Prévalence et rôle des IgG anti- Chlamydia trachomatis chez une population d’hommes infertiles au Maroc

25 octobre 2019

Auteurs : M. Frikh, N. Mrimar, J. Kasouati, A. Hamzaoui, A. Maleb, A. Lemnouer, O. Choukairi, M. Barkiyou, M. El Ouennass
Référence : Prog Urol, 2019, 12, 29, 612-618
Introduction

L’infertilité est un problème mondial de santé publique qui affecte 15 % des couples en âge de procréer. L’infertilité masculine est en cause dans 20 à 50 % des cas. Ces chiffres sont en nette augmentation de par le monde. Plusieurs facteurs peuvent être responsables de cette infertilité avec en particulier les facteurs hormonaux, génétiques, toxiques ou infectieux. Ces derniers sont dominés principalement par l’infection à Chlamydia . Parmi les complications les plus graves de cette infection, on retrouve les troubles de fertilité liés à l’urétrite, l’épididymite et à l’azoospermie totale irréversible chez l’homme et les obstructions tubaires et les grossesses extra-utérines chez la femme.

Objectif

Déterminer la prévalence des IgG anti-Chlamydia trachomatis chez les hommes consultant pour infertilité et analyser l’association entre le contact antérieur avec cette bactérie et l’altération de la qualité du sperme et la fonction des spermatozoïdes.

Matériel et méthodes

Étude prospective sur 26 mois de 143 patients adressés au service pour bilan d’infertilité du couple. Les données démographiques, le caractère primaire ou secondaire de l’infertilité, les facteurs de risque (tabac, hernie inguinale, varicocèle et antécédents d’infections urogénitales), les paramètres spermatiques (volume, mobilité, PH, vitalité et anomalies morphologiques) ont été étudiés ainsi que la détermination du titre des IgG anti-C. trachomatis . La prévalence de l’infection à Chlamydia ainsi que son impact sur les différents paramètres du spermogramme ont été analysés.

Résultats

L’âge moyen des patients était de 38,5±8,55 ans. L’infertilité était primaire chez 72 % des patients. Parmi les patients, 54,5 % avaient un spermogramme anormal. Une sérologie Chlamydia était positive chez 37,1 % des patients dont 58,5 % avaient un spermogramme anormal. L’analyse des différents paramètres spermatiques chez les patients Chlamydia positive et Chlamydia négative retrouve une altération significative de la vitalité dans le groupe Chlamydia positive avec un OR à 2,41, p =0,02, (IC95 % : 1,15–5,06).

Conclusion

La prévalence de l’infection à Chlamydia est élevée chez les hommes infertiles. Les IgG anti-Chlamydia seraient associés à une altération de la vitalité des spermatozoïdes sans altération significative des autres paramètres spermatiques.

Niveau de preuve

3.




 




Introduction


D'après l'OMS, l'infertilité est l'incapacité de concevoir un enfant après un an d'essais. Ces difficultés concernent un nombre de plus en plus élevé de sujet. Environ 15 % des couples sont concernés par ce problème [1].


Au Maroc, selon une enquête réalisée par la Société marocaine de médecine de reproduction (SMMR), à travers un sondage effectué par l'institut Averty, réalisé auprès de 1034 couples de 25 à 45 ans et dans 40 villes couvrant les 16 régions administratives du Maroc : 15 % souffrent d'un problème d'infertilité. Parmi ces derniers, un tiers (34 %) attendent un enfant depuis plus de 3 ans [2].


L'origine de l'infertilité est masculine dans près de 25 % à 50 % des cas [1]. Elle peut être liée à un problème de production des spermatozoïdes. Ceux-ci sont produits en quantité insuffisante, ou en nombre suffisant mais présentant des anomalies qualitatives les rendant incapable de féconder un ovocyte par voie normale.


Les troubles de la fertilité, peuvent être liés à des anomalies organiques testiculaires, des troubles hormonaux, des anomalies génétiques ou une infection des voies génitales. Ces dernières sont dominées principalement par l'infection à Chlamydia [3].


Chlamydia trachomatis (C. trachomatis ) est la cause la plus fréquente des infections sexuellement transmissibles surtout dans les pays industrialisés [1]. Son incidence ne cesse de croître avec 131 millions de nouveaux cas dans le monde, affectant surtout la population jeune [3]. Parmi les complications les plus graves de cette infection, on retrouve les troubles de fertilité liés à l'urétrite, l'épididymite, l'orchi-épididymite et la prostatite. La bactérie peut aussi s'attacher aux spermatozoïdes réduisant ainsi leur vitalité et leur mobilité et augmentant le risque de transmission aux femmes [4]. Au maximum, l'infection peut être responsable d'une azoospermie totale irréversible chez l'homme et d'une obstruction tubaire, de grossesses extra-utérines, d'inflammation pelvienne chronique et du syndrome de Fitz-Hugh-Curtis chez la femme [5].


Le mécanisme physiopathologique de l'infertilité associée à C. trachomatis serait lié au développement intracellulaire strict de C. trachomatis et à l'inflammation passagère ou chronique persistante [6]. La bactériospermie, la leucospermie, les IgA sécrétoires anti-Chlamydia et les cytokines inflammatoires dans le sperme plaideraient pour la responsabilité de l'inflammation dans l'infertilité [6]. Toutefois, le germe peut également altérer directement les spermatozoïdes avec notamment une fragmentation de l'ADN, et une perturbation de la capacité de réaction acrosomale[7, 8, 9, 10]. Cet effet direct est mis en évidence par la tyrosine phosphorylation des protéines spermatiques [11].


Le diagnostic de l'infection à Chlamydia repose sur la recherche directe par amplification génique avec des outils commercialisés, sensibles et spécifiques. Actuellement, elle est considérée comme la méthode de référence pour le diagnostic de l'infection récente avec une sensibilité de 97,6 et une spécificité de 99,5 % [12, 13]. Le sérodiagnostic, par contre souffre d'un manque de sensibilité et de spécificité (40 à 61 % et 95 % respectivement [14, 15]). Il est ainsi utilisé pour l'évaluation des infections chroniques ou des complications post infectieuses par contre elle n'est pas indiquée pour le diagnostic de l'infection aiguë, les anticorps mettant plusieurs semaines pour être détectables [16, 17]. Pour palier à l'insuffisance du sérodiagnostic, une nouvelle technique Elisa (CTr Mix 1) utilisant le mélange de 12 antigènes peptidiques à C. trachomatis fortement réactifs a permis d'améliorer la sensibilité et la spécificité du sérodiagnostic à 94 % et 98 % respectivement [15] et ceci même pour les infections aiguës.


Un taux élevé d'IgG signifie une infection passée ou en cours. En effet, ces anticorps restent à un taux élevé plusieurs mois après traitement. Mais ils ne sont pas immunisants et une réinfestation ou une réactivation est possible. L'absence d'anticorps (Ac) par contre, exclue une infection compliquée [18].


L'objectif de cette étude est de préciser la prévalence des IgG anti-C. trachomatis chez les hommes consultant pour infertilité et d'analyser l'association de l'exposition antérieure à cette bactérie à l'altération de la qualité du sperme et de la fonction des spermatozoïdes.


Matériels et méthodes


Nous avons mené une étude prospective s'étalant de janvier 2016 à mars 2018 au sein de l'unité de spermiologie de notre établissement.


Cent quarante-trois patients ont été pris en charge par notre département pour bilan d'infertilité du couple. Tous les patients ont bénéficié d'un prélèvement sanguin et d'un recueil du sperme et d'un échantillon d'urine (premier jet urinaire). Une fiche de renseignement a été établie pour chaque patient comprenant les données démographiques, les facteurs de risque d'infertilité avec notamment le tabac, l'hernie inguinale, la varicocèle et les antécédents d'infections urogénitales (infections sexuellement transmissibles, urétrite, orchi-épididymite, prostatite) et son caractère primaire ou secondaire.


Tous les prélèvements du sperme ont été réalisés au laboratoire, avec un délai d'abstinence allant de 3 à 5 jours selon les normes du GBEA, et en dehors de tout syndrome infectieux ou épisode fébrile.


L'analyse du sperme a été faite manuellement après un temps de liquéfaction de 30min à 37°. L'ensemble des caractères physico-chimiques, volume, mobilité (a+b), vitalité (vita-éosine RAL), concentration spermatique ont été analysés. Les anomalies morphologiques ont été étudiés après coloration des frottis par la technique de Schoor et interprétés selon David. L'ensemble des paramètres spermatiques ont été étudiés et interprétés selon les normes actualisées de l'OMS, 2010 [19].


La sérologie Chlamydia avec détermination du taux des IgG a été faite par méthode Elisa semi-automatique (DRG C. trachomatis IgG Elisa EIA-3462, DRG Instruments GmbH, Allemagne), utilisant les corps élémentaires comme antigène, et ne présentant pas de réaction croisée avec les IgG anti-Chlamydia pneumonia ni avec certains virus avec une sensibilité et une spécificité de 100 % par rapport à l'Euroimmun Elisa.


La sérologie a été considérée positive quand le taux des IgG est>11DU (DRG Units)/mL, douteuse pour un titre entre 9 et 11 et négative pour un taux<9DU/mL. Les patients qui ont un taux positif, et ceux présentant une azoospermie ont été tous testés par biologie moléculaire à la recherche de l'ADN bactérien, méthode GeneXpert (Cepheid) utilisant un test combo pour la recherche simultanée de C. trachomatis et Neisseria Gonorrhoeae sur le 1er jet urinaire.


L'analyse statistique a été réalisée par le logiciel SPSS version 2013. Les variables quantitatives (âge) ont été exprimées en moyenne±écart-type et les variables qualitatives ont été exprimées en pourcentage et effectifs. La relation entre infection à Chlamydia et anomalies spermatiques, y compris les différents paramètres du spermogramme, a été analysée par le test Chi2. L'association entre la sérologie chlamydia positive et les paramètres spermatiques a été réalisée par la méthode de régression logistique binaire. Les résultats ont été considérés significatifs pour un p <0,05.


Ethique : tous les patients ont signé un consentement écrit sur l'utilisation de leurs données à des fins scientifiques.


Résultats


Les caractères démographiques et les données du spermogramme sont détaillés dans le Tableau 1. L'âge moyen de nos patients était de 38,5±8,5 ans. L'infertilité était primaire chez 72 % des patients. Le spermogramme était anormal chez 54,5 % des patients. Nous n'avons pas trouvé de facteurs de risque associé de façon significative chez ces patients (Tableau 1).


La sérologie Chlamydia était positive chez 53 patients (37,1 %) avec un GeneXpert négatif pour les 2 germes testés par le kit. Chez ces patients, 71,7 % ont été traités pour une infection sexuellement transmissible dans les antécédents. Le spermogramme était anormal dans 58,5 %. Les principales anomalies retrouvées sont une réduction du volume spermatique dans 9,4 % des cas, une oligospermie dans 32,1 %, une asthéno-spermie dans 26,4 %, une réduction de la vitalité dans 43,4 %, une tératospermie dans 33,9 % et une azoospermie dans 7,5 %.


La comparaison des anomalies spermatiques enregistrées chez les patients Chlamydia positive et Chlamydia négative retrouve une altération plus marquée de la vitalité chez les patients Chlamydia positive avec un p =0,02 (Tableau 2). L'étude en régression logistique binaire montre que la sérologie Chlamydia positive multiplie par 2,41 (odds ratio à 2,41, p =0,02, [IC95 % : 1,15-5,06]) le risque d'altération de la vitalité des spermatozoïdes.


Discussion


Caractères sociodémographiques


Nos patients étaient plus âgés que dans les séries européennes 38,5±8,5 ans versus 34 ans dans les séries suédoises et allemande d'Idahl et al., 2004 [20] et d'Eggert-Kruse et al., 2013 [21] respectivement et similaires à la série africaine de Niang et al., 2009 [22]. Ceci traduit les barrières culturelles encore très ancrées dans notre population comme dans les autres pays africains et du moyen orient [1]. Dans ces pays, le recours à une consultation d'infertilité chez l'homme est reculé au maximum ; la femme étant la première à être explorée dans un couple infertile. Elle reflète aussi le recul de l'âge du mariage à 31,4 ans (RGPH, 2014) dans notre population [23].


L'âge avancé du mariage explique la prévalence élevée de l'infertilité primaire enregistrée dans notre série (72 %) du fait du déclin de l'indice de fécondabilité chez les 2 sexes et l'altération des paramètres spermatiques chez l'homme avec l'âge [24]. Pour Benksim et al., 2018, l'infertilité primaire a été enregistrée dans 67,4 % avec une anomalie du spermogramme dans 45,1 % des cas versus 20,3 % dans les cas d'infertilité secondaire [25]. Nous avons enregistré des chiffres plus élevés chez nos patients surtout en cas d'infertilité secondaire (50 %) ce qui plaiderait pour une fréquence plus élevée de l'origine infectieuse chez la population étudiée.


Prévalence et facteurs de risque d'infertilité masculine


Plus de la moitié des patients avait un spermogramme anormal. En effet, la distribution de l'infertilité en rapport avec les facteurs masculins se situent entre 20 et 70 %. Les taux d'infertilité sont plus élevés en Afrique, en Europe central et en Europe de l'est [1]. Ce qui nous situe dans la marge des taux élevés avec 54,5 %.


Plusieurs facteurs de risque d'infertilité masculine individuelle sont actuellement identifiés avec notamment l'âge≥40 ans [24], le tabac [26] avec son action sur la numération, la vitalité et les anomalies morphologiques des spermatozoïdes (microcéphalies), la varicocèle responsable d'oligo-asthéno-tératospermie [27], l'hernie inguinale et l'ectopie testiculaire à l'origine d'azoospermie [28]. L'étude de ces différents facteurs dans notre série ne montre pas de différence significative entre le groupe de patients avec spermogramme normal et anormal ce qui pourrait être le résultat du faible effectif de notre série ; leur implication n'étant pas un sujet de controverse.


Prévalence de l'infection à C. trachomatis


La sérologie Chlamydia était positive chez 37,1 % des patients. Une étude similaire en 2004 a montré la prévalence des IgG anti-C. trachomatis chez 20,1 % des hommes consultant pour infertilité du couple [20]. Une sérologie positive reflétant une infection récente ou bien une cicatrice sérologique d'une infection ancienne ou une infection chronique. La recherche d'ADN du C. trachomatis par biologie moléculaire était négative chez tous nos patients IgG positifs, ce qui les classe dans les 2 dernières catégories (cicatrice sérologique ou infection chronique). En effet, l'infection à C. trachomatis étant asymptomatique chez 50 % des hommes [29, 30], l'évolution naturelle se fait vers une infection chronique avec atteinte des voies génitales hautes non explorées par l'analyse du premier jet urinaire utilisé chez nos patients. Le diagnostic de l'inflammation chronique notamment épididymaire ou testiculaire reste difficile ; l'exploration la plus sensible étant la biopsie testiculaire [31].


Infection à C. trachomatis et infertilité


La sérologie C. trachomatis était positive chez 40,3 % des patients infertiles avec spermogramme anormal. Toutefois, l'altération du spermogramme était similaire chez les patients avec IgG anti-Chlamydia négatifs (p =0,36).


Plusieurs études ont, en effet, souligné le peu de corrélation entre les IgG anti-C. trachomatis et l'altération des paramètres du sperme. Néanmoins, Idahl et al., 2004 ont démontré l'association significative et indépendante des difficultés de conception avec les IgG anti-Chlamydia chez l'homme indépendamment de la qualité du sperme [20]. Jungwirth et al. ont rapporté une réduction discrète mais significative de la capacité du sperme à assurer la réaction acrosomale (étape essentielle au processus de fertilisation) chez les sujets infectés [32]. Et plus récemment, il a été démontré in vitro que les anticorps anti-C. trachomatis peuvent entraîner l'apoptose des spermatozoïdes [33]. Mais l'aspect le plus important et reconnu de l'infection à Chlamydia chez l'homme est le fait qu'il devienne un réservoir de Chlamydia qui augmente la probabilité de l'infection de sa partenaire [1, 33] ; et par son biais de l'infertilité du couple.


Les anomalies du sperme rapportées seraient liées à l'action des lipopolysaccharides Chlamydiennes considérées à haut pouvoir spermicide ; jusqu'à 500 fois plus élevé que les autres bactéries [34, 35]. Ceci pourrait expliquer nos résultats par rapport à l'altération de la vitalité des spermatozoïdes chez les patients IgG anti-C. trachomatis positifs.


Par ailleurs, chez les patients avec sérologie positive, 33,3 % avait un spermogramme normal ce qui suppose que chez ces patients, il s'agirait d'une cicatrice sérologique ; les anticorps persistant plusieurs mois après traitement [14] et la fonction spermatique n'étant pas compromise éternellement [36]. Pour les autres, chez qui la sérologie positive était associée à une altération du sperme (58,5 %), il s'agirait probablement d'une infection chronique qui se serait compliquée d'infertilité ou bien de l'intervention d'autres facteurs d'infertilité non explorés dans notre étude. Toutefois, l'analyse en biologie moléculaire était négative chez tous ces patients. Ceci pourrait être expliqué par une infection haute mal explorée par l'analyse des urines. En effet, le 1er jet urinaire ne ramenant que les cellules urétrales, une infection profonde type orchi-épididymite ou prostatite serait mieux explorée par la recherche moléculaire au niveau du sperme [37]. Cette analyse n'a pas été faite chez nos patients.


Plusieurs auteurs associent l'infection à CT à une réduction de la concentration spermatique et de la mobilité des spermatozoïdes, une altération du PH du sperme et une réduction du volume de l'éjaculation [20, 38, 39, 40], une altération de la vitalité et une tératospermie [41]. Avec comme conséquence, des difficultés de conception associées à la présence des IgA et IgG anti-Chlamydia chez l'homme [20]. Chez nos patients, les IgG anti-Chlamydia étaient associées significativement à une altération de la vitalité. En effet, l'infection à CT peut être à l'origine d'une mort prématurée et d'une réponse apoptotique-like entraînant une augmentation du taux de fragmentation des ADN spermatiques et donc de la vitalité des spermatozoïdes [44, 7, 10, 11, 34, 42, 43].


Conclusion


Notre étude rapporte une prévalence élevée de l'infection à C. trachomatis et rejoint les résultats de la littérature en matière de faible altération de la qualité du sperme en association avec les IgG anti-Chlamydia . Toutefois, la présence de ces anticorps est associée significativement à une altération de la vitalité des spermatozoïdes. Le dépistage et le traitement de cette infection chez les jeunes pourraient participer à réduire le taux d'infertilité du couple si ce n'est en évitant des conséquences potentielles sur la qualité du sperme, du moins en évitant la transmission à la partenaire pour qui l'implication de l'infection à C. trachomatis dans l'infertilité n'est pas un sujet de controverse. Il n'est pas à rappeler que les mesures de prévention primaire contre les infections sexuellement transmissibles reste le moyen le moins onéreux pour réduire le taux d'infertilité d'origine infectieuse.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Caractéristiques démographiques, cliniques et statut sérologique de la population étudiée (n =143).
Variables
n =143 
Population étudiée  Spermogramme normal  Spermogramme anormal  p  
Âge moyen a  38,5±8,5  37,2±7,2  39,2±9,5  0,11 
Infertilité          
Primaireb  72 (103)  44,7 (46)  55,3 (57)  0,56 
Secondaireb  28 (40)  50,0 (20)  50,0 (20)   
Spermogramme b    45,4 (65)  54,5 (78)   
Tabac b  30,8 (44)  36,4 (16)  63,6 (28)  0,11 
ATCD infectieux b  37,1 (53)  41,5 (22)  58,5 (31)  0,39 
HI ou ET b  2,1 (3)  0 (0)  100 (3)  0,10 
Varicocèle b  11,9 (17)  35,3 (6)  64,7 (11)  0,33 
IgG anti-CT b         
Positive  37,1 (53)  33,3 (22)  40,3 (31)  0,65 
Négative  58,0 (83)  62,1 (41)  54,5 (42)   
Douteuse  4,9 (7)  4,5 (3)  5,2 (4)   



Légende :
HI : hernie inguinale ; ET : ectopie testiculaire ; SPG : spermogramme ; SPG anormal : fait référence à au moins un paramètre spermatique pathologique ; CT : Chlamydia trachomatis .

[a] 
Moyenne±écart-type.
[b] 
Valeurs exprimées en % (effectif).


Tableau 2 - Analyse des paramètres spermatiques en fonction du statut sérologique.
Paramètres pathologiques du spermogramme selon les normes de l'OMS 2010  n =143
% (n
IgG anti-Chlamydia trachomatis négatifs (n =83)  IgG anti-Chlamydia trachomatis positifs (n =53)  p  
Volume spermatique<1,5mL  8,4 (12)  8,4 (7)  9,4 (5)  0,69 
Numération des spermatozoïdes<15 millions/mL  27,3 (39)  26,5 (22)  32,1 (17)  0,48 
Mobilité des spermatozoïdes (a+b)<32 %  20,2 (29)  18,1 (15)  26,4 (14)  0,24 
Vitalité des spermatozoïdes<58 %  30,0 (43)  24,1 (20)  43,4 (23)  0,02 
Cytospermogramme<15 % (morphologie)a  29,3 (42)  28,9 (24)  33,9 (18)  0,53 



Légende :
Les valeurs sont exprimées en % et effectifs (n ) des échantillons ayant le dit paramètre spermatique anormal associés ou non aux IgG anti-Chlamydia trachomatis , les statuts douteux (n = 4) sont exclus de l'analyse. SPG : spermogramme. Le p significatif est édité en gras.

[a] 
Selon la classification de David modifiée par Auger et Eustache.


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