Thérapies ablatives itératives dans le cancer du rein héréditaire ou multifocal : résultats fonctionnels et oncologiques

05 novembre 2020

Auteurs : V. Gaillard, T. Tricard, J. Garnon, R. Cazzato, A. Gangi, H. Lang
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 788
Objectifs

Les thérapies ablatives (TA) constituent une alternative à la chirurgie pour la prise en charge des tumeurs rénales à haut risque de traitements itératifs (prédisposition génétique, tumeurs multifocales), pour lesquelles l’équilibre entre préservation néphronique et résultat carcinologique représente un enjeu majeur. L’objectif était de décrire la stratégie de prise en charge de tumeurs héréditaires ou multifocales par TA.

Méthodes

Les dossiers médicaux de 301 patients traités par une ou plusieurs TA entre 2007 et 2017 ont été systématiquement analysés. Dix patients présentant un cancer rénal héréditaire ou multifocal ont été retenus, six patients avaient un syndrome de Von Hippel–Lindau confirmé, 1 patient avait un syndrome de Bird–Hogg–Dubbé, un patient avait une translocation du chromosome 3 et 2 patients avaient une prédisposition présumée. Les patients étaient traités par cryothérapie ou par radiofréquence, et le suivi était clinique, biologique (débit de filtration glomérulaire [DFG] selon CKD-EPI) et par IRM. Les récidives étaient distinguées entre traitement incomplet et tumeur de novo.

Résultats

L’âge moyen au diagnostic de cancer était de 39,5 ans (±8,9). Cinquante-sept tumeurs, dont 41 apparues de novo au cours du suivi, ont été traitée au cours de 32 séances de TA, et leur taille moyenne était de 13,5mm (±9). Un patient a bénéficié d’une néphrectomie partielle pour une lésion de 55mm proche du tube digestif. Le traitement était incomplet dans 2 cas, mais avec un résultat satisfaisant après une deuxième séance de TA. Le délai moyen d’apparition d’une tumeur de novo après la première TA était de 18 mois [6 ; 24]. Un seul patient avait une progression métastatique. La survie globale et spécifique était de 90 % et 100 % respectivement, avec un suivi moyen de 7,5 ans (±4,9). La diminution moyenne du DFG était de 5,5mL/min/1,73 m224).

Conclusion

Historiquement les récidives de tumeur du rein héréditaire n’étaient prises en charge chirurgicalement qu’à partir de 3cm. Avec l’avènement des TA et le mini-invasif, les récidives de tumeurs rénales dans cette population sont traitées beaucoup plus précocement. Dans notre cohorte, la TA semble permettre de répondre aux impératifs oncologiques et de préservation néphronique, moyennant un important taux de retraitement.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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