Rôle du CaSR dans la différenciation neuro-endocrine des cellules tumorales prostatiques

25 novembre 2019

Auteurs : J. Anract, P. Bories, V. Goffin, L. Denjean, M. Sibony, M. Peyromaure, N. Barry delongchamps, T. Capiod
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 662
Objectifs

Le pronostic du cancer de prostate varie en fonction des caractéristiques tumorales. La présence d’un contingent neuro-endocrine est associée à un pronostic péjoratif. Nous avons montré que le calcium peut accélérer la progression tumorale et que ses effets passent par un récepteur au calcium (CaSR), associé à un mauvais pronostic. Notre objectif a alors été de montrer l’implication du CaSR dans la différenciation neuro-endocrine.

Méthodes

Nous avons analysé rétrospectivement les liquides de rinçage du pistolet à biopsies, des patients ayant bénéficié de biopsies prostatiques ciblées dans notre centre entre janvier 2013 et novembre 2016. Des qPCR ont été réalisées pour rechercher l’expression du CaSR et de la synaptophysine, un des marqueurs les mieux établis pour les cellules neuro-endocrines. Une analyse de régression logistique multivariée a été réalisée pour rechercher les facteurs associés à l’expression de CaSR et synaptophysine. En parallèle nous avons analysé par qPCR l’expression de CaSR et synaptophysine sur la lignée cellulaire tumorale prostatique humaine (LNCaP) chez lesquelles nous avons induit la différenciation neuro-endocrine.

Résultats

Nous avons analysé les liquides de rinçage de 214 patients et 164 qPCR ont pu être réalisées sur ce matériel. Sur les 164 liquides de rinçages, 100 (61,3 %) correspondaient à une biopsie positive. Le CaSR était exprimé chez 52 (32 %) patients. La synaptophysine était exprimée chez 116 (71 %) patients. Quatre-vingt-trois pour cent des patients qui exprimaient le CaSR exprimaient la synaptophysine. Chez les patients exprimant CaSR et synaptophysine, la prévalence du cancer était de 70 %. Chez les patients n’exprimant aucun des deux marqueurs, la prévalence du cancer était de 44,7 % (p =0,0232). En analyse multivariée, l’expression de CaSR et synaptophysine n’étaient pas associées à la présence de cancer, ni aux caractéristiques tumorales. La différenciation neuro-endocrine des LNCaP a montré l’apparition et la co-localisation du CaSR et de la synaptophysine au niveau cellulaire.

Conclusion

Le CaSR a été associé à une surmortalité dans un travail récent, mais n’est pas associé aux caractéristiques tumorales au moment du diagnostic. Le CaSR pourrait donc jouer un rôle tardif dans l’évolution du cancer en favorisant l’apparition d’un contingent neuro-endocrine. Le suivi de notre cohorte pourrait permettre de valider cette hypothèse.




 




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