Morbidité après intervention de mitrofanoff

25 novembre 2012

Auteurs : P. Lecoanet, J.-L. Lemelle, M. Schmitt, P. Eschwege, J. Hubert
Référence : Prog Urol, 2012, 13, 22, 757




 

Objectifs .– Les dérivations urinaires continentes sont considérées comme un progrès dans la prise en charge des vessies neurologiques ou malformatives. Nous présentons notre expérience sur la morbidité rencontrée après dérivation continente selon le principe de Mitrofanoff.


Méthodes .– Les dossiers de 65 patients opérés de 1993 à 2011 ont été revus. Nous avons relevé le type d’entérocystoplastie, l’existence d’une cervicoplastie, la nature du conduit pour l’auto-sondage, son mode d’implantation, l’évolution et les réinterventions. L’étiologie était une vessie neurologique dans 46 cas (70 %), le complexe extrophie/épispade dans neuf cas (14 %) et divers dans dix cas (16 %). L’âge moyen à l’intervention est de 16,4ans. Le suivi moyen est de 9,5ans (trois mois à 18ans). Une entérocystoplastie a été effectuée dans 51 cas (79 %) et une cervicoplastie dans 48 cas (72 %). La dérivation a été créée avec l’appendice dans 33 cas (53 %), un tube de Monti dans 28 cas (43 %), autre dans quatre cas (6 %).


Résultat .– Un décès est survenu par perforation vésicale. Les complications liées à l’agrandissement vésical comportent la survenue de lithiases dans 11 cas (17 %) et une perforation dans trois cas (5 %). Les complications liées au conduit comportent une nécrose du conduit un cas (1,5 %), des coudes et fausse route dans cinq cas (7 %), une incontinence du conduit dans huit cas (12 %) et une mauvaise position du conduit dans un cas (1,5 %). Ces difficultés ont été à l’origine d’abandon de conduit chez deux patients (3 %), de reprises chirurgicales chez sept patients (10 %) et d’injection endoscopique de Deflux dans le conduit chez quatre patients.


Conclusion .– Les dérivations continentes exposent à des complications qui nécessitent un suivi spécialisé à vie. Leur reconnaissance et l’amélioration des techniques pour les éviter sont de nature à en minimiser l’impact.




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