Tumeurs rénales du sujet jeune : expérience monocentrique

25 novembre 2015

Auteurs : C. Dariane, C. Pasqualini, N. Gaspar, L. Brugieres, C. Patte, J. Arfi-rouche, J. Patard, H. Baumert, Y. Loriot, C. Massard, K. Fizazi, Z. Merabet, M. Di palma, B. Escudier, L. Albiges
Référence : Prog Urol, 2015, 13, 25, 798-799
Objectifs

Les tumeurs du rein du sujet jeune sont de plus en plus fréquemment rencontrées grâce aux moyens d’imagerie actuels et regroupent divers types histologiques. Leurs spécificités ont rarement été rapportées. L’objectif de cette étude était d’analyser les données cliniques, radiologiques et histologiques des patients jeunes traités dans notre centre pour une tumeur maligne du rein.

Méthodes

Les données médicales de tous les patients âgés de 15 à 35ans traités pour une tumeur maligne du rein depuis 1990 dans notre centre ont été collectées. Les caractéristiques initiales des patients, le mode de révélation, les profils radiologiques, la procédure diagnostique, le traitement et les résultats ont été analysés. Au total, 105 patients ont été traités avec un suivi médian de 21,1 mois (IQR 5,53–47,2).

Résultats

Les histologies fréquemment retrouvées étaient le carcinome à cellules rénales (CCR) (n =89, 84,7 %) avec 41,6 % de CCR à cellules claires (CCC) (n =37), et le néphroblastome (n =9). L’âge médian était de 28,7ans (IQR 24–32). Seulement 24 % des patients avaient eu une biopsie rénale à visée diagnostique avant chirurgie d’exérèse. Parmi les 9 néphroblastomes, 2 avaient eu une biopsie première et avaient reçu une chimiothérapie néoadjuvante appropriée. Un patient sur les 9 est décédé de progression tumorale ; 7 étaient en réponse complète (n =6) ou partielle (n =1). Concernant les CCC, 87 % des patients étaient symptomatiques au diagnostic ; 76 % étaient métastatiques au diagnostic ou au cours du suivi. La survie médiane globale des CCC était de 21,5 mois (IQR 4,6–44,4) et la survie sans progression de 3,2 mois (IQR 1,8–7).

Conclusion

Cette cohorte de jeunes patients (15–35ans) traités pour une tumeur rénale maligne souligne :

– le pronostic péjoratif des carcinomes rénaux chez l’adulte jeune ;

– la difficulté du diagnostic différentiel de néphroblastome.

Cette étude suggère la nécessité de mise en place et de suivi de recommandations standardisées concernant la prise en charge des tumeurs rénales chez le jeune adulte.




 




Déclaration d'intérêts


Les auteurs n'ont pas transmis de déclaration de conflits d'intérêts.






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Publié par Elsevier Masson SAS.