante et la cystectomie en cas de chimiothérapie néoadjuvante et sur l'intérêt de la chimiothérapie adjuvante sont rapportées.


Enfin, la veille bibliographique faite par François Xavier Nouhaud porte sur un article à paraître dans European Urology comparant le standard qu'est la cystectomie par voie ouverte à l'option qu'est la cystectomie robot assistée.


Progrès en urologie FMC renforce chaque fois un peu plus son positionnement comme trait d'union de toutes les générations d'urologues dans leurs formes d'exercice diverses et variées. Je ne doute pas que vous prendrez comme moi un réel plaisir en le lisant.




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