Troubles vésicosphinctériens chez les personnes adultes en situation de handicap hébergées en établissement médico-social

25 mars 2019

Auteurs : N. Bamoudou, A. Desvergee, F. Leroy, J.-J. Parienti, A. Ruet
Référence : Prog Urol, 2019, 4, 29, 235-245
Objectifs

Évaluer la prévalence et la prise en charge des troubles vésicosphinctériens (TVS) chez les personnes adultes en situation de handicap vivant en établissement médico-social (EMS).

Matériels et méthodes

Étude observationnelle descriptive transversale. Enquête épidémiologique.

Résultats

Dans cette étude réalisée sur 150 résidents de 6 EMS, la prévalence des TVS était de 88,67 % (133/150). Cette prévalence était de 91,36 % (74/81) chez les femmes contre 85,51 % (59/69) chez les hommes, (p =0,260) ; de 93,33 % (14/15) en foyer d’accueil médicalisé (FAM) contre 88,15 % (119/135) en maison d’accueil spécialisé (MAS), (p =1) ; de 80 % (52/65) pour les marchants sans aide technique, 89,47 % (17/19) pour ceux marchant avec aide technique, 98,08 % (51/52) pour ceux se déplaçant en fauteuil roulant (FR)-non-marchant, et 92,86 % (13/14) pour les non-marchants ne se déplaçant pas seul en FR, (p =0,004) ; de 69,81 % (37/53) pour ceux capables de signaler le besoin d’uriner contre 98,97 % (96/97) pour ceux dans l’incapacité de le signaler, (p =0,0000003) ; de 76,92 % (50/60) pour ceux réalisant leurs transferts seuls, contre 97,65 % (83/85) pour ceux dans l’incapacité de les faire, (p =0,0002) ; de 67,39 % (31/46) pour les personnes autonomes pour l’habillage-déshabillage contre 98,08 % (102/104) pour les personnes non autonomes, (p =0,0000002) ; de 77,27 % (17/22) pour des apports hydriques>2L, 91,67 % (55/60) pour des apports hydriques de 1,5 à 2L, 87,5 % (49/56) pour des apports hydriques entre 1 et 1,5L, et 100 % (12/12) pour des apports hydriques<1L, (p =0,170). Les TVS étaient plus fréquents chez les personnes avec une déficience motrice (OR=10,70[1,53–75,09], p =0,017), chez ceux avec une déficience mentale (OR=5,85[1,39–24,67], p =0,016), ainsi que chez ceux présentant une comorbidité urologique (OR=9,70[1,25–75,55], p =0,03). Concernant la prise en charge des TVS : la prévalence d’avis médical spécialisé était de 9,77 % (13/133), 24,81 % (33/133) pour les évaluations complémentaires, 16,54 % (22/133) pour la rééducation, 6,77 % (9/133) pour les médicaments, 2,26 % (3/133) pour la chirurgie ; et 82,71 % (110/133) pour l’utilisation de dispositif médical ou de palliatif urinaire.

Conclusion

Dans cette étude, la prévalence des TVS chez la personne adulte en situation de handicap hébergée en EMS était de 88,67 %.

Niveau de preuve

4.




 




Introduction


La prévalence des troubles vésico-sphinctériens (TVS) chez les personnes en situation de handicap est variable selon l'étiologie de la déficience [1, 2]. Les modalités de prise en charge des TVS comprennent la rééducation (périnéale ou comportementale), les médicaments, la chirurgie, ou un traitement palliatif urinaire [1, 3, 4, 5, 6]. Nous nous sommes initialement interrogés sur la prévalence des TVS et leur prise en charge dans les établissements médico-sociaux (EMS) type maisons d'accueil spécialisé (MAS), foyers d'accueil médicalisé (FAM), foyers d'hébergement (FH), foyers de vie (FV), et foyers occupationnels d'accueil (FOA) [7]. Alors qu'il existait des données à ce sujet dans les EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), la littérature était quasi inexistante pour les établissements accueillant un public plus jeune [7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15]. Gontard et al. [7] ont souligné dans une revue de la littérature le fait que tout individu ayant une incontinence urinaire et/ou fécale devrait bénéficier d'une prise en charge médicale adaptée et ne devrait en aucun cas être exclu en raison de sa pathologie chronique. Pour Gontard et al., chez les personnes en situation de handicap nécessitant une prise en charge médico-sociale, les études en lien avec les troubles de la continence étaient bien souvent négligées par les chercheurs et cliniciens [7]. En parfait accord avec cette analyse, nous avons souhaité mener une étude observationnelle transversale afin de mieux connaître la prévalence des TVS et leur prise en charge dans les EMS compte tenu du peu de données disponibles chez la personne adulte en situation de handicap en EMS.


L'objectif de ce travail était d'évaluer la prévalence et la prise en charge des TVS chez les personnes adultes en situation de handicap vivant en EMS.


Matériels et méthodes


Population


Critères d'inclusion : adultes (âge>18ans) en situation de handicap, hébergés en EMS. Critères d'exclusion et de non-inclusion : personnes mineures, refus de participation, refus d'accord du représentant légal en cas de mesure de protection.


Méthodes


Il s'agissait d'une étude observationnelle descriptive transversale. Nous avons recensé les structures pour personnes adultes en situation de handicap en Normandie, en excluant les EHPAD et les établissements accueillant exclusivement des personnes atteintes de déficience cognitive, psychique ou mentale sans atteinte motrice. Ceci n'empêchait pas que certains résidents des établissements ciblés pouvaient avoir des troubles cognitifs, et/ou psychiques, et/ou mentaux.


Critère d'évaluation principal : prévalence des TVS chez les personnes adultes en situation de handicap institutionnalisées.


Les critères d'évaluation secondaires concernaient les modalités du suivi et de prise en charge des TVS et étaient les suivants : la prévalence de résidents ayant bénéficié d'un avis médical spécialisé par un médecin urologue ou un médecin de médecine physique et de réadaptation (MPR) ou un gynécologue, ou un neurologue ; la prévalence de résidents ayant bénéficié d'une évaluation complémentaire (BU (bandelette urinaire), ECBU (examen cytobactériologique des urines), calendrier mictionnel, bladder-scan , BUD (bilan urodynamique), imagerie des voies urinaires, échelle de symptômes et/ou de qualité de vie) ; la prévalence de résidents ayant bénéficié d'une prise en charge rééducative (rééducation périnéale ou comportementale), et/ou médicamenteuse, et/ou chirurgicale, et/ou utilisant un dispositif médical ou un palliatif urinaire (étui pénien, urinal, bassin, sonde urinaire à demeure, auto- ou hétéro-sondage, protection urinaire) ; le retentissement des TVS chez ces personnes en termes de « gêne liée aux TVS » ; et l'importance de la charge de soins liée aux TVS.


Dès la réception de l'accord du comité de protection des personnes, la fiche de recueil de données (Annexe 1) a été adressée aux directeurs des EMS identifiés pour une diffusion aux soignants, aux résidents des établissements et à leur représentant légal. Le questionnaire a été fait à destination des personnes en situation de handicap (Annexe 1) ou des soignants ou des aidants directs (Annexe 1). Les personnes pouvaient répondre elles-mêmes et si ceci n'était pas possible, le soignant/aidant pouvait répondre pour et/ou avec le résident. Une fois remplis, les questionnaires anonymes nous ont été retournés en version papier par voie postale, pour traitement des données.


Les données ont été traitées de façon descriptive : fréquence ou proportion pour les variables qualitatives ; moyenne, écart-type, et étendue pour les variables quantitatives suivant une loi normale (test de Kolmogorov-Smirnov). Pour les analyses comparatives entre les différents sous-groupes, un test du Chi2, un test de Chi2 corrigé de Yates ou un test exact de Fischer pour les variables qualitatives nominales, et un test de Cochran-Armitage pour les variables qualitatives ordinales, ont été réalisés. Pour étudier l'effet des antécédents et du type de handicap sur la survenue des TVS, une régression logistique a été réalisée.


Résultats


Population et structures


Dans cette enquête, 20 établissements ont été sollicités (15 MAS et 5 FAM, hébergeant 737 personnes) ; 14 ont refusé de participer ; 6 établissements ont répondu favorablement à cette requête (5 MAS et 1 FAM, pour un total de 167 résidents) (Tableau 1). Les inclusions se sont déroulées du 16 mai au 16 juin 2018. Cent cinquante questionnaires ont été remplis sur les 167 résidents des 6 EMS participants (Figure 1.).


Figure 1
Figure 1. 

Diagramme de flux (flow chart).




La population d'étude comportait au final 150 personnes, 69 hommes, 81 femmes, 135 résidaient en MAS, et 15 en FAM. L'âge moyen des résidents était de 45,61ans (écart-type : 10,41 ans ; étendue : 24 à 69ans). L'indice de masse corporelle moyen était de 22,47kg/m2 (écart-type : 5,02kg/m2 ; étendue : 11,30 à 44,57kg/m2). Concernant le type de handicap, 101 personnes présentaient une déficience motrice, 101 une déficience cognitive, 36 une déficience sensorielle, 28 une déficience psychique, 133 une déficience mentale, et 95 un polyhandicap. Au sujet des capacités fonctionnelles : 84 résidents marchaient dont 65 sans aide technique, 52 se déplaçaient en fauteuil roulant (FR), 14 ne marchaient pas et ne se déplaçaient pas seul en FR, 65 faisaient leur transfert seul, 46 étaient autonomes pour la toilette et l'habillage, et 53 étaient capables de signaler le besoin d'uriner. Pour les antécédents, 109 personnes avaient des comorbidités neurologiques, 28 un trouble du spectre autistique ; 51 des comorbidités urologiques, et 4 des comorbidités gynécologiques.


Critère d'évaluation principal


Dans cette étude, la prévalence des TVS chez les personnes adultes en situation de handicap hébergées en EMS était de 88,67 % (133/150) (Tableau 2, Tableau 3). La prévalence de l'incontinence urinaire était de 87,33 % (131/150). La prévalence de l'incontinence fécale était de 70 % (105/150).


La prévalence des TVS était de 91,36 % (74/81) chez les femmes contre 85,51 % (59/69) chez les hommes, différence statistiquement non significative (p =0,260). La prévalence des TVS était de 93,33 % (14/15) en FAM contre 88,15 % (119/135) en MAS, différence statistiquement non significative (p =1). La prévalence des TVS était de 80 % (52/65) pour les marchants sans aide technique, 89,47 % (17/19) pour ceux marchant avec aide technique, et 98,08 % (51/52) pour ceux se déplaçant en FR-non-marchant, et 92,86 % (13/14) pour les non-marchants ne se déplaçant pas seul en FR ; il existait un lien statistique significatif entre TVS et capacité fonctionnelle à la marche, avec une différence statistiquement significative (p =0,004). La prévalence des TVS était de 69,81 % (37/53) pour ceux capables de signaler le besoin d'uriner contre 98,97 % (96/97) pour ceux dans l'incapacité de le signaler ; il existait un lien statistique entre TVS et capacité à signaler le besoin d'uriner, avec une différence statistiquement significative (p =0,0000003). La prévalence des TVS était de 76,92 % (50/60) pour ceux réalisant leurs transferts seuls, contre 97,65 % (83/85) pour ceux dans l'incapacité de les faire ; il existait un lien statistique entre TVS et capacité à la réalisation des transferts seul avec une différence statistiquement significative (p =0,0002). La prévalence des TVS était de 67,39 % (31/46) pour les personnes autonomes pour l'habillage-déshabillage contre 98,08 % (102/104) pour les personnes non autonomes ; il existait un lien statistique entre TVS et autonomie à l'habillage-déshabillage avec une différence statistiquement significative (p =0,0000002). La prévalence des TVS était de 77,27 % (17/22) pour les résidents ayant des apports hydriques >2L, 91,67 % (55/60) pour des apports hydriques de 1,5 à 2L, 87,5 % (49/56) pour des apports hydriques entre 1 et 1,5L, et 100 % (12/12) pour des apports hydriques<1L ; différence statistiquement non significative (p =0,170). Les TVS étaient significativement plus fréquents chez les personnes présentant une déficience physique par rapport à ceux qui n'en avaient pas (OR=10,70[1,53-75,09], p =0,017). L'existence d'une déficience mentale était également associée à une plus grande fréquence de TVS (OR=5,85[1,39-24,67], p =0,016), ainsi que le fait d'avoir une comorbidité urologique (OR=9,70[1,25-75,55], p =0,030).


Critères d'évaluation secondaires


La prévalence d'avis médical spécialisé était de 9,77 % (13/133). Dix personnes ont eu un avis urologique, 2 un avis gynécologique et 1 un avis MPR (Tableau 4). La prévalence d'évaluation complémentaire était de 24,81 % (33/133). Vingt-six personnes ont eu au moins une BU/un ECBU, 16 un calendrier mictionnel, 14 une imagerie des voies urinaires, 6 un BUD, 1 personne a bénéficié de l'utilisation de bladder-scan , et aucun résident n'a eu d'évaluation des TVS par l'utilisation d'échelle de symptômes et/ou de qualité de vie.


La prévalence de prise en charge rééducative était de 16,54 % (22/133) : 21 résidents ont eu une rééducation comportementale, et 1 une rééducation périnéale. La prévalence de prise en charge médicamenteuse était de 6,77 % (9/133) : 6 résidents avec alphabloquants et 3 avec anticholinergiques. La prévalence de prise en charge chirurgicale était de 2,26 % (3/133) : 1 résident a eu une dérivation urinaire continente, 1 une dérivation urinaire non continente, et 1 une sphinctérotomie. La prévalence d'utilisation de dispositif médical ou palliatif urinaire était de 82,71 % (110/133) : 105 résidents utilisaient des protections urinaires, 5 se servaient de l'urinal, 5 étaient en hétéro-sondage, et 3 utilisaient l'étui pénien.


Selon les réponses des soignants, en ce qui concerne la gêne occasionnée sur les 133 résidents avec des TVS, 3,76 % (5/133) étaient énormément gênés, 6,02 % (8/133) beaucoup gênés, 26,32 % (35/133) moyennement gênés, 23,31 % (31/133) peu gênés et 39,85 % (53/133) pas du tout gênés. La charge de soins liée aux TVS chez les 133 résidents concernés était jugée comme majeure pour 9,02 % (12/133), importante pour 43,61 % (58/133), moyenne pour 25,56 % (34/133), légère pour 17,29 % (23/133) et inexistante pour 3,76 % (5/133).


Discussion


Cette étude nous a permis de montrer que la prévalence des TVS chez la personne adulte en situation de handicap hébergée en EMS type MAS ou FAM, était très élevée (88,67 %) avec une prévalence majeure de l'incontinence urinaire (87,33 %) et de l'incontinence fécale (70 %). Parmi les facteurs associés aux TVS, nous avons trouvé un lien statistique significatif entre limitations d'activités (incapacités) et prévalence des TVS et les TVS étaient plus fréquents chez les personnes présentant une déficience motrice, une déficience mentale ou une comorbidité urologique, que chez ceux qui n'en avaient pas.


Concernant la prise en charge : moins de 10 % des résidents présentant des TVS avaient bénéficié d'un avis médical spécialisé ; environ un quart avait eu une évaluation complémentaire ; plus de 80 % utilisaient un dispositif médical ou un palliatif urinaire ; moins de 20 % avaient bénéficié d'une prise en charge rééducative ; moins de 10 % d'une prise en charge médicamenteuse ; et environ 2 % avaient eu une prise en charge chirurgicale.


Cette prévalence élevée des TVS en EMS pourrait être expliquée par plusieurs éléments. En premier, une probable « véritable » dysfonction du bas appareil urinaire au vu des antécédents de la population. En second, apparaît la problématique des personnes potentiellement classées incontinentes sans qu'il y ait réellement de TVS. De nombreux résidents de MAS ou FAM présentent une déficience mentale, impliquant fréquemment un trouble de l'acquisition de la propreté ou encore de l'énurésie. Par ailleurs, des résidents présentant une déficience cognitive et/ou psychique pourraient avoir un éventuel trouble mictionnel comportemental. Puis nous avons évoqué le problème lié à une inadaptation de l'environnement avec des personnes pouvant être classées comme incontinentes du fait de leur incapacité à se rendre aux toilettes ou de l'incapacité à alerter en cas de besoin d'uriner. Dans cette étude les comorbidités urologiques, la déficience physique, la déficience mentale et les limitations d'activités étaient les facteurs statiquement liés aux TVS. L'incapacité fonctionnelle à la marche, l'incapacité à faire les transferts seuls, l'absence d'autonomie à l'habillage-déshabillage, et l'incapacité à signaler le besoin d'uriner, étaient associées à une prévalence plus élevée des TVS. Dans la littérature des auteurs ont trouvé des résultats proches des nôtres sur ce point [7, 16]. Dans une étude effectuée chez des patients avec une paralysie cérébrale, Bross et al. [16] ont trouvé une corrélation entre TVS et capacité fonctionnelle à la marche. Gontard et al. [7] ont montré que la déficience motrice était un facteur favorisant pour les troubles de la continence, et que la sévérité de la déficience mentale était corrélée à un taux plus important de troubles de la continence.


En ce qui concerne la prise en charge des TVS dans cette population, cette étude nous a permis de montrer que peu de personnes ont bénéficié d'une exploration médicale, et une majorité de résidents utilisait des protections urinaires. Dans les recommandations émises pour le traitement palliatif de l'incontinence urinaire féminine, Conquy et Leriche [3] considéraient que les palliatifs absorbants « ne devraient trouver leur place que dans les cas où les autres thérapeutiques se sont révélées être en échec ». Dans notre étude, il serait facile de discuter de l'indication systématique des palliatifs absorbants, par exemple chez les résidents dans l'incapacité de signaler le besoin d'uriner en supposant qu'aucune prise en charge ne serait envisageable du fait de leurs déficiences. Mais cette approche aurait tendance à priver d'éventuels soins adaptés à des résidents qui pourraient en bénéficier. Dans cette enquête les protections urinaires ressortaient comme « le traitement » le plus utilisé alors que les autres thérapeutiques même palliatives restaient plutôt marginales. Nous avons été étonné par le peu d'utilisation d'étui pénien chez l'homme, qui, pourtant, est indiqué dans le traitement de l'incontinence urinaire masculine [6] (rapport_devaluation_des_dispositifs_de_drainage_et_de_recueil_des_urines_et_des_selles.pdf). Le peu d'utilisation de catalogue mictionnel nous a également étonné, puisqu'il est recommandé dans l'évaluation des TVS [17, 4]. La quasi-absence d'utilisation de bladder-scan chez ces résidents est également discutable, puisqu'il est indiqué pour dépister la rétention urinaire (rapport_contenu_vesical.pdf). Par contre, le taux bas de traitement médicamenteux et chirurgical serait probablement lié au faible suivi spécialisé. Comment pouvons-nous expliquer que peu de résidents ont eu un avis spécialisé ? Tout d'abord, en termes de gêne occasionnée par les TVS, chez près de 40 % des résidents présentant des TVS, les soignants répondaient que ces personnes n'étaient pas du tout gênées. Moins de 10 % des résidents étaient classés comme beaucoup ou énormément gênés. Cette tendance à considérer la gêne occasionnée par les TVS comme faible, pourrait expliquer en partie le peu d'exploration médicale dans cette population. Paradoxalement, les soignants ont considéré la charge de soins importante ou majeure pour plus de 50 % des résidents. D'autre part, sur le plan des complications organiques, excepté les 23 résidents avec des infections urinaires à répétition, peu de résidents présentaient des complications majeures potentiellement liées aux TVS. Ceci minimiserait probablement la gravité attribuable aux TVS chez ces personnes, et expliquerait également en partie le peu d'avis spécialisés. L'autre volet pouvant expliquer cette prise en charge, pourrait être la question de l'accessibilité aux soins des personnes atteintes de handicap (rapport-pjacob-0306-macarlotti.pdf). L'exploration des TVS peut parfois exiger des examens invasifs nécessitant une coopération des personnes. Or bon nombre de résidents en MAS et FAM ayant des déficiences multiples sont dans l'incapacité de coopérer pour le déroulement de tels examens. Se pose alors la question des moyens à mettre en place pour une prise en charge adaptée pour ces personnes.


Dans la littérature, peu d'études ont été réalisées dans une population comparable à celle de cette enquête. Dans une étude réalisée chez les jeunes adultes âgés de 18 à 25 ans avec un handicap physique modéré ou sévère et avec ou sans handicap mental associé, Bax et al. [8] ont trouvé une prévalence de l'incontinence urinaire à 56 % et une prévalence de 53 % pour l'incontinence fécale. La population cible de l'étude de Bax et al. [8] était sensiblement proche de celle de cette enquête en termes de déficiences, mais contrairement à notre étude, il s'agissait de personnes majoritairement non institutionnalisées, vivant chez leurs parents et suivies en centre de santé. Concernant l'accessibilité aux soins, les auteurs soulignaient que bon nombre de ces personnes avaient des problèmes de santé non traités [8], ce qui rentre dans la problématique de l'accessibilité aux soins des personnes en situation de handicap (rapport-pjacob-0306-macarlotti.pdf).


Chez les résidents d'EHPAD, la prévalence des TVS a été mieux documentée et elle variait de 40 % à 77 % selon les études [9, 10, 11, 12, 13]. Concernant la prise en charge des TVS dans les EHPAD, au-delà de la prise en charge médicamenteuse ou chirurgicale spécifique à la population gériatrique, des stratégies rééducatives et palliatives ont été étudiées [10, 13, 14, 15]. Lai et Wan [13] ont montré une efficacité de la mise en place de mictions programmées. Tanaka et al. [14] ont obtenu des résultats intéressants de la mise en place de mesures hygiénodiététiques avec une alimentation et des apports hydriques adaptés et une mise aux toilettes régulière. Van Houten et al. [15] ont montré que la mise en place d'un programme individualisé de réentraînement spécifique concernant la capacité à se rendre aux toilettes et l'autonomie à la propreté aux toilettes, réduisait la quantité quotidienne de perte d'urine. Ce genre de stratégies semble difficile à proposer aux résidents des EMS décrits dans ce travail au vu des déficiences cognitives et intellectuelles, peut-être pourrait-il cependant convenir à une partie d'entre eux. Nous avons constaté dans cette discussion que le problème des TVS a été étudié en EHPAD [9, 10, 11, 12, 13, 14, 15] mais pas chez le jeune adulte institutionnalisé. Cependant les stratégies étudiées chez la personne âgée institutionnalisée seraient pour certaines applicables chez l'adulte jeune en situation de handicap institutionnalisé. Les mictions programmées, la mise régulière aux toilettes (à heures fixes), le travail des capacités motrices pour se rendre aux toilettes et l'autonomisation aux toilettes pourraient faire partie des stratégies utilisables en EMS. Celles-ci mériteraient d'y être évaluées.


Des biais méthodologiques ont été une limite à l'interprétation de nos résultats.


En premier, un biais de sélection : la population de l'étude différait partiellement de la population cible initiale.


Puis, nous avions un biais d'information lié au caractère déclaratif des données, recueillies par hétéro-évaluation, et cela avec une fiche de recueil de données qui n'est pas basée sur des échelles ou questionnaires validés. Par exemple une hétéro-évaluation de la gêne liée aux TVS est subjective, avec la difficulté d'évaluer dans notre étude si cette gêne provoquée par ces TVS est significative pour le patient ou pour les soignants, qui eux donneraient une interprétation influencée par leur propre subjectivité non basée sur le réel vécu du patient.


Enfin, nous avons noté un biais de confusion potentiel puisque des personnes ont pu être déclarées comme ayant des TVS alors que l'incontinence pourrait être le fait de difficultés de communication ou de difficultés d'accès aux toilettes, sans qu'il y ait réellement de TVS.


La principale implication clinique de cette étude serait une réflexion à mener pour mettre en place une évaluation standardisée des TVS en EMS. Nous avons proposé un arbre décisionnel axé sur 3 niveaux (Figure 2.). En premier, une évaluation systématique des résidents par l'équipe soignante avec utilisation d'un calendrier mictionnel (l'obtention d'un calendrier mictionnel nécessiterait de s'appuyer sur les équipes soignantes (infirmières ou aide-soignantes) ou les aidants directs après sensibilisation et formation). Puis une évaluation par le médecin traitant pour les résidents détectés par les équipes soignantes comme présentant des TVS. Enfin une consultation médicale spécialisée pour les résidents avec un retentissement organique des TVS présentant un risque pour le haut appareil urinaire.


Figure 2
Figure 2. 

Arbre décisionnel pour la prise en charge des TVS en EMS.





Conclusion


Dans cette enquête transversale réalisée sur 150 résidents de 6 EMS, la prévalence des TVS chez la personne adulte en situation de handicap hébergée en EMS était de 88,67 %.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.



Annexe 1. Matériel complémentaire


(140 Ko)
  
(139 Ko)
  




Tableau 1 - Caractéristiques de la population (n =150).
Sexe      
Homme  69  46 % 
Femme  81  54 % 
Âge (ans)   45,61±10,41  (e) [24-69] 
IMC (kg/m 2 )   22,47±5,02  (e) [11,30-44,57] 
Répartition par structure      
MAS  135  90 % 
FAM  15  10 % 
Types de handicap (déficiences)      
Physique (moteur)  101  67,33 % 
Cognitif  101  67,33 % 
Sensoriel  36  24 % 
Psychique  28  18,67 % 
Mental  133  88,67 % 
Polyhandicap  95  63,33 % 
Capacité fonctionnelle      
Marchant sans ou avec aide technique  84  56 % 
Marchant sans aide technique  65  43,33 % 
Se déplaçant seul en FR-non marchant  52  34,67 % 
Ne se déplaçant pas seul en FR  14  9,33 % 
Faire ses transferts seuls  65  43,33 % 
Autonome pour habillage-déshabillage  46  30,67 % 
Capable de signaler le besoin d'uriner  53  35,33 % 
Comorbidités neurologiques   109  72,67 % 
AVC  4,00 % 
Paralysie cérébrale  43  28,67 % 
Lésion médullaire  0,67 % 
TC  2,00 % 
Syndrome parkinsonien  0,67 % 
Tumeur et malformation cérébrales  2,67 % 
Encéphalopathie génétique  16  10,67 % 
Encéphalopathie épileptique  72  48 % 
Encéphalopathie infectieuse  5,33 % 
Antécédents de neurochirurgie  3,33 % 
Trouble du spectre autistique   28  18,67 % 
Comorbidités urologiques   51  34,00 % 
HBP  0,67 % 
Reflux vésico-urétéral  0,67 % 
Dysurie (rétention d'urine)  3,33 % 
Malformation de l'appareil urinaire  0,67 % 
Lithiase rénale et des voies urinaires  1,33 % 
Infection urinaire à répétition  23  15,33 % 
Diagnostic de vessie neurologique  1,33 % 
Antécédents de chirurgie uro-digestive  15  10,00 % 
Insuffisance rénale  0,67 % 
Comorbidités gynécologiques   2,67 % 
Tumeur de la sphère gynécologique  0,67 % 
Antécédent de chirurgie gynécologique  2,00 % 



Légende :
IMC : indice de masse corporelle ; MAS : maison d'accueil spécialisée ; FAM : foyer d'accueil médicalisé ; FR : fauteuil roulant ; AVC : accident vasculaire cérébral ; TC : traumatisme crânien ; HBP : hypertrophie bénigne de la prostate.



Tableau 2 - Critère d'évaluation principal - Prévalence des TVS.
Prévalence des TVS (n = 150)   133  88,67 % 
Incontinence urinaire  131  87,33 % 
Occasionnelle  58  38,67 % 
Permanente  73  48,67 % 
Incontinence fécale  105  70 % 
Occasionnelle  35  23,33 % 
Permanente  69  46 % 
Prévalence des TVS selon le sexe      
Femme (81)  74  91,36 % 
Homme (69)  59  85,51 % 
Prévalence des TVS selon la structure      
MAS (135)  119  88,15 % 
FAM (15)  14  93,33 % 
Prévalence des TVS selon le type de déficience      
Handicap physique (101)  96  95,05 % 
Handicap cognitif (101)  89  88,12 % 
Handicap sensoriel (36)  32  88,89 % 
Handicap psychique (28)  25  89,29 % 
Handicap mental (133)  121  90,98 % 
Polyhandicap (95)  90  94,74 % 
Prévalence des TVS selon la capacité fonctionnelle      
Marchant avec ou sans aide technique (84)  69  82,14 % 
Marchant sans aide technique (65)  52  80 % 
Marchant avec aide technique (19)  17  89,47 % 
Se déplaçant en fauteuil roulant seul-non-marchant (52)  51  98,08 % 
Non-marchant ne se déplaçant pas seul en fauteuil roulant (14)  13  92,86 % 
Faire ses transferts seul (65)  50  76,92 % 
Incapacité de faire ses transferts seuls (85)  83  97,65 % 
Autonome pour habillage-déshabillage (46)  31  67,39 % 
Non-autonome pour habillage-déshabillage (104)  102  98,08 % 
Capable de signaler le besoin d'uriner (53)  37  69,81 % 
Incapacité de signaler le besoin d'uriner (97)  96  98,97 % 
Prévalence des TVS selon comorbidités      
Comorbidités neurologiques (109)  97  88,89 % 
Comorbidités urologiques (50)  49  98 % 
Comorbidités gynécologiques (4)  100,00 % 
Trouble du spectre autistique (28)  25  89,29 % 
Prévalence des TVS selon les apports hydriques      
Apports hydriques>2L (22)  17  77,27 % 
Apports hydriques entre 1,5 et 2L (60)  55  91,67 % 
Apports hydriques entre 1 et 1,5L (56)  49  87,50 % 
Apports hydriques<1L (12)  12  100 % 



Légende :
TVS : troubles vésicosphinctériens ; MAS : maison d'accueil spécialisée ; FAM : foyer d'accueil médicalisé.



Tableau 3 - Facteurs associés aux TVS - analyse statistique (n =150).
Tableau de contingence : Tests statiques au seuil α =5 %  TVS+  TVS− 
TVS selon le sexe : p = 0,260
Test du Chi 2  
   
Femme (81)  74 
Homme (69)  59  10 
TVS selon la structure : p = 1
Test exact de Fisher  
   
MAS (135)  119  16 
FAM (15)  14 
TVS selon la capacité fonctionnelle à la marche : p = 0,004*
Test de tendance de Cochran-Armitage (méthode Monte Carlo)  
   
Marchant sans aide technique (65)  52  13 
Marchant avec aide technique (19)  17 
Se déplaçant en FR seul-non-marchant (52)  51 
Non-marchant ne se déplaçant pas seul en FR (14)  13 
TVS selon la capacité à signaler le besoin d'uriner : p = 0,0000003*
Test du Chi 2 corrigé de Yates  
   
Capable de signaler le besoin d'uriner (53)  37  16 
Incapacité de signaler le besoin d'uriner (97)  96 
TVS selon la capacité à faire les transferts seuls : p = 0,0002*
Test du Chi 2 corrigé de Yates  
   
Faire ses transferts seuls (65)  50  15 
Incapacité de faire ses transferts seuls (85)  83 
TVS selon l'autonomie à l'habillage-déshabillage : p = 0,0000002*
Test du Chi 2 corrigé de Yates  
   
Autonome pour habillage-déshabillage (46)  31  15 
Non-autonome pour habillage-déshabillage (104)  102 
TVS selon les apports hydriques : p = 0,170
Test de tendance de Cochran-Armitage (méthode Monte Carlo)  
   
Apports hydriques>2L (22)  17 
Apports hydriques entre 1,5 et 2L (60)  55 
Apports hydriques entre 1 et 1,5L (56)  49 
Apports hydriques<1L (12)  12 
Analyse multivariée  OR [IC95 %]  p  
TVS selon le type de déficience
Régression logistique  
   
Handicap physique (101)  10,70 [1,53-75,09]  0,017* 
Handicap cognitif (101)  1,08 [0,31-3,73]  0,905 
Handicap sensoriel (36)  0,88 [0,23-3,36]  0,852 
Handicap psychique (28)  1,91 [0,41-8,89]  0,409 
Handicap mental (133)  5,85 [1,39-24,67]  0,016* 
Polyhandicap (95)  0,63 [0,09-4,57]  0,649 
TVS selon les comorbidités
Régression logistique  
   
Comorbidités neurologiques (109)  1,07 [0,34-3,37]  0,911 
Comorbidités urologiques (50)  9,70 [1,25-75,55]  0,030* 
Comorbidités gynécologiques (4)  64511,18 [0->1,0E12]  0,978 
Trouble du spectre autistique (28)  1,16 [0,30-4,53]  0,834 



Légende :
TVS : troubles vésico-sphinctériens ; MAS : maison d'accueil spécialisée ; FAM : foyer d'accueil médicalisé ; FR : fauteuil roulant ; OR : Odds ratio ; IC95 % : intervalle de confiance 95 % ; * : p <0,05.



Tableau 4 - Modalités de prise en charge et de suivi des TVS (n =133).
Suivi médical spécialisé pour les TVS   13  9,77 % 
Médecin MPR  0,75 % 
Urologue  10  7,52 % 
Gynécologue  1,50 % 
Neurologue  0 % 
Outils cliniques et examens paracliniques   33  24,81 % 
BU-ECBU  26  19,55 % 
Calendrier mictionnel  16  12,03 % 
Échelle de symptômes ou de qualité de vie  0 % 
Scanner vésical portable (bladder-scan 0,75 % 
BUD  4,51 % 
TDM  0,75 % 
IRM  0 % 
Échographie  13  9,77 % 
Imagerie des voies urinaires  14  10,53 % 
Rééducation et thérapie physique   22  16,54 % 
Rééducation périnéale  0,75 % 
Rééducation comportementale  21  15,79 % 
Neurostimulation tibiale postérieure  0 % 
Médicaments   6,77 % 
Anticholinergiques  2,26 % 
Alphabloquants  4,51 % 
Chirurgie   2,26 % 
Dérivation urinaire continente  0,75 % 
Dérivation urinaire non continente  0,75 % 
Sphinctérotomie  0,75 % 
Chirurgie de la prostate  0 % 
Dispositifs médicaux et traitement palliatifs   110  82,71 % 
Protection urinaire  105  78,95 % 
Étui pénien  2,26 % 
Urinal  3,76 % 
Bassin  0 % 
Sonde urinaire à demeure  0 % 
Auto-sondage intermittent  0 % 
Hétéro-sondage  3,76 % 
Retentissement des TVS : gêne liée aux TVS      
Résident « énormément gêné »  3,76 % 
Résident « beaucoup gêné »  6,02 % 
Résident « moyennement gêné »  35  26,32 % 
Résident « un peu gêné »  31  23,31 % 
Résident « pas du tout gêné »  53  39,85 % 
Charge de soins liée aux TVS      
« Majeure »  12  9,02 % 
« Importante » »  58  43,61 % 
« Moyenne »  34  25,56 % 
« Légère »  23  17,29 % 
« Inexistante »  3,76 % 



Légende :
TVS : troubles vésico-sphinctériens ; MPR : médecine physique et de réadaptation ; BU : bandelette urinaire ; ECBU : examen cytobactériologique des urines ; BUD : bilan urodynamique ; TDM : tomodensitométrie ; IRM : imagerie par résonance magnétique.


Références



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