Problématique de la prise en charge des anomalies de la différenciation sexuelle dans le service d'urologie : CHU Point G

25 janvier 2013

Auteurs : M.L. Diakité, J.G. Berthé H, A. Timbely, M. Diallo, M. Maiga, A. Diakité, M. Diallo, K. Ouattara, A. Faure
Référence : Prog Urol, 2013, 1, 23, 66-72




 




Introduction


Les troubles de la différenciation sexuelle sont des états intersexués rares, se caractérisant par un mélange en proportions variables de caractères sexuels masculins et féminins. Selon la nouvelle nomenclature [1] on ne parle plus d’ambiguïté sexuelle mais d’anomalies de la différenciation sexuelle (ADS). Cette classification est basée sur le caryotype. Les anomalies de la différenciation sexuelle (disorders of sex development DSD) résultent d’une masculinisation insuffisante d’un embryon génétiquement masculin (46 XY, DSD) ou d’une virilisation excessive d’un embryon féminin (46 XX, DSD dont la principale cause est une hyperplasie congénitale des surrénales). Elles sont à l’origine d’une discordance entre le sexe proprement dit (« phénotypique ») et le sexe génétique (« génotypique »).


En période néonatale, la découverte d’une anomalie des organes génitaux externes impose l’assignation d’un genre (« identité sociale ») par l’équipe médico-chirurgicale et les parents sans possibilité de consulter le nouveau-né ou l’enfant. Toute la problématique réside dans le fait de l’annonce d’une telle pathologie à la naissance aux parents ainsi que sa prise en charge familiale à l’âge adulte. L’identité sociale de l’individu peut s’avérer différente de son identité sexuelle et comportementale (« orientation sexuelle »). Le médecin est confronté à une situation complexe soulevant des problèmes sociaux voire médico-légaux face à des adolescents en plein développement pubertaire. Dans les pays à faible niveau socio-économique où le diagnostic anténatal est inexistant et les plateaux techniques insuffisants, une prise en charge médico-chirurgicale complète et adaptée est difficile.


L’objectif de cette étude a été d’évaluer la fréquence, les aspects anatomocliniques, paracliniques et thérapeutiques des états intersexués dans le service d’urologie du CHU du Point G.


Patients et méthode


Entre janvier 2005 et novembre 2006, cinq patients ayant une anomalie de la différenciation sexuelle (ADS) ont été suivis prospectivement dans le service d’urologie du Point G. Le bilan initial comprenait un interrogatoire centré sur les antécédents personnels médicaux et chirurgicaux, familiaux (consanguinité, notion familiale d’ambiguïté sexuelle), les plaintes fonctionnelles (aménorrhée, douleurs pelviennes ou abdominales, dysurie, brûlures mictionnelles) et l’état psychologique du patient (troubles du comportement). Un examen clinique attentif des organes génitaux externes et général complétait le bilan. Le bilan paraclinique de première intention comprenait un dosage des hormones plasmatiques (LH, FSH, β-HCG, testostérone, prolactine, œstradiol), une échographie abdomino-pelvienne et une urographie intraveineuse. En seconde intention, en fonction de l’examen clinique, une radiographie du poignet et du bassin (âge osseux), un bilan thyroïdien et un examen cytobactériologique des urines étaient réalisés. Le caryotype et les dosages hormonaux complémentaires (17-OH progestérone, 17-OH prégnénolone, prégnénolone, ACTH, dihydroépiandrosterone) recommandés dans le bilan des ADS n’ont pu être réalisés pour des raisons de disponibilité.


Observation no1


Un patient âgé de 28ans, déclaré de sexe masculin à la naissance, avait consulté pour une anomalie des organes génitaux externes associée à des douleurs pelviennes à type de pesanteur accompagnées de mastodynies bilatérales.


Le morphotype et la voix étaient masculins, la pilosité pubienne était triangulaire sans barbe ni moustache. Au niveau des organes génitaux externes (OGE), il y avait des grandes lèvres, un micropénis et une cryptorchidie droite. Au toucher rectal, il n’y avait pas de prostate.


L’échographie abdomino-pelvienne mettait en évidence deux ovaires kystiques et un utérus hypoplasique. Le haut appareil urinaire était normal sur l’urographie intraveineuse.


Les dosages hormonaux n’ont pas été réalisés. L’ensemble du tableau clinique évoquait un pseudohermaphrodisme féminin.


Après concertation entre la famille et l’équipe médicale, une chirurgie de masculinisation (hystérectomie totale et mastectomie bilatérale) a été proposée sans être réalisée (patient perdu de vue).


Observation no2


Un patient âgé de 31ans, déclaré de sexe masculin à sa naissance, avait consulté pour anomalie des OGE associée à une hernie inguino-scrotale droite et une hydrocèle.


Il existait une gynécomastie parfois douloureuse évoluant depuis cinq ans (Figure 1). Le patient rapportait des manifestations hémorragiques d’allure menstruelles.


Figure 1
Figure 1. 

Patient no2 : gynécomastie initiale.




Le morphotype était masculin pour l’implantation des cheveux, du visage et de la pilosité pubienne. La voix initialement grave était devenue plus aiguë avec les années. La peau était fine et le tissu graisseux réparti de façon féminine. Le comportement psychique était masculin. Sur le plan sexuel, des érections avec des éjaculations de faible volume étaient possibles.


Il existait un pseudo-scrotum droit vide, des grandes lèvres et un néo-vagin et un pénis hypospade (mesurant 0,5cm). Le toucher rectal ne retrouvait pas de prostate. À l’échographie abdomino-pelvienne, il y avait deux ovaires et un utérus. L’urographie intraveineuse était normale. Les dosages hormonaux n’ont pas été réalisés.


Compte tenu du tableau évocateur d’hermaphrodisme vrai, une chirurgie de masculinisation a été réalisée associant mastectomie bilatérale, hystérectomie totale, orchidectomie unilatérale, ovariectomie unilatérale et plastie pénienne. L’analyse histologique confirmait la présence d’un tissu ovarien comportant des ovocytes et d’un tissu testiculaire avec des tubes séminifères en spermatogenèse.


Le résultat chirurgical était très satisfaisant pour le patient.


Observation no3


Un patient âgé de 16ans, déclaré de sexe masculin à la naissance, avait consulté pour douleurs pelviennes et dysurie. Il avait une ADS ignorée par les parents.


À la puberté, des épisodes de douleurs pelviennes accompagnées de brûlures mictionnelles et dysurie et une diminution de la taille du pénis étaient apparues. Le morphotype (présence de seins), la pilosité (absence de barbe) et la voix étaient féminins. Il existait un clitoris hypertrophié, un micropénis hypospade et des grandes lèvres. On palpait dans la bourse un testicule. Au toucher rectal, il n’y avait pas de prostate.


À l’échographie abdomino-pelvienne, il existait un utérus fonctionnel, un ovaire droit unique et des trompes. Les dosages hormonaux n’ont pas été réalisés.


Compte tenu du tableau de pseudo-hermaphrodisme féminin, une chirurgie de masculinisation a été réalisée avec plastie pénienne.


Le patient a été perdu de vue.


Observation no4


Un patient de six ans, déclaré de sexe masculin à la naissance, avait consulté pour des douleurs hypogastriques à type de pesanteur, accompagnées d’une faiblesse du jet urinaire.


Il existait une anomalie des OGE avec un morphotype masculin sans caractères sexuels secondaires : grandes lèvres avec néo-vagin, hypospadias postérieur, absence de bourses et de pilosité. Au toucher rectal, il n’y avait pas de prostate.


L’échographie abdomino-pelvienne objectivait une image liquidienne rétro-vésicale en faveur d’un diverticule ou d’une valve de l’urètre postérieure sans gonade.


La radiographie du bassin était normale.


Les dosages biologiques mettaient en évidence un hypogonadisme hypogonadotrope isolé (FSH et LH effondrées).


Compte tenu du tableau d’agénésie gonadique, une chirurgie de masculinisation a été réalisée associant plastie pénienne et urétrostomie périnéale (Figure 2).


Figure 2
Figure 2. 

Vue opératoire de la génitoplastie masculinisante : réalisation d’une urétroplastie.




L’évolution était satisfaisante à trois mois.


Observation no 5


Un patient de 18ans, déclaré de sexe masculin à la naissance, avait consulté pour hypogonadisme avec hypospadias scrotal et développement de caractères sexuels secondaires féminins (Figures 3 et 4).


Figures 3 et 4
Figures 3 et 4. 

Patient no 5 : morphotype féminin avec micropénis hypospade.




Le morphotype, la pilosité et la voix étaient féminins (seins développés et absence de barbe et de moustache). Le testicule gauche était cryptorchide. Il avait un micropénis hypospade. Les grandes et les petites lèvres avaient été suturées lors d’une cure de hernie inguinale gauche. Au toucher rectal il n’y avait pas de prostate.


L’échographie abdomino-pelvienne confirmait la présence d’un testicule droit dans la bourse, sans visualisation de testicule gauche ni d’ovaire gauche. En revanche, il y avait une dystrophie macrofolliculaire ovarienne droite.


Les dosages hormonaux mettaient en évidence une testostéronémie effondrée et une hyperprolactinémie.


Le caryotype confirmait une ADS (46, XX, DSD) évocatrice de pseudohermaphrodisme féminin.


Le patient souhaitait un traitement chirurgical qui n’a pu être réalisé compte tenu du refus du père de l’enfant.


Résultats


Dans cet échantillon de cinq patients, l’âge moyen était de 19,5±11,8ans (6–31). Tous les patients ont été déclarés de sexe masculin à la naissance et élevés comme des garçons. Un seul patient sur cinq était scolarisé.


Les anomalies des OGE étaient le motif principal de consultation (60 %). Les autres motifs de consultation étaient la mastodynie (20 %) et les douleurs pelviennes (20 %).


Une hypertension artérielle gravidique chez la mère d’un patient a été notée. L’examen des caractères sexuels secondaires est résumé dans le Tableau 1.


L’examen des OGE mettait en évidence une hypertrophie clitoridienne chez 60 % des patients, un hypospadias scrotal dans 20 % et un pénis clitoriforme dans 20 %.


Soixante pour cent des patients avaient au moins un testicule en place dans deux cas et cryptorchide dans un cas. Pour 40 % des patients, le scrotum était remplacé par des grandes lèvres.


Un utérus fonctionnel était retrouvé pour 40 % des patients, hypofonctionnel pour 40 % des patients et absent dans 20 % des cas. Des ovaires normaux ont été retrouvés dans 20 % des cas, sous forme rudimentaire dans 20 %.


Le caryotype n’a pu être réalisé que chez un seul patient.


Le diagnostic de pseudo-hermaphrodisme a été retenu dans 60 % des cas, d’hermaphrodisme vrai dans 20 % et d’hypogonadisme dans 20 %.


Un traitement chirurgical a été proposé dans 100 % des cas avec réalisation pour 60 % des patients majoritairement sous anesthésie générale (trois patients) ou sous anesthésie locorégionale (un patient). Aucune cœlioscopie exploratrice n’a été effectuée. Les pièces opératoires après chirurgie ont été envoyées pour analyse anatomopathologique à la recherche d’anomalie gonadique.


Le type d’interventions chirurgicales réalisées a été résumé dans le Tableau 2.


Une hystérectomie totale a été réalisée dans 50 % des cas et une mastectomie bilatérale dans 50 % des cas.


Une plastie pénienne a été réalisée chez les deux patients présentant une dysurie.


Discussion


Les ADS sont des pathologies rares avec une prévalence de 0,1 à 2 % selon certains auteurs [2]. Dans notre centre, la prévalence était de 2,30 ‰ (cinq patients sur 2135 hospitalisés dans le service d’urologie du CHU du Point G). Cette prévalence a été sous-estimée comme partout ailleurs en Afrique. Au Mali, une étude précédente avait colligé 12 patients sur une période de sept ans [3], au Sénégal sur une période de dix ans, on avait répertorié 24 ADS [4], de même au Congo sur cinq ans, quatre cas ont été rapportés [5].


Ces chiffres ne reflétaient pas la réalité. Ces patients ont été confrontés à un problème d’orientation (quel service consulter) qui rend difficile l’obtention d’un taux d’incidence sur le plan national. Dans le contexte socioculturel de nos pays, les patients atteints d’ADS ont souffert de nombreux tabous et mythes qui rythment leur vécu [4]. Ces tabous et mythes diffèrent d’un pays à un autre, mais aussi d’une culture à une autre.


Dans la société malienne, la naissance d’un enfant avec une pathologie congénitale a été vécue comme une malédiction pour la famille et sa mère était considérée comme la première responsable. Les ADS ont été rarement diagnostiquées à la naissance car les accouchements ont souvent été assurés par les accoucheuses traditionnelles qui ne savaient pas poser un diagnostic d’ADS.


La prise en charge familiale de ces enfants et surtout l’impératif de le baptiser (nom masculin ou féminin), de l’habiller et de l’éduquer selon son sexe d’appartenance (socialisation ou domestication de l’être genre) renvoient à des tensions sociales, psychologiques et spirituelles. Ces difficultés poursuivent le sujet et sa famille à l’âge adulte et le poussent souvent à s’exiler en dehors du village.


Le diagnostic est très souvent posé à l’adolescence, devant les troubles de la puberté, les troubles des règles, ou lors de certains rites (circoncision, excision) après attribution d’un sexe préférentiellement masculin compte-tenu de la conception sociale des Africains. Tout changement de sexe ou d’état civil à l’adolescence peut avoir une répercussion psychologique importante pour le patient et sa famille.


Certains auteurs ont évoqué le retard staturo-pondéral comme motif de consultation le plus fréquent [6]. Dans notre étude, le motif principal de consultation a été une anomalie des OGE (60 % des patients).


Des troubles du développement pilositaire (axillaire et pubienne) ont été objectivés pour 40 % des patients et du développement mammaire pour 60 % des patients. Selon Hanoune et al. [7], ces troubles étaient en rapport avec une anomalie de la production des androgènes.


La plupart des examens paracliniques nécessaires au bilan des ADS (caryotype, bilans hormonaux) n’ont pu être réalisés faute de plateau technique adapté ou en raison de problèmes financiers (faible niveau socio-économique de la population). L’échographie abdomino-pelvienne réalisée de manière systématique n’a pas semblé être un examen de sensibilité suffisante pour la recherche de gonades intra-abdominales mais à permis d’identifier les organes génitaux internes féminins et autres malformations internes associées.


Une cœlioscopie exploratrice, à la recherche des gonades intra-abdominales n’a pas été réalisée chez nos patients. L’urographie intraveineuse réalisée dans 60 % des cas était normale. Aucune génitographie n’a été pratiquée.


Dans notre série, 60 % de pseudo-hermaphrodisme féminin (dont un confirmé par le caryotype) ont été objectivés. Cette incidence a été en accord avec Hutcheson et al. qui retrouvaient une fréquence élevée des pseudo-hermaphrodisme féminins (60 % des ADS) [6].


L’analyse psychologique de nos patients a mis en évidence, dans plusieurs cas une nuance féminine de la personnalité, se manifestant par une passivité, un manque d’énergie dans le caractère, avec une certaine timidité (observations 2 et 3).


Au Mali, contrairement à certains pays, il n’existe pas de politique cohérente de prise en charge des ADS, cela pour diverses raisons déjà citées notamment : l’ignorance des parents ou des agents socio-sanitaires de la pathologie à la naissance. Ainsi le diagnostic a souvent été fait à l’âge adulte, le patient ayant grandi avec un sexe déclaré (sexe masculin le plus souvent). « Le paysan considère qu’un garçon qui naît dans la famille est un bras de plus ».


Dans la littérature, un traitement chirurgical était indiqué à partir de 18 mois [8]. La plupart de nos patients ont dépassé ce délai. Nous avons donc été confrontés dans la prise en charge à des patients avec un sexe déjà choisi. Notre traitement chirurgical a consisté d’accommoder son anatomie avec le sexe adopté, ce qui a été dans la plupart des cas une chirurgie de masculinisation. Néanmoins, la génitoplastie masculinisante a été de réalisation difficile dans nos pays. Elle visait à viriliser davantage les OGE. Nous avons surtout procédé à un désenfouissement de la verge, suivi d’une urétroplastie (cure d’hypospadias). Cette intervention a été accompagnée d’une androgénothérapie ayant pour objectif de favoriser le développement de la verge. Tous nos patients ont été demandeurs de la génitoplastie masculinisante.


Au préalable, nous avions procédé à l’ablation d’éventuels organes génitaux féminins internes et la correction des cryptorchidies.


La prise en charge des ADS a nécessité une évaluation des facteurs éthiques et sociaux. Les ADS ont systématiquement eu des conséquences familiales : un des patients a été abandonné par sa mère (observation 4), un autre par sa femme en raison de rapports sexuels non satisfaisants (observation 2).


L’annonce d’une ADS a engendré un traumatisme pour le patient et sa famille qui doit être intégré dans la prise en charge thérapeutique. Une concertation entre l’équipe médicale, le patient et sa famille était nécessaire à la décision thérapeutique. Elle avait pour but de faciliter la compréhension des traitements, leurs avantages et inconvénients et leurs conséquences probables. Toutes les solutions thérapeutiques possibles ont été envisagées lors du choix du sexe du patient en vue d’harmoniser le sexe phénotypique, le sexe génotypique et l’identité sociale du patient.


L’efficacité de la prise en charge a été difficile à évaluer. L’objectif du traitement a été de permettre au patient de trouver un équilibre entre son anatomie nouvelle et son sexe psychique au sein de la société.


La décision du sexe devait tenter de respecter le sexe civil et le sexe génétique en tenant compte des différents facteurs : anatomie génitale externe et interne, possibilités de reconstruction, étiologie probable de l’ambiguïté et impossibilité d’avoir une certitude génétique en l’absence de caryotype.


Les exigences familiales et sociales ont également été des facteurs décisionnels (refus paternel de la chirurgie) (observation 1).


Comme l’ont recommandé Mure et al. [8] et Sirol [9], l’attribution définitive du sexe de l’enfant porteur d’une ADS devait se faire au sein d’une équipe pluridisciplinaire associant endocrinologues, pédiatres, chirurgiens, psychologues, cytogénéticiens, biologistes moléculaires, biochimistes hormonaux, obstétriciens et andro-urologues. Cependant, le sous-effectif ou l’inexistence de certaines spécialités médicales dans la ville de Bamako ont rendu la constitution d’équipes spécialisées dans la prise en charge des ADS difficile et insuffisante.


En Afrique, il est difficile de faire une harmonisation de la prise en charge des ADS, tant le niveau socio-économique et culturel est différent d’un pays à un autre.


Sur le plan socioculturel et éthique, les ADS sont des pathologies difficiles à prendre en charge : il persiste dans notre société une forte superstition (« gestante ayant dormi couchée sur le dos », « ventre exposé à la clarté lunaire », « rapport sexuel pendant certaines périodes de l’année ») et une forte imprégnation religieuse.


Conclusion


Les ADS sont une entité rare. Malgré l’apport de données cliniques, biologiques et échographiques, un diagnostic de certitude génétique a rarement été établi lors de leur prise en charge. Dans notre étude, le diagnostic des ADS a été retardé en raison de facteurs sociaux et éthiques et leur prise en charge pluridisciplinaire quasi inexistante compte tenu du manque de plateau technique et d’équipes spécialisées.


Notre étude a souligné le manque de ressources techniques, financières et humaines adaptées pour la prise en charge diagnostique et thérapeutique des ADS au Mali.


Déclaration d’intérêts


Aucun.



 Niveau de preuve : 5.





Tableau 1 - Répartition selon les caractères sexuels secondaires.
Caractères sexuels secondaires  Malade no Malade no Malade no Malade no Malade no
Morphotype 
Voix 
Sein  +++  ++++ 
Pilosité 
Barbes et moustaches  ++ 



Légende :
F : féminin ; M : masculin ; 0 : absent, développement minime (+) à important (++++).



Tableau 2 - Interventions réalisées.
Interventions pratiquées  Nombre de patients 
Hystérectomie 
Mastectomie bilatérale 
Ovariectomie 
Orchidectomie 
Plastie pénienne 




Références



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