Traitement chirurgical du prolapsus par promontofixation par laparotomie : Principes techniques et résultats

25 décembre 2009

Auteurs : L. Wagner, F. Macia, V. Delmas, F. Haab, P. Costa
Référence : Prog Urol, 2009, 13, 19, 988-993

La promontofixation est la technique de référence pour le traitement des prolapsus par voie abdominale. Il en existe des variantes selon la voie d’abord, le nombre des prothèses mises en place, l’étendue de la dissection, la fixation de la prothèse, l’association à d’autres gestes. La technique utilisée actuellement est celle décrite par Scali. Les bases de l’intervention reposent sur la dissection intervésico et rectovaginale qui expose les zones de faiblesse des fascias responsables du prolapsus. Elle doit être complétée par un renforcement avec des prothèses synthétiques étalées à toute la dissection.

Technique

Le plus souvent par voie de Pfannenstiel, le ligament vertébral antérieur est exposé au niveau du promontoire ; après incision péritonéale, dissection intervésicovaginale et rectovaginale ; fixation d’une prothèse sur le vagin en avant, sur les muscles élévateurs et les ligaments utérosacrés en arrière ; péritonisation soigneuse pour limiter les risques d’occlusion.

Résultats

Les résultats des études publiées sont anciens, souvent rétrospectifs. Globalement, le taux de récidive est de 10 % (entre 74 et 98 %) et la récidive survient dans 95 % des cas dans les deux ans. Les expositions de prothèses, les infections (spondylodiscites), les occlusions sont rares. Par comparaison avec la voie vaginale, les résultats sont meilleurs en termes de récidive, de dyspareunie. Mais la laparotomie a comme inconvénient une hospitalisation plus longue, des douleurs postopératoires, une cicatrice, un risque d’éventration, une moins bonne dissection de la partie basse du prolapsus. Elle a des contre-indications : l’insuffisance respiratoire, l’obésité morbide, l’abdomen multi-opéré, l’ascite, les anévrismes aorto-iliaques.

   
 
 

 

 

Introduction

Les premières descriptions des cures de prolapsus par voie abdominale datent de la fin du xixe siècle avec Kutner en 1890. Ce n'est qu'à partir des années 1957 qu'Ameline et Hugier décrivent une technique associant une prothèse assurant l'amarrage de l'utérus en avant à l'ogive pubienne et en arrière au ligament vertébral antérieur (promontofixation) associé à une douglassectomie [1

Cliquez ici pour aller à la section Références].

Les échecs au niveau de l'étage antérieur (récidives sous forme de cystocèle) ont amené l'école de Broca à la pose d'un hamac sous-vésical en matériel synthétique. Il s'agissait initialement de grands hamacs pelviens tendus depuis la symphyse pubienne jusqu'à la paroi postérieure du bassin soutenant vessie, utérus et rectum. Scali a progressivement modifié la technique en réalisant une promontofixation du col utérin et du vagin, en utilisant une ou deux prothèses synthétiques sous-vésicales et une prothèse prérectale [2

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Ce n'est qu'à partir de 1994 que la même technique a été développée par voie laparoscopique [3

Cliquez ici pour aller à la section Références].

Bien que le principe de base de la promontofixation soit représenté par la suspension de l'utérus sur le ligament vertébral antérieur du promontoire à l'aide de matériel prothétique, de nombreuses variantes techniques se sont développées. Aujourd'hui sont regroupées sous ce terme plusieurs variantes :

par la voie d'abord : laparotomie, cœlioscopie, voire avec l'assistance de la robotique ;
par la mise en place d'une seule prothèse sous-vésicale fixée au niveau de la paroi vaginale antérieure et de l'isthme utérin, s'il n'y a pas de prolapsus de l'étage postérieur ;
par la profondeur ou la largeur de la dissection. Notamment au niveau rectovaginale, celle-ci peut descendre jusqu'aux muscles élévateurs de l'anus, jusqu'aux ligaments utérosacrés, ou simplement jusqu'à avoir une surface libre pour poser la prothèse ;
par la fixation ou non de la prothèse dans les espaces de dissection : certaines équipes proposent de ne pas fixer la prothèse au vagin, d'autres mettent systématiquement des points d'amarrages (fils non résorbables essentiellement) ;
par l'association systématique ou non à d'autres gestes chirurgicaux : traitement d'une incontinence urinaire d'effort par bandelette sous-urétrale, voire par cervicocystopexie, réalisation d'une hystérectomie totale ou subtotale, d'une myorraphie des élévateurs de l'anus ou d'un cloisonnement de la poche recto-utérine (douglassectomie).

 

Bases de la promontofixation

La survenue d'un prolapsus est la conséquence de l'insuffisance des moyens de fixité et de soutien des viscères pelviens. Ces moyens utilisent des systèmes dynamiques (les muscles) et statiques (les ligaments et les fascias). Le rôle des muscles est tout à fait essentiel et la dénervation résultant du traumatisme obstétrical dans la genèse du prolapsus génital à été bien mise en évidence ces dernières années [4

Cliquez ici pour aller à la section Références, 5

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Si la rééducation périnéosphinctérienne a pour objectif de traiter la déficience de la musculature périnéale, ceux du traitement chirurgical se limitent à la reconstruction et au renforcement des ligaments et des fascias. La simple suspension de l'utérus ne peut traiter de façon satisfaisante les trois étages du prolapsus et il faudra venir renforcer les fascias inter-rectovaginal et intervésicovaginal pour éviter la hernie des viscères à travers les parois vaginales.

La question du renforcement des fascias amène deux réflexions. La première concerne la nature du renforcement. En ce domaine, comme dans celui des hernies pariétales, la supériorité des prothèses synthétiques non résorbables est aujourd'hui bien établie. Compte tenu de l'excellente tolérance des matériaux actuels, leur utilisation ne se discute plus. La seconde concerne l'étendue du renforcement prothétique. Pour être efficace, la prothèse devra venir doubler les parois vaginales antérieure et postérieure sur toute leur étendue au risque de voir réapparaître la hernie là où le fascia n'aura pas été renforcé. Pour ce qui est de la paroi postérieure, aucune limite anatomique ne s'oppose à ce renforcement qui peut théoriquement être réalisé depuis le torus utérin jusqu'au plan périnéal (centre tendineux du périnée). Il faut reconnaître toutefois que la dissection de la partie la plus basse de la paroi vaginale est souvent difficile, après épisiotomie en particulier, laissant le plus souvent persister une rectocèle basse résiduelle. De même, en ce qui concerne la paroi vaginale antérieure, l'interposition prothétique par voie haute en dessous du plan du trigone et en dehors du plan urétéral expose à des hyperactivités vésicales et à des lésions urétérales. Cette limite anatomique antérieure permet de comprendre pourquoi la promontofixation corrige mal la cystocèle dans sa composante inférieure et latérale.

 

Principaux temps techniques de la promontofixation par laparotomie

L'intervention implique un abord de la cavité péritonéale, qui est le plus souvent une incision transversale sus-pubienne selon Pfannenstiel. Après avoir écarté les anses iléales et le sigmoïde, le péritoine pariétal postérieur est incisé à droite du promontoire sous les vaisseaux iliaques communs afin de dégager le ligament vertébral antérieur. Après ouverture du cul-de-sac vésico-utérin, on pratique ensuite un décollement du plan vésico-utérin puis vésicovaginal afin de dégager la face antérieure du vagin. La face postérieure du vagin est exposée par une ouverture de la poche recto-utérine (douglassectomie). Une bandelette de matériel non résorbable est alors fixée à la paroi vaginale antérieure par des points non transfixiants ; elle est passée sous le ligament large. Si une bandelette postérieure est mise en place, celle-ci réalisera un cloisonnement rectovaginal avec des points de fixation sur les muscles élévateurs de l'anus en bas et sur les ligaments utérosacrés en haut. L'autre extrémité de chaque bandelette est fixée au ligament vertébral antérieur au niveau préalablement préparé à droite du promontoire. Une péritonisation sera ensuite réalisée de façon à recouvrir les bandelettes afin d'éviter le risque d'occlusion si l'intestin grêle entre en contact avec la bandelette [6

Cliquez ici pour aller à la section Références, 7

Cliquez ici pour aller à la section Références].

 

Résultats de la promontofixation par laparotomie : données de la littérature

En termes de statique pelvienne, l'évaluation des résultats reste un élément subjectif aussi bien de la part du chirurgien que de la patiente. Le critère qui apparaît le plus objectif reste l'appréciation anatomique du prolapsus ; mais il n'est pas évident que ce soit le meilleur, l'aspect fonctionnel étant probablement l'élément le plus important de cette chirurgie. Quelle que soit la qualité des publications, l'interprétation des résultats doit toujours rester prudente, compte tenu du nombre parfois important de patientes perdues de vue.

Les études publiées sur la chirurgie du prolapsus par promontofixation sont très nombreuses, les plus anciennes remontant aux années 1950 [1

Cliquez ici pour aller à la section Références, 2

Cliquez ici pour aller à la section Références]. La grande majorité d'entre elles sont rétrospectives, avec des effectifs et des périodes de suivi très variables.

Lors de la première publication de ses résultats en 1983, Lefranc rapporte les cas de 316 patientes opérées entre 1966 et 1980 [8

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Quelques années plus tard, il fait état d'une série de 92 patientes opérées pour récidive de prolapsus [9

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Plus récemment, il a publié une série de 85 patientes opérées entre 1978 et 1998 pour prolapsus après hystérectectomie [10

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Quel que soit le groupe de patientes (jamais opérées, après hystérectomie, prolapsus récidivé) et avec un recul moyen de plus de dix ans, le taux de récidive était inférieur à 10 % avec notamment un taux de récidive des cystocèles de 5,8 %. Les échecs répondent soit à des corrections d'emblée imparfaites, soit à l'apparition ou à l'aggravation d'une composante de prolapsus non traité, soit par dégradation progressive des structures du maintien pelvien (moins de 2 % des malades).

Aucune de ces patientes n'a présenté d'infection ou d'exposition de prothèse. En termes de complications, parmi plus de mille patientes opérées, il n'est survenu que deux infections graves (un abcès pelvien et une spondylodiscite) et cinq occlusions intestinales dont quatre fois sur des défauts de péritonisation. Les taux d'exposition de prothèse sont globalement inférieurs à 3 %.

Dans une revue quasi exhaustive de la littérature publiée en 2004 par Nygaard et al. [11

Cliquez ici pour aller à la section Références], 65 publications étaient identifiées avec des suivis allant de quelques mois à plus de dix ans et des taux de succès variant de 58 à 100 % en termes de correction anatomique et de 78 à 100 % en termes de correction symptomatique. Cependant, une récidive symptomatique n'a nécessité de seconde intervention que dans 4,4 % des cas. Dans la revue de Nygaard et al., pour l'ensemble des publications, soit 2178 patientes, 70 expositions de prothèses ont été rapportées, soit un taux global de 3,2 %. Les auteurs ont également évalué les taux d'exposition en fonction des prothèses utilisées. Les taux sont de 0,5 % (un sur 211) avec le Prolène, de 3,1 % avec le Mersilène (25 sur 811), de 3,4 % avec le Gore-Tex (12 sur 350) et de 5,5 % avec le Teflon (six sur 119). Ces résultats montrent bien que toutes les prothèses ne sont pas équivalentes et que leur nature influence de façon notable les taux d'exposition.

Deux études prospectives comparant les résultats des voies abdominale (promontofixation) et vaginale dans le traitement du prolapsus ont été publiées en 2004 [12

Cliquez ici pour aller à la section Références, 13

Cliquez ici pour aller à la section Références]. La technique utilisée par voie abdominale était une sacrocolpopexie par prothèse antérieure et postérieure, alors que par voie basse il s'agissait d'une intervention de Richter dans l'étude de Maher et al. [12

Cliquez ici pour aller à la section Références] et d'une fixation vaginale aux ligaments utérosacrés dans l'étude de Roovers et al. [13

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Que ce soit par voie haute ou par voie basse, des gestes complémentaires étaient réalisés de façon plus ou moins systématique.

L'étude de Maher et al. [12

Cliquez ici pour aller à la section Références] a concerné 95 patientes opérées pour prolapsus du fond vaginal après hystérectomie. Dans le groupe des patientes opérées par voie haute, il était réalisé en plus de la promontofixation, une réparation paravaginale « paravaginal repair » si nécessaire. Après un suivi moyen de 24mois, 76 % des patientes avaient un bon résultat dans le groupe abdominal contre 67 % dans le groupe vaginal. Le taux de récidive des cystocèles était de 9 % dans le groupe abdominal contre 19 % dans le groupe vaginal, le taux de récidive des colpocèles fundiques de 4 % dans le groupe abdominal contre 19 % dans le groupe vaginal. En revanche, il n'y avait que 19 % de rectocèle dans le groupe vaginal contre 32 % dans le groupe abdominal. À noter des taux de dyspareunie de novo de 10 % dans le groupe abdominal et de 18 % dans le groupe vaginal.

L'étude de Roovers et al. [13

Cliquez ici pour aller à la section Références] a été réalisée sur 82 patientes avec un suivi d'un an. Dans cette publication, le taux de récidive des cystocèles était de 39 % dans le groupe vaginal et de 36 % dans le groupe abdominal, le taux de récidive des prolapsus du fond vaginal ou de l'utérus de 5 % dans les deux groupes et le taux de récidive des rectocèles de 5 % dans le « groupe abdominal » et de 15 % dans le « groupe vaginal ». À noter dans cette étude l'absence de paravaginal repair dans le groupe abdominal expliquant peut-être que les résultats étaient moins bons sur l'étage antérieur et meilleur sur l'étage postérieur.

Le recul moyen des patientes opérées dans les deux études n'étant pas très important, elles ne peuvent pas répondre à la question de l'efficacité des traitements à long terme. Or c'est bien la question que nous nous posons notamment lorsque nous opérons des patientes jeunes.

Dans une revue récente de la littérature, Woodruff et al. [14

Cliquez ici pour aller à la section Références] montrent que le taux de récidive après promontofixation varie entre 0 et 13,3 %, pour des études qui ont un recul compris entre un et trois ans. Une importante série française publiée par Deval et al. [15

Cliquez ici pour aller à la section Références] retrouve un taux de récidive de 9 % avec un recul moyen à 18mois.

Certaines études présentent des résultats à plus long terme. En 2003, Hilger et al. [16

Cliquez ici pour aller à la section Références] font état des résultats d'une série de 38 patientes d'âge moyen 59ans opérés avec un recul moyen de 13,7ans. Ils rapportent dix échecs (26 %), définis par une réintervention (n =4) ou la réapparition des symptômes (n =6). Le taux de réussite dans la série, avec un recul de plus de 13ans, est de l'ordre de 74 %.

Dans une autre série, Culligan et al. présentent les résultats chez 245 patientes opérées de promontofixations avec un recul de plus de deux ans [17

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Les récidives étaient définies comme la survenue de prolapsus de degré 2 ou plus (POPQ). Celles-ci surviennent dans 95 % des cas dans les deux ans qui suivent la chirurgie.

D'autres grandes séries de la littérature confirment les taux de succès de la promontofixation par laparotomie compris entre 74 et 98 % [11

Cliquez ici pour aller à la section Références, 18

Cliquez ici pour aller à la section Références] et ont établi une supériorité de la chirurgie par voie haute représentée par la promontofixation par rapport à la voie vaginale en termes de récidive, de délai à la récidive et de moindre dyspareunie [11

Cliquez ici pour aller à la section Références, 19

Cliquez ici pour aller à la section Références, 20

Cliquez ici pour aller à la section Références].

Plusieurs revues de la littérature comparant les résultats des voies hautes et des voies basses ont été publiées au cours des dernières années [19

Cliquez ici pour aller à la section Références, 20

Cliquez ici pour aller à la section Références, 21

Cliquez ici pour aller à la section Références]. La plus récente, qui est une revue de la Cochrane Database [21

Cliquez ici pour aller à la section Références], prend en compte trois essais randomisés, comparant promontofixation par laparotomie et sacrospinofixation selon Richter. La différence était significativement à l'avantage de la voie haute en ce qui concerne les récidives et les dyspareunies ; en revanche, il n'y a pas eu de différence en ce qui concerne les réinterventions pour récidive. De même, il n'y a pas de différence significative pour les symptômes postopératoires.

Une autre étude randomisée a comparé la promontofixation par voie haute avec l'hystérectomie associée à une colporraphie. Le suivi était fait sur un an. Les symptômes urinaires (vessie hyperactive, symptômes obstructifs, douleurs) étaient plus fréquents dans le groupe promontofixation [22

Cliquez ici pour aller à la section Références].

Une étude IRM de la position du vagin en postopératoire a été faite [23

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Elle montre que la promontofixation restaure un angle vaginal physiologique, ce qui n'est pas le cas pour la sacrospinofixation.

Si la promontofixation par laparotomie a fait la preuve de son efficacité avec un recul satisfaisant, elle présente cependant l'inconvénient d'être une laparotomie avec tous ses désavantages : cicatrice, risque d'éventration, douleurs postopératoires, plus longue durée d'hospitalisation et de convalescence. Une analyse secondaire de l'étude Care [24

Cliquez ici pour aller à la section Références] a montré la présence d'iléus prolongé ou d'occlusion chez 5 % des patientes opérées. Un pour cent a dû être réopéré pour ces raisons. La chirurgie par voie vaginale est donc parfois préférée notamment par les chirurgiens gynécologues, particulièrement rodés à cette voie d'abord en raison d'une procédure qui semble plus rapide, moins coûteuse, comportant moins de complications, de douleurs postopératoire et une convalescence réduite [11

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Cependant, l'apparition puis le développement de la promontofixation par voie laparoscopique a permis de réduire les éléments négatifs de la voie abdominale.

La promontofixation par voie abdominale comporte tout de même des points de faiblesses. En effet, si cette chirurgie assure une bonne fixation utérine et du fond vaginal (apex), celle-ci semble beaucoup moins efficace sur la partie la plus distale du vagin. Les rectocèles et les cystocèles basses sont donc mal corrigées et peuvent s'aggraver dans le temps, responsables de récidives correspondant en fait à une composante du prolapsus non ou mal traitée. Sullivan et al. [25

Cliquez ici pour aller à la section Références], dans une série de 236 patientes opérées avec un recul moyen de cinq ans, retrouvent 28 % de récidives sur l'étage postérieur. Il faut toutefois noter que ces patientes avaient subi une cervicocystopexie et n'avaient pas eu de cloisonnement rectovaginal, techniquement difficile en chirurgie ouverte. Une myoraphie postérieure des muscles élévateurs de l'anus a donc été pratiquée de façon quasi systématique par de nombreux chirurgiens au prix d'une cicatrice souvent douloureuse au niveau de la fourchette vulvaire.

Concernant la correction de la cystocèle dans sa partie basse et surtout latérale, certains auteurs [8

Cliquez ici pour aller à la section Références] considérant la fréquence de ces défects évalués a environ 90 % des cas ont choisi de réaliser de façon quasi systématique une colposuspension de type « paravaginal repair ».

La chirurgie du prolapsus par voie haute comporte également un certain nombre de contre-indications, le plus souvent relative et dépendant de l'expérience du chirurgien et de la complexité de chaque cas. Les contre-indications les plus fréquentes sont représentées par les pathologies bronchopulmonaires avec insuffisance respiratoire obstructive, les obésités morbides, les abdomens ou pelvis multi-opérés, la présence d'une ascite, d'un anévrisme aorto-iliaque... [26

Cliquez ici pour aller à la section Références, 27

Cliquez ici pour aller à la section Références].

 

Conclusion

La promontofixation utérine ou vaginale (hystéro- ou vaginosacropexie) est une intervention réalisée par laparotomie depuis de très nombreuses années. La technique chirurgicale a démontré son efficacité dans le traitement du prolapsus, et ce, sur un grand nombre de patientes et avec un recul important. L'utilisation de prothèses non résorbables permet d'obtenir des résultats durables sans avoir un taux de complication important y compris en termes d'exposition et d'infection de prothèses. On peut donc considérer aujourd'hui la promontofixation comme la technique chirurgicale de référence à laquelle toutes les autres techniques de correction des prolapsus devraient se comparer.

 

Conflit d'intérêt

Aucun.

   

 

 
 
 

Références

 

Ameline A., Huguier J. La suspension postérieure au disque lombo-sacré : techniques de remplacement des ligaments utéro-sacrés par voie abdominale Gynecol Obstet (Paris) 1957 ;  56 (1) : 94-98
 
Scali P., Blondon J., Bethoux A., Gérard M. Operations of support-suspension by upper route in the treatment of vaginal prolapse J Gynecol Obstet Biol Reprod (Paris) 1974 ;  3 (3) : 365-378
 
Nezhat C.H., Nezhat F., Nezhat C. Laparoscopic sacral colpopexy for vaginal vault prolapse Obstet Gynecol 1994 ;  84 (5) : 885-888
 
Smith A.R., Hosker G.L., Warrell D.W. The role of partial denervation of the pelvic floor in the aetiology of genitourinary prolapse and stress incontinence of urine. A neurophysiological study Br J Obstet Gynaecol 1989 ;  96 (1) : 24-28 [cross-ref]
 
Snooks S.J., Setchell M., Swash M., Henry M.M. Injury to innervation of pelvic floor sphincter musculature in child birth Lancet 1984 ;  2 (8402) : 546-550 [cross-ref]
 
Lansac J., Body G., Magnin G. La pratique chirurgicale en gynécologie obstétrique  Paris: Masson (2004). 
 
Cundiff G.W., Harris R.L., Coates K., Low V.H., Bump R.C., Addison W.A. Abdominal sacral colpoperineopexy: a new approach for correction of posterior compartment defects and perineal descent associated with vaginal vault prolapse Am J Obstet Gynecol 1997 ;  177 (6) : 1345-1353 [cross-ref]
 
Lefranc J.P., Blondon J. Chirurgie des prolapsus génitaux par voie abdominale : expérience de la clinique chirurgicale et gynécologique de la Salpêtrière J Chir (Paris) 1983 ;  120 (8–9) : 431-436
 
Caubel P., Lefranc J.P., Foulques H., Puia M., Blondon J. Treatment of recurrent genital prolapse by the abdominal approach. Apropos of a series of 92 cases surgically treated with prosthetic material J Chir (Paris) 1989 ;  126 (8–9) : 466-470
 
Lefranc J.P., Atallah D., Camatte S., Blondon J. Longterm follow-up of posthysterectomy vaginal vault prolapse abdominal repair: a report of 85 cases J Am Coll Surg 2002 ;  195 (3) : 352-358 [cross-ref]
 
Nygaard I.E., McCreery R., Brubaker L., Connolly A., Cundiff G., Weber A.M., et al. Pelvic Floor Disorders Network. Abdominal sacrocolpopexy: a comprehensive review Obstet Gynecol 2004 ;  104 : 805-823
 
Maher C.F., Qatawneh A.M., Dwyer P.L., Carey M.P., Cornish A., Schluter P.J. Abdominal sacral colpopexy or vaginal sacrospinous colpopexy for vaginal vault prolapse: a prospective randomized study Am J Obstet Gynecol 2004 ;  190 (1) : 20-26 [cross-ref]
 
Roovers J.P., van der Vaart C.H., van der Bom J.G., van Leeuwen J.H., Scholten P.C., Heintz A.P. A randomised controlled trial comparing abdominal and vaginal prolapse surgery: effects on urogenital function BJOG 2004 ;  111 (1) : 50-56 [cross-ref]
 
Woodruff A.J., Roth C.C., Winters J.C. Abdominal sacral colpopexy: surgical pearls and outcomes Curr Urol Rep 2007 ;  8 (5) : 399-404 [cross-ref]
 
Deval B., Fauconnier A., Repiquet D., Liou Y., Montuclard B., Fritel X., et al. Surgical treatment of genitourinary prolapse by the abdominal approach. About a series of 232 cases Ann Chir 1997 ;  51 (3) : 256-265
 
Hilger W.S., Poulson M., Norton P.A. Long-term results of abdominal sacrocolpopexy Am J Obstet Gynecol 2003 ;  189 (6) : 1606-1610 [cross-ref]
 
Culligan P.J., Murphy M., Blackwell L., Hammons G., Graham C., Heit M.H. Long-term success of abdominal sacral colpopexy using synthetic mesh Am J Obstet Gynecol 2002 ;  187 (6) : 1473-1480 [cross-ref]
 
Occelli B., Narducci F., Cosson M., Ego A., Decocq J., Querleu D., et al. Abdominal colposacroplexy for the treatment of vaginal vault prolapse with or without urinary stress incontinence Ann Chir 1999 ;  53 : 367-377[in French].
 
Beer M., Kuhn A. Surgical techniques for vault prolapse: a review of the literature Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol 2005 ;  119 (2) : 144-155 [cross-ref]
 
Natale F., Weir J.M., Cervigni M. Pelvic floor reconstructive surgery: which aspects remain controversial? Curr Opin Urol 2006 ;  16 (6) : 407-412
 
Maher C., Baessler K., Glazener C.M., Adams E.J., Hagen S. Surgical management of pelvic organ prolapse in women Cochrane Database Syst Rev 2007 ; CD004014
 
Roovers J.P., van der Bom J.G., van der Vaart C.H., van Leeuwen J.H., Scholten P.C., Heintz A.P. A randomized comparison of postoperative pain, quality of life, and physical performance during the first 6 weeks after abdominal or vaginal surgical correction of descensus uteri Neurourol Urodyn 2005 ;  24 (4) : 334-340 [cross-ref]
 
Sze E.H., Meranus J., Kohli N., Miklos J.R., Karram M.M. Vaginal configuration on MRI after abdominal sacrocolpopexy and sacrospinous ligament suspension Int Urogynecol J Pelvic Floor Dysfunct 2001 ;  12 (6) : 375-379[discussion 9–80].  [cross-ref]
 
Whitehead W.E., Bradley C.S., Brown M.B., Brubaker L., Gutman R.E., Varner R.E., et al. Gastrointestinal complications following abdominal sacrocolpopexy for advanced pelvic organ prolapse Am J Obstet Gynecol 2007 ;  197 (1) : [78 e1-7].
 
Sullivan E.S., Longaker C.J., Lee P.Y. Total pelvic mesh repair: a ten-year experience Dis Colon Rectum 2001 ;  44 : 857-863 [cross-ref]
 
Eichel L., McDougall E.M., Clayman R.V. Basics of urologic surgery Campbell-Walsh Urology Philadelphia, PA: Saunders Elsevier (2007).  171
 
Descargues G., Collard P., Grise P. Surgical management of pelvic organ prolapse in women: laparoscopic or vaginal sacrocolpopexy? Gynecol Obstet Fertil 2008 ;  36 : 978-983 [inter-ref]
 
   
 
 
   

 

© 2009  Publié par Elsevier Masson SAS.