Sphincter urinaire artificiel en chirurgie ambulatoire : faisabilité et facteurs de risque d’échec

05 novembre 2020

Auteurs : J. Nasri, X. Biardeau, F. Marcelli, A. Villers, J. Olivier
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 780-781
Objectifs

Évaluer la faisabilité et les facteurs de risque d’échec de l’implantation d’un sphincter urinaire artificiel (SUA) en ambulatoire chez les hommes non neurologiques.

Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique. Tous les hommes non neurologiques programmés en chirurgie ambulatoire pour implantation ou révision d’un sphincter urinaire artificiel entre 2016 et 2020 étaient éligibles. Le succès de la chirurgie ambulatoire était défini par une sortie d’hospitalisation le jour de l’intervention associée à l’absence de consultation ou d’hospitalisation non programmée dans les 72h suivant l’intervention. Les complications postopératoires précoces à 3jours étaient rapportées et classées selon la classification de Clavien et Dindo. En parallèle, les facteurs de risque d’échec de la chirurgie ambulatoire étaient recherchés en analyse univariée puis multivariée.

Résultats

Au total, 81 hommes, avec un âge médian de 71 ans (69–75), étaient inclus. L’incontinence urinaire s’inscrivait dans un contexte de prostatectomie et/ou de radiothérapie prostatique chez respectivement 73 (90,1 %) et 32 hommes (39,5 %). Pour 61 hommes (75,3 %), il s’agissait d’une primo-implantation. La manchette était positionnée en bulbaire péri-urétrale chez 77 hommes (95,1 %) et en transcaverneux chez 4 hommes (4,9 %). L’hospitalisation en ambulatoire était menée avec succès chez 58 hommes (71,6 %). Ce taux augmentait à 93,8 % si seules les ré-hospitalisations étaient prises en compte. Vingt-trois hommes (23,8 %) présentaient une complication postopératoire précoce, dont une seule complication majeure. En analyse multivariée, la prise d’anticoagulant (OR=22,97 IC95 % [4,44–152,04]) et le statut socioprofessionnel défavorisé (OR=22,1 IC95 % [3,7–131,95]) étaient statistiquement associés à l’échec de la chirurgie ambulatoire (Tableau 1, Tableau 2).

Conclusion

L’implantation ou la révision d’un sphincter urinaire artificiel chez l’homme non neurologique est réalisable en chirurgie ambulatoire. Elle devrait cependant être évitée chez les patients prenant un traitement anticoagulant et être associée à des mesures d’accompagnement spécifiques chez les patients ayant un bas statut socioprofessionnel.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 -







Tableau 2 -









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Publié par Elsevier Masson SAS.