Prise en charge des traumatismes de l’urètre postérieur dans les fractures du bassin chez l’homme : comparaison du réalignement endoscopique précoce versus urétroplastie différée

25 novembre 2019

Auteurs : B. Cereda, C. Allenet, B. Covin, J.B. Beauval, G. Robert, N. Abdo, L. Cabaniols, M. Robert, R. Thuret, T. Murez
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 656
Objectifs

La lésion de l’urètre postérieur est une pathologie rare, aux séquelles fonctionnelles critiques à long terme.

Les recommandations européennes concernant le traitement laissent libre choix entre réalignement endoscopique précoce (REP) ou pose d’un cathéter sus-pubien avec urétroplastie différée (UD).

Les données de la littérature sont hétérogènes quant aux résultats des techniques et leur présentation.

Méthodes

Étude rétrospective multicentrique des lésions traumatiques de l’urètre postérieur prises en charge entre janvier 2007 et janvier 2018.

Le critère de jugement principal était le succès de l’intervention, défini par l’absence de recours à un autre geste urétral, et par l’obtention d’une miction normale et définitive (avec un recul d’au moins 6 mois). Le second critère de jugement était le délai pour y parvenir. Les critères de jugement secondaires étaient le nombre de réintervention, et le succès de l’urétroplastie après REP versus UD.

Résultats

Trente-six patients ont été inclus, 25 dans le groupe REP et 11 dans le groupe UD. Le taux de succès primaire du groupe UD était significativement meilleur que celui du groupe REP : 45 % (5/11) versus 0 % (0/25), p =0,001.

Le délai moyen pour obtenir une miction normale et définitive était plus court dans le groupe UD de 96jours en moyenne, sans atteindre le seuil de significativité statistique (275,7jours pour le groupe REP contre 179,5jours pour le groupe UD, p =0,08).

Les patients du groupe REP subissaient en moyenne significativement plus de réintervention : 2,08 contre 0,27 pour le groupe UD, p <0,001. Le taux de succès de l’urétroplastie après REP par rapport au groupe UD n’avait pas de différence statistiquement significative : 36 % (5/14) versus 45 % (5/11), p =0,70.

Conclusion

Dans notre étude, nous n’avons pas mis en évidence d’effet préventif du REP sur le taux de sténose. Le délai pour récupérer une miction normale et définitive semble meilleur pour l’UD. Nous plaçons donc l’UD comme traitement de choix de la rupture urétrale postérieur traumatique complète.




 




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