Neuromodulation sacrée : résultats d’une série monocentrique de 93 cas

25 décembre 2014

Auteurs : L. Donon, G. Robert, P. Ballanger
Référence : Prog Urol, 2014, 17, 24, 1120-1131
Introduction

La neuromodulation sacrée (NMS) représente une des alternatives thérapeutiques dans la prise en charge de troubles fonctionnels urinaires aussi variés que l’hyperactivité vésicale (HAV), la rétention d’urine ou les syndromes douloureux pelviens. Avec l’augmentation croissante de l’utilisation de la NMS, nous devons faire face à la gestion de cette thérapie en postopératoire.

Objectif

Nous rapportons les résultats, les évènements indésirables postopératoires et leur gestion au sein de notre centre.

Patients

Il s’agit d’une série rétrospective monocentrique mono-opérateur de 93 patients ayant fait l’objet d’un test de NMS entre janvier 2005 et décembre 2013.

Résultats

Sur les 93 patients, 78 ont eu une implantation de boîtier définitif pour HAV (n =44), rétention d’urine (n =11), douleurs, cystite interstitielle (n =12), hyperactivité vésicale et douleur (n =8) ou dysurie (n =3). Le suivi moyen était de 38,86 mois (2,06–88,3±28,9). Parmi les patients souffrant d’HAV, 75 % présentaient une amélioration clinique supérieure ou égale à 50 %, 11,3 % étaient considérés comme guéris. Les patients rétentionistes étaient améliorés pour 63,5 % d’entre eux. Les patients douloureux ont été améliorés pour 58,3 % d’entre eux, 2 étaient considérés comme guéris. On rapporte 3 complications postopératoires précoces (2 infections locales, 1 hématome), et des évènements indésirables chez 49 patients (reparamétrages multiples, révision du dispositif [n =38], explantation [n =14]).

Conclusion

Nos résultats confirment l’efficacité de la NMS à long terme pour le traitement des hyperactivités vésicales, rétentions d’urines, douleurs pelviennes, dyssynergies vésico-sphinctériennes réfractaires aux traitements médicaux. Des études restent à faire pour améliorer la sélection des candidats idéaux, identifier les facteurs pronostics et réduire le taux de complications et de révisions.

Niveau de preuve

4.




 




Introduction


Bien que son mécanisme d'action ne soit pas encore bien élucidé, la neuromodulation sacrée (NMS) représente une des alternatives thérapeutiques dans la prise en charge d'un éventail de troubles fonctionnels urinaires avec des manifestations aussi variées que l'hyperactivité vésicale (HAV), la rétention d'urine ou les syndromes douloureux pelviens. La NMS représente une modalité de traitement mini-invasif après échec du traitement conservateur dans ces différents troubles.


Les techniques de stimulation électrique ont été appliquées en urologie dès les années 1960, depuis Caldwell [1] qui, le premier en 1963, a utilisé des électrodes implantables pour réaliser une stimulation électrique pour traiter l'incontinence urinaire. La technique a ensuite été développée par Tanagho et Schmidt [2, 3] puis Sheriff [4], pour aboutir à la thérapie InterStimâ„¢ développée par Medtronic (MN, États-Unis). Cette dernière a d'abord été validée comme option thérapeutique pour le traitement de l'incontinence urinaire par hyperactivité vésicale par la Food and Drug Administration (FDA) en 1997, puis ses indications se sont étendues à la prise en charge de la rétention d'urine d'origine idiopathique non obstructive et les symptômes d'urgenturie-pollakiurie (1999) et, plus récemment au traitement de l'incontinence fécale (2011).


Le principe d'action de la NMS est encore imparfaitement compris mais semble impliquer la stimulation de la voie afférente des réflexes de la moelle épinière [5], ainsi que le système nerveux central au niveau cérébral même, afin de rétablir un équilibre entre les systèmes inhibiteurs et excitateurs à différents niveaux du système nerveux périphérique et central.


Avec l'augmentation croissante de l'utilisation de la neuromodulation sacrée, nous devons faire face à la gestion de cette thérapie en postopératoire. Le but de notre étude était d'analyser les résultats, les évènements indésirables postopératoires et leur gestion au sein de notre centre.


Patients et méthodes


Patients


Nous rapportons une série rétrospective monocentrique mono-opérateur portant sur 93 patients ayant fait l'objet d'un test de neuromodulation sacrée pour une hyperactivité vésicale, une rétention d'urine ou des douleurs pelvipérinéales entre janvier 2005 et décembre 2013.


Données recueillies


Les motifs de consultation, la date de début des symptômes, les antécédents médicochirurgicaux, les données du calendrier mictionnel et du bilan urodynamique préopératoires, ainsi que les caractéristiques d'implantation ont été enregistrées dans une base de données dédiée. Les données de satisfaction du patient et les données d'amélioration clinique avaient été notées de façon systématique à chaque visite de suivi. Ces dernières étaient évaluées de façon subjective par l'opérateur en fonction de différentes variables selon la plainte fonctionnelle initiale : nombre de fuites, nombre de mictions (diurnes et/ou nocturnes), intensité de la douleur, nombre des autosondages, résidu post-mictionnel... Les dernières nouvelles pour chacun dataient de moins de 6 mois au moment de l'analyse des données sauf pour 4 patients perdus de vue, et en échec au moment des dernières nouvelles et donc considérés comme tels ensuite.


Efficacité


Était considérée comme une réussite du traitement une amélioration clinique supérieure ou égale à 50 %. Les patients étaient considérés guéris si l'amélioration clinique dépassait 90 %.


Suivi, évènements indésirables


Les besoins de reprogrammation, de changement de boîtier pour fin de vie de la batterie, et les évènements indésirables (douleurs en rapport avec le dispositif, infection, problèmes d'impédance, révision de boîtier et/ou d'électrode et explantation) ont aussi été apportés de façon systématique.


Résultats


Population


Sur les 93 patients, 15 n'ont pas eu d'implantation de boîtier définitif (2 échecs d'implantation de l'électrode pour obésité et arthrose locale, et 13 ayant un résultat non concluant à la fin de la phase de test). Soixante-dix-huit patients ont donc eu une implantation de boîtier définitif (5 hommes, 73 femmes) avec un suivi moyen de 38,86 mois (2,06-88,3±28,9). L'âge moyen de la population était de 53,89ans (13-80±15,94).


Parmi les patients finalement implantés, et dont nous rapportons ici les résultats, les plaintes fonctionnelles étaient représentées comme suit :

hyperactivité vésicale (n =44, avec (n =39) ou sans (n =5) incontinence associée, dont 21 avec hyperactivité détrusorienne (HAD)) ;
rétention complète (n =9) ou incomplète (2) d'urines ;
douleurs, cystite interstitielle (n =12) ;
hyperactivité vésicale et douleur (n =8, dont 2 avec HAD) ;
hyperactivité vésicale et dysurie (n =3, sans HAD).


L'origine était idiopathique dans 93,6 %, et neurogène pour 5 patients (1 incontinence par urgenturie en rapport avec une maladie de Parkinson, 4 rétentions complètes d'urines en rapport avec une myélopathie, 1 canal lombaire étroit, 2 dénervations pour maladie de Hirschprung et endométriose).


L'électrode était implantée le plus souvent dans le foramen S3 droit (64,1 %) ou gauche (30,8 %) voire S2 (n =1) ou S4 (n =3) en fonction des constatations anatomiques locales et de la réponse peropératoire. La durée moyenne de la phase de test était de 15,8jours (0-52±8,5). Quatre patients qui avaient déjà fait l'objet d'une première NMS dans d'autres centres, mais dont l'ensemble du dispositif avait été enlevé pour infection, ont eu implantation de l'électrode et du boîtier dans le même temps opératoire.


On rapporte 3 complications postopératoires : 2 infections locales (j1 et j7) et 1 hématome (j1).


Efficacité


NMS pour hyperactivité vésicale


Parmi le groupe de patients implantés souffrant d'hyperactivité vésicale avec ou sans incontinence urinaire associée (n =44), 75 % rapportaient une amélioration clinique supérieure ou égale à 50 % à la dernière visite de suivi, 45,5 % étaient très améliorés (amélioration clinique entre 75 et 90 %), et 11,3 % étaient considérés comme guéris (amélioration clinique supérieure à 90 %), et 25 % (n =11) étaient donc en échec.


NMS pour rétention


Les patients rétentionistes (n =11) étaient améliorés pour 63,5 % d'entre eux avec une disparition ou une diminution du recours aux autosondages, ou une diminution des résidus post-mictionnels ; 36,5 % (n =4) sont restés en rétention malgré l'implantation du boîtier de neuromodulation sacrée et une phase de test initialement positive.


NMS pour douleurs


Dans le groupe des patients se plaignant de douleurs pelviennes chroniques (n =12 dont 9 diagnostics de cystite interstitielle), 58,3 % (n =7) ont présenté une amélioration clinique supérieure ou égale à 50 %. Deux patients avaient une amélioration clinique entre 75 et 90 % et 2 étaient considérés comme guéris avec disparition des phénomènes douloureux. Cinq patients (41,7 %) étaient considérés en échec, ne retrouvant pas l'amélioration clinique décrite initialement et ayant motivé l'implantation définitive.


NMS pour HAV et douleurs


Dans le cas des patients dont les plaintes fonctionnelles urinaires concernaient une hyperactivité vésicale et des douleurs vésicales invalidantes (n =8), 62,5 % étaient améliorés à plus de 50 %, et 27,5 % n'étaient pas significativement améliorés.


NMS pour HAV et dysurie


Enfin, 3 patientes présentaient une hyperactivité vésicale associée à une dysurie avec rétention partielle par hypertonie urétrale, et ce d'origine idiopathique. Toutes ont été améliorées à plus de 75 %.


Dans tous les cas, le degré de satisfaction des patients allait sensiblement de pair avec le degré d'amélioration clinique évalué par le chirurgien.


Chez les patients avec des troubles neurologiques


La patiente traitée par NMS pour incontinence par urgenturie en rapport avec une maladie de Parkinson n'a pas été améliorée malgré plusieurs reprogrammations. Parmi les 4 patientes en rétention complète d'urines : celle en rétention suite à une myélite infectieuse est restée en rétention. Les 3 autres patientes (1 canal lombaire étroit, 2 dénervations pour maladie de Hirschprung et endométriose) ont été très améliorées, voire même guéries pour celle qui était en rétention complète après une chirurgie pour maladie de Hirschprung.


Les résultats en fonction des indications sont résumés dans le Tableau 1.


Évènements indésirables et réinterventions


Des évènements indésirables ont du être gérés chez 49 patients, nécessitant des reparamétrages multiples, une révision du dispositif (n =38) par changement de l'électrode, du boîtier ou des deux dans le même temps, voire l'explantation du dispositif (n =14).


L'électrode (n =14), le boîtier (n =14) ou l'ensemble électrode-boîtier (n =10) étaient révisés pour douleurs (n =9) ou perte d'efficacité (n =29) (13 problèmes d'impédance, 6 migrations de l'électrode, 10 stimulateurs déchargés) (cf. Tableau 2 et Figure 1).


Figure 1
Figure 1. 

Récapitulatif de la population : efficacité et évènements notables.




L'explantation du dispositif était motivée par une infection de matériel (n =3), ou à la demande des patients pour échec (n =6) et/ou douleurs associées (n =5) (cf. Tableau 2 et Figure 1).


Facteurs prédictifs


Nous avons recherché parmi les patients traités pour hyperactivité vésicale (les effectifs des patients traités pour rétention ou douleurs étant trop faibles pour permettre une quelconque conclusion) s'il existait des facteurs prédictifs de succès ou d'échec de la NMS lors de la phase de test ou pendant la période de stimulation sous neuromodulation sacrée. Dans ce groupe, nous n'avons retrouvé aucune association entre l'âge, le sexe, l'origine fonctionnelle ou neurologique des symptômes, la sévérité des symptômes (nombre de mictions/jour), le délai de prise en charge, et l'existence de symptômes associés (dysurie, douleurs).


Discussion


Efficacité


Avec 84 % de patients ayant présenté une réponse positive au test de NMS, on constate ici de très bons résultats de cette première phase, par rapport aux données connues, très variables, avec des taux d'implantation du matériel définitif de 43 à 93 % [6, 7, 8, 9, 10, 11]. Cela peut être expliqué, d'une part, par l'utilisation pour tous les patients de l'électrode « barbée » diminuant le risque de déplacement de l'électrode durant la phase de test, et, d'autre part, par l'expérience de l'opérateur, rodé à la technique d'implantation et aux indications de la NMS.


En ce qui concerne la prise en charge de l'incontinence urinaire par urgenturie ou les symptômes d'urgenturie/pollakiurie, les résultats de cette étude sont en accord avec les données de la littérature des principales études publiées, avec des taux de succès (amélioration de plus de 50 %) de 46 % à 90 % et de guérison de 12 à 20 %. Les résultats sont cependant très variables en fonction des critères de succès (pourcentage d'amélioration clinique, satisfaction des patients, nombres d'épisodes d'incontinence/jour, nombre de mictions/jour...) et de guérison considérés par les auteurs. Les résultats des principales études sont répertoriés dans le Tableau 3 [7, 9, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23].


Concernant les résultats de la NMS sur la rétention d'urine, les différentes séries publiées retrouvent, comme dans notre série, d'excellents résultats. Cela se manifeste par une diminution du nombre d'autosondages et du résidu post-mictionnel, qui s'accompagne par conséquent d'un degré de satisfaction élevé des patients (cf. Tableau 4) [6, 7, 9, 13, 16, 18, 19, 21, 22, 23, 24, 25, 26].


Peu de données sont disponibles sur la prise en charge des syndromes douloureux pelviens chroniques ou des cystites interstitielles par NMS. Les résultats sont très variables avec des taux de succès de 51 à 92,3 % [25, 27, 28, 29], avec une réduction du nombre de mictions/jour, et une amélioration sur les symptômes d'urgenturie/pollakiurie, les douleurs pelviennes, et la qualité de vie [28].


Enfin, les publications sur la prise en charge en NMS des patients présentant à la fois des symptômes d'HAV et une dysurie non obstructive et/ou des douleurs sont rares. Nos résultats semblent très prometteurs bien que nous ne rapportions qu'un petit nombre de cas, mais nous pensons qu'il s'agit là probablement d'une indication de choix pour un traitement par NMS, compte tenu de son action sur les deux versants hyperactivité vésicale et dysurie/rétention, alors que parmi les alternatives thérapeutiques dont nous disposons, peu jouent sur les deux tableaux, à moins de combiner les traitements.


Évènements indésirables


Le principal écueil de la NMS est la gestion des complications postopératoires. Celles-ci sont surtout représentées par des douleurs postopératoires, une perte d'efficacité, et de rares problèmes infectieux. Il est difficile de comparer nos résultats à ceux de la littérature tant les données sont variables avec 11 à 70 % des patients présentant des complications et nécessitant souvent plusieurs réinterventions chacun (cf. Tableau 5) [6, 8, 11, 14, 19, 20, 21, 25, 30, 31, 32, 33, 34, 35]...


Après implantation du boîtier de neuromodulation sacrée, on a pu répertorier lors de plusieurs visites de suivi une perte d'efficacité. Le plus souvent, le problème pouvait être résolu en modifiant les paramètres de réglage. En cas d'échec de reprogrammation, il était parfois nécessaire de procéder à la révision du dispositif : repositionnement ou remplacement de l'électrode et/ou du boîtier. Les raisons de la perte d'efficacité étaient le plus souvent en rapport avec une migration de l'électrode ou des problèmes d'impédance. Enfin, il faut prévenir les patients que la batterie a une durée de vie limitée dans le temps. Le changement du boîtier pour fin de vie de la batterie ne doit donc pas être considéré en soi comme un évènement indésirable (sauf peut-être s'il se décharge anormalement vite, probablement en rapport avec des problèmes d'impédance ou de nécessité de fortes stimulations), et les patients doivent être prévenus de la nécessité de réintervention ultérieure pour changement du stimulateur.


Depuis l'introduction de l'appareil InterStim2 en 2006, la taille du générateur d'impulsions implantable a diminué de manière significative. Il est maintenant 50 % plus léger et plus petit, permettant ainsi une incision plus petite, un meilleur confort et une meilleure tolérance pour les patients. Le principal inconvénient de la réduction de taille du stimulateur est une durée de vie plus courte de la batterie. La batterie plus petite dure 3 à 5ans, contre 7 à 10ans pour l'appareil d'origine. Entre des mains expérimentées cependant, le positionnement idéal de l'électrode par rapport au nerf minimise les seuils de stimulation nécessaires, optimisant ainsi la durée de vie de la batterie [36]. Il a en effet été rapporté que des paramètres de stimulation élevés sont associés de façon significative à une perte d'efficacité de la NMS à long terme [37].


Facteurs prédictifs


Le succès de la neuromodulation dépend probablement de la sélection soigneuse des patients. Mais existe-t-il des facteurs prédictifs de succès ou d'échec de la neuromodulation sacrée ?


Plusieurs études ont essayé d'évaluer les facteurs associés à la réponse lors de la phase de test ou pendant la période de traitement de la NMS (âge, sexe, pathologies intercurrentes, délai de prise en charge après le début des symptômes, sévérité des symptômes (nombre d'épisodes d'incontinence urinaire par jour, rétention complète ou incomplète), variables urodynamiques (hyperactivité détrusorienne ou non), échec des traitements médicaux antérieurs...) afin d'identifier les meilleurs candidats à cette thérapie [10, 14, 15, 26, 35, 38, 39, 40, 41, 42].


Une étude prospective sur 55 patients présentant une incontinence urinaire par urgenturie réfractaire aux traitements médicamenteux, et ayant bien répondu à la NMS, retrouve avec un suivi moyen de 29 mois, une association entre âge et taux de succès de la NMS (succès défini ici par l'absence de fuite après implantation). Un âge inférieur à 55ans était associé à un meilleur taux de guérison (65 % vs 37 % ; p <0,05), de même que la présence de moins de 3 pathologies chroniques intercurrentes [15].


Une étude rétrospective d'une petite série de 34 femmes avec une incontinence urinaire par urgenturie réfractaire après chirurgie pour incontinence urinaire à l'effort confirme que l'âge est un facteur prédictif du devenir de la NMS avec un même cut-off à 55ans (100 % de personnes de plus de 55ans parmi les non-répondeurs, vs 59,1 % chez les répondeurs (p =0,02)). Les autres facteurs prédictifs positifs étaient l'existence d'une bonne réponse musculaire des muscles du plancher pelvien (15,4 % de patients avec des releveurs≤2 parmi les répondeurs vs 62,4 pour les non-répondeurs (p =0,03)) et un test de stimulation réalisé moins de 4ans après le début ses symptômes [43]. Yazdani et al., dans une étude rétrospective sur 58 patients, retrouvaient le nombre d'épisodes d'incontinence urinaire comme facteur prédictif de réponse au test : les patientes avec plus de 10 épisodes d'incontinence urinaire par jour avaient plus de chances de répondre positivement au test de NMS que celles avec moins de 5 épisodes d'incontinence par jour (OR=10,3 ; 95 %, CI 2,1-50,6) [10].


À l'inverse, d'autres études n'ont retrouvé aucune corrélation entre réponse au test de neuromodulation et l'âge, le sexe, la durée des symptômes ou les variables urodynamiques, ni avec la présence ou non d'une hyperactivité détrusorienne au bilan urodynamique [14, 38, 39, 40]. Il n'a pas non plus été mis en évidence d'association entre réponse à la NMS et indication de cette dernière pour échec du traitement médical que ce soit pour inefficacité des anticholinergiques ou en raison des effets secondaires [41].


En cas d'indication pour rétention d'urine, une étude rétrospective portant sur 29 patients ne retrouvait pas de corrélation entre l'âge ou le sexe et la réponse à la NMS. Cependant, les patients capables d'uriner au moins 50mL avaient plus de probabilité d'être améliorés par la NMS en terme de nombre d'auto-sondages ou de volume uriné spontanément [42].


Une étude rétrospective portant sur 155 patients n'a pas non plus retrouvé de corrélation entre l'âge, le sexe, l'obésité, le diabète, les douleurs chroniques ou le type de symptômes du bas appareil urinaire et le taux de réintervention [35]. Leong, dans une étude de satisfaction portant sur 207 patients, ne retrouvait pas de relation non plus entre âge des patients, type de symptômes, ni avec les évènements indésirables survenus. Dans sa cohorte, 56 % des patients avaient rapporté des évènements indésirables tels que douleur sur le trajet de stimulation, mais le taux de satisfaction était élevé à 90 % [26].


Enfin, des paramètres de stimulation élevés sont associés de façon significative à une perte d'efficacité de la NMS à long terme [37].


Limites de l'étude


Même s'il s'agit là de l'une des grosses séries monocentriques, mono-opérateur, la population reste cependant trop petite pour la recherche de facteurs prédictifs de succès ou d'échec de la neuromodulation sacrée, surtout si l'on veut attribuer des facteurs prédictifs en fonction de chacune des indications. De plus, nous n'avons pas pu obtenir des données urodynamiques ou de catalogue mictionnel pour tous les patients en postopératoire, ceci limitant l'exploitation des résultats en terme d'efficacité en fonction de ces variables, chiffrées et moins subjectives que la seule appréciation clinique par le médecin ou le patient. Par ailleurs, cette étude est rétrospective, non comparative. Plusieurs études restent donc à développer, prospectives, multicentriques voire comparatives et fonction des différentes indications thérapeutiques afin de mieux évaluer l'efficacité de la neuromodulation sacrée dans la prise en charge des troubles fonctionnels urinaires, la comparer aux autres alternatives thérapeutiques (médicamenteuses, stimulation tibiale postérieure, toxine botulique intradétrusorienne... notamment dans la prise en charge de l'hyperactivité vésicale), rechercher les facteurs prédictifs de succès ou d'échec. Il faut aussi très probablement étudier davantage son intérêt dans la prise en charge des troubles mixtes associant des symptômes d'hyperactivité vésicale et dysurie et/ou douleurs, ou celle encore peu étudiée en NMS des dyssynergies vésico-sphinctériennes [44].


Conclusion


Les avancées techniques de la neuromodulation sacrée ont permis de meilleurs résultats et une diminution des complications et notamment des migrations d'électrode, mais le taux de révision reste élevé. Nous rapportons ici des résultats confirmant l'efficacité de la neuromodulation sacrée à long terme pour la prise en charge des symptômes du bas appareil urinaire aussi variés que l'incontinence par urgenturie, les symptômes d'urgenturie/pollakiurie, la rétention d'urine, les douleurs pelviennes, ou les troubles fonctionnels urinaires mixtes associant hyperactivité vésicale et douleurs pelviennes ou dysurie, réfractaires aux traitements médicaux. Mais des études restent à faire pour améliorer la sélection des candidats idéaux à la neuromodulation sacrée, identifier les facteurs pronostics, clarifier le mécanisme d'action et réduire le taux de complications et de révisions. Enfin à titre individuel, il est important de se familiariser à l'évaluation et à la gestion des problèmes d'impédance et de définir des algorithmes pour mieux gérer les complications post-implantation et la maintenance de l'appareil.


Déclaration d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d'intérêts en relation avec cet article.




Tableau 1 - Résultats en fonction des indications parmi les 78 patients implantés.
Indication  n   Améliorés (n , (%))  Dont guéris (n , (%))  Échec (n , (%)) 
HAV  44  33 (75 %)  5 (11,3 %)  11 (25 %) 
Rétention  11  7 (63,5 %)  1 (10 %)  4 (36,5 %) 
Douleurs  12  7 (58,3 %)  2 (16,6 %)  5 (41,7 %) 
HAV et douleurs  5 (62,8 %)  3 (27,5 %) 
HAV et dysurie  3 (100 %) 





Tableau 2 - Révisions et explantation de NMS (cause et délai post-implantation) sur les 78 patients implantés.
  Révision 
Explantation 
  Électrode 
Boîtier 
Boîtier+électrode 
     
  Douleur  Perte efficacité  Déplacé  Douleur  Perte efficacité  Déchargé  Douleur  Perte efficacité  Douleur  Perte efficacité  Infection 
Jour  109  237  222  105  207  155  317  293  358  62  31 
  173  373  315  283    194  889  371  462  247  65 
  468  510  370  1019    688  1714  759  1243  364  106 
    1202  390      918    928  2070  788   
    1274  448      1202    1165  2334  1270   
      1158      1575    1294    1352   
            2186    1966       
            2194           
            2601           
            3049           





Tableau 3 - Résultats de l'efficacité de la NMS sur les symptômes d'hyperactivité vésicale dans les principales séries de la littérature.
Série  Type d'étude  Nombre patients  Âge moyen  Suivi moyen  Résultats 
Weil et al., 1998 [12   n =36
(24 IUU, 6 U/P, 6RU) 
  37,8 mois  52,8 % (19/36) toujours améliorés>50 % 
Siegel et al., 2000 [13 Prospective multicentre  n =112
(41 IUU, 29 U/P, 42 RU) 
43 (17-81)  3ans  Gp IUU : 46 % continentes, 59 % se maintiennent améliorées>50 % à 3ans
Gp U/P : 56 % améliorés à 2ans 
Janknegt et al., 2001 [14 Multicentre  n =96 IUU/HAV  22-78  12-60 mois  57 % améliorés à>50 % à 24 mois et 78 % à 78 mois (n =13) 
Amundsen et al., 2005 [15 Prospective 2000-2004  n =55 HAD  60 (29-83)  29 mois  45 % continentes 
Kessler et al., 2007 [7 Prospective multicentre
(2000-2005) 
n =91 implantés
(71 IUU, 13 RU, 7 douleurs) 
58 (47-70)  24 mois  70 % (64/91) améliorés>50 % HAV et RU 
Van Voskuilen et al., 2007 [16 Prospective monocentre  n =49
39 HAV, 10 RU, 31 suivis : 21 HAV, 10 RU 
53,5±15,4  15,5 mois±6 mois  Gp HAV : 90 % améliorés à>50 % au dernier suivi 
Foster et al., 2007 [17 Prospective monocentre  n =49 HAD  59 (55-62)  27,2 mois  83,7 % améliorés>12 mois après implantation
80 % recommenceraient 
van Kerrebroeck et al., 2007 [9 Prospective multicentre (17 centres)  n =163
152 implantés (96 IUU, 25 U/P, 31 RU) 
44,7±11,2ans  5ans  Bénéfices cliniques se maintiennent à long terme : à 5ans succès pour 68 % IUU, 56 % U/P 
Al-zahrani et al., 2011 [18 Rétrospective monocentre
(1994-2008) 
n =96
IUU (47,9 %), U/P (35,4 %), RU (16,7 %) 
54,48ans (gp IUU)  50,7 mois (12-157)  Taux de succès IUU 87,5 %, U/P 84,8 % 
Peeters et al., 2014 [19 Monocentre 1996-2010  n =217  NC  46,88 mois  Taux de succès et guérison de 70 % et 20 % pour IUU, 68 % et 33 % pour U/P 
Siegel et al., 2014 [20 Prospective multicentre randomisée  n =147
NMS vs ttt med pour HAV 
58  6 mois  61 % succès NMS vs 42 % ttt med 
Chartier-Kastler et al., 2011 [21 Prospective multicentre registre national 2003-2009  1418 patients non neuro
1170 HAD, 151 RU 
63 (51-74)  12 mois  Amélioration>50 % chez 447/527 HAD (84 %), amélioration stable jusqu'à 60 mois, satisfaction médiane 60-80 % 
Ferhi et al., 2008 [22 Monocentre 1999-2004  n =41
32 HAV, 9 RU 
53  34 mois (12-72)  Gp HAV : 72 % améliorés 
Gignoux et al., 2007 [11 Monocentre rétrospective, 1999-2005  n =79
41 implantés 
NC  20,5 mois  5/41 considérés comme guéris, 14/41 améliorés soit 19/41 (46 %) améliorés au total 
Elhilali et al., 2005 [23 Rétrospective monocentre  n =41 implantés
(22U/P, 6 IUU, 9 RU, 4 CI) 
42,4 (18-68)  13ans  10/22 U/P (45 %) améliorés
1/6 IUU (17 %) améliorés 



Légende :
IUU : incontinence urinaire par urgenturie ; U/P : urgenturie/pollakiurie ; RU : rétention d'urine ; HAD : hyperactivité détrusorienne ; CI : cystite interstitielle.



Tableau 4 - Résultats de l'efficacité de la NMS sur la rétention d'urine dans les principales séries de la littérature.
Série  Type d'étude  Nombre patients  Âge moyen  Suivi moyen  Résultats 
Shaker et al., 1998 [24 Prospective monocentre  n =20
RU non obstructive 
19,43 à 55,66ans  6 mois  Diminution RPM, épisodes infections urinaires, douleurs 
Siegel et al., 2000 [13 Prospective multicentre  n =112
41 IUU, 29 U/P, 42 RU 
43 (17-81)  3ans  Gp RU : 70 % améliorés à 1,5ans 
Aboseif et al., 2002 [25 Rétrospective multicentre (1996-2001)  n =64
44 HAV, 20 RU et parmi eux 41 douleurs 
47ans  24 mois
(6-36) 
Gp RU : 16 améliorés (80 %) 
Spinelli et al., 2005 [6 Prospective multicentre  n =127
61 IUU, 26 U/P, 50 RU, 4 douleur, 3 CI, 8 autres, 89 % implantés 
51±14ans  13,8±7,6 mois  À 6 mois, données dispo pour 20 IUU et 21RU. Pour RU : diminution nb ASI et RPM et augmentation nb mictions 
Kessler et al., 2007 [7 Prospective multicentre
(2000-2005) 
n =209
91 implantés (71 IUU, 13 RU, 7 douleurs) 
58
(47-70) 
24 mois  70 % (64/91) améliorés>50 % HAV et RU
Gp RU : diminution nb sondages (4 à 0) 
Van Voskuilen et al., 2007 [16 Prospective monocentre  n =49
39 HAV, 10 RU, 31 suivis : 21 HAV, 10 RU 
53,5±15,4  15,5±6 mois  Gp RU, diminution nb sondages/j, diminution RPM 
van Kerrebroeck et al., 2007 [9 Prospective multicentre (17 centres)  n =163
152 implantés
(96 IUU, 25 U/P, 31 RU) 
44,7±11,2  5ans  Pour RU : diminution significative RPM 379,9±183,8 à 109,2±184,3mL, et diminution nb ASI 5,3±2,8 à 1,9±2,8
Bénéfices cliniques se maintiennent à long terme : à 5ans succès pour 71 % RU 
Al-zahrani et al., 2011 [18 Monocentre rétrospective
(1994-2008) 
96 patients pour IUU (47,9 %), U/P (35,4 %), RU (16,7 %)  43,9  50,7 mois (12-157)  Taux de succès RU 73 % 
Leong et al., 2011 [26 Rétrospective courrier NMS (1990-2007)  n =275
207 questionnaires retournés traités pour 55 % IUU, 24 % RU, 20 % U/P et RU et 1 % douleurs 
48,6 (16-73)  NC  Taux de satisfaction 90 % 
Peeters et al., 2014 [19 Monocentre
(1996-2010) 
n =217 patients  NC  46,88 mois  Taux de succès et guérison de 73 % et 58 % pour RU 
Chartier-Kastler et al., 2011 [21 Prospective multicentre registre national (2003-2009)  1418 patients non neuro, 1170 HAD, 151 RU  63 (51-74)  12 mois de suivi médian  Amélioration>50 % chez 42/54 (77 %) RU, amélioration stable jusqu'à 60 mois 
Ferhi et al., 2008 [22 Rétrospective monocentre
(1999-2004) 
n =41 32 HAV, 9 RU  53  34 mois (12-72)  Gp RU : diminution nb ASI (4,77 à 0,44/j (p =0,0169))
72 % (7/9) ont retrouvé mictions spontanées 
Elhilali et al., 2005 [23 Rétrospective monocentre  n =41 implantés
(22U/P, 6 IUU, 9 RU, 4 CI) 
42,4
(18-68) 
13ans  7/9 (78 %) Gp RU améliorés 



Légende :
IUU : incontinence urinaire par urgenturie ; U/P : urgenturie/pollakiurie ; RU : rétention d'urine ; HAD : hyperactivité détrusorienne ; HAV : hyperactivité vésicale ; CI : cystite interstitielle ; RPM : résidu post-mictionnel ; ASI : autosondages intermittents.



Tableau 5 - Effets indésirables après NMS dans les différentes séries publiées de la littérature.
Série  Type d'étude  Nombre patients  Âge moyen  Suivi moyen  Évènements indésirables 
Schmidt et al., 1999 [30 Prospective multicentre randomisée  n =99
IUU par HAD
76 suivis
34 NMS vs 42 ttt med 
47 (20-79)  6 mois  15,9 % douleur site implantation, 7 % migration électrode. 32,5 % révision 
Janknegt et al., 2001 [14 n =96
IUU/HAV 
22-78  12-60 mois  11 explantations pour perte efficacité, douleur, ou troubles intestinaux 
Hohenfellner et al., 2001 [31 Prospective monocentre  n =27
SBAU neuro
15 HAD, 11 RU, 1 DVS
12 implantés 
44,9ans (18-63)  89,3 mois (13-126)  2 EI sévères (1 infection, 1 stimulation douloureuse), 3 EI modérés. 1 explanté postop immédiat 
Aboseif et al., 2002 [25 Rétrospective multicentre (1996-2001)  n =64
44 HAV, 20 RU et parmi eux 41 douleurs 
47ans  24 mois (6-36)  18,7 % complications 
Spinelli et al., 2005 [6 Prospective multicentre européenne  n =127 patients
61 IUU, 26 U/P, 50 RU, 4 douleurs, 3 CI, 8 autres, 89 % implantés 
51±14ans  13,8±7,6 mois  À 6 mois, 7 (7 %) migrations électrodes, 4 (3 %) révisions pour migration électrode 
Van Voskuilen et al., 2006 [32 Rétrospective monocentre
(1990-2003) 
n =149
107 HAV, 42 RU 
46,7 (21-72)  64,2 mois (12-154)  194 EI : 6 infections dont 1 explantation pour infection, sinon pb réglé par ttt med ou reprogrammation. 129 réinterventions. 21 explantés 
Hijaz et al., 2006 [33 Rétrospective monocentre (2002-2004)  n =161  53,5±15,4  16±8 mois (5-30)  17 (11 %) explantations : (8 infections, 9 inefficacités), 26 (16 %) révisions (17 pertes efficacité, 4 douleurs, 1 migration électrode) 
Guralnick et al., 2007 [8 Rétrospective monocentre  n =79
45 implantés 
49,3  9/79 (11 % infection : 4/26 après test, 5/45 après implant définitif). 11 % explantation pour infection 
Aboseif et al., 2007 [34 Rétrospective monocentre  n =65  53  12 mois  11 (17 %) EI : 4 problèmes cicatrices, 2 infections superficielles, 1 douleur, 1 migration électrode, 1 mauvais fonctionnement boîtier, 2 autres. 2(3 %) révisions 
Shih et al., 2013 [35 Rétrospective monocentre (1999-2011)  n =155
(142 suivis complets)
2 chirurgiens 
38,2 % (n =55) réinterventions. 21,1 % (n =30) révisions : échec appareil, stimulateur déchargé, douleur site d'implantation ou en rapport avec stimulation
>14 succès ensuite, 6 symptômes persistants, 10 explantations; 24,6 % (35/142) explantations 
Peeters et al., 2014 [19 Monocentre (1996-2010)  n =217 patients  46,88 mois  Taux de réintervention 41 % (n =88), taux de réintervention de 1,7 par patient, la plupart (47 %) à moins de 2ans 
Siegel et al., 2014 [20 Prospective multicentre randomisée  n =147
NMS vs ttt med pour HAV 
58  6 mois  30,5 % EI NMS vs 27,3 % EI ttt med 
Chartier-Kastler et al., 2011 [21 Prospective multicentre registre national (2003-20009)  1418 patients non neuro, 1170 HAD, 151 RU  63 (51-74)  12 mois de suivi médian  55 complications : 12 infections locales, 9 hématomes, 9 séromes. Chez HAD, 658 EI chez 524 patients (37 %) : perte efficacité (264 avec reparamétrage chez 128), douleur (168), infection (48), repositionnement NMS (61) ou remplacement (89), électrode (90), explantation (79=5,6 %), ttt med complémentaire (70 : antalgiques, AINS, ttt med IU) 
Gignoux et al., 2007 [11 Monocentre rétrospective
(1999-2005) 
n =79
41 implantés 
54,6  20,5 mois  3 explantations. EI chez 70 % des patients : 4 infections (dont 1 ayant nécessité explantation), douleurs chez près de la moitié des patients, 10 problèmes techniques (désactivation accidentelle, interférence avec champ magnétique), 7 (17 %) révisions (3 repositionnements électrode pour perte efficacité, 4 repositionnements boîtiers) 



Légende :
IUU : incontinence urinaire par urgenturie ; U/P : urgenturie/pollakiurie ; RU : rétention d'urine ; HAD : hyperactivité détrusorienne ; HAV : hyperactivité vésicale ; CI : cystite interstitielle ; SBAU : symptômes du bas appareil urinaire ; DVS : dyssynergie vésico-sphinctérienne ; EI : évènements indésirables.


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