Mini néphrolithotomie percutanée et urétéroscopie souple : comparaison des résultats pour le traitement des volumineux calculs du pôle inférieur du rein

05 novembre 2020

Auteurs : S. Grisard, N. Abid, Q. Franquet, G. Fiard
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 703-704
Objectifs

La lithiase urinaire est une pathologie fréquente et récidivante dont la prévalence a triplé en quarante ans. Si l’évolution naturelle des calculs de petite taille se fait souvent vers l’expulsion spontanée, celle des plus volumineux nécessite le plus souvent un geste urologique. La miniaturisation des techniques chirurgicales a fait évoluer les pratiques avant les recommandations, conduisant à un certain nombre de situations où le choix de la technique opératoire peut être difficile L’objectif de cette étude était d’évaluer les résultats de l’urétéroscopie souple et de la mini néphrolithotomie percutanée (miniNLPC) pour le traitement des volumineux calculs du pôle inférieur du rein.

Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive bicentrique réalisée dans deux centres français de janvier 2016 à juin 2019. Tous les patients ayant un ou plusieurs calculs du pôle inférieur du rein compris entre 10 et 40mm et traités par urétéroscopie souple ou miniNLPC ont été inclus. Le critère de jugement principal était l’efficacité du traitement définie par l’absence de fragment résiduel de plus de 4mm sur une imagerie de contrôle réalisée entre 0 et 6 mois postopératoire. Les critères de jugement secondaires étaient la durée opératoire, la durée d’hospitalisation, les complications per- et postopératoires, la durée du drainage urétéral, le taux de ré-intervention pour le traitement des calculs résiduels. Les deux groupes n’étant pas parfaitement comparables, les analyses statistiques ont été réalisées en multivarié pour éviter les biais de confusion.

Résultats

Cent quinze procédures de miniNLPC et 118 procédures d’URS ont été inclues. Le taux de patients sans fragment résiduel significatif après une procédure était significativement plus élevé dans le groupe miniNLPC que dans le groupe URS (69 % vs 52 % respectivement, p <0,001). Il n’y avait pas de différence significative entre les deux groupes concernant la survenue de complication peropératoire. Le taux de complications postopératoires global était significativement plus élevé dans le groupe miniNLPC que dans le groupe URS (23 % vs 11 % respectivement, p =0,01). La durée opératoire était significativement plus longue pour le groupe miniNLPC que pour le groupe URS (105min vs 71min respectivement, p <0,001) ainsi que la durée d’hospitalisation (2,6jours vs 0,8 jour respectivement, p <0,001). La durée médiane de drainage urétéral était significativement plus courte dans le groupe miniNLPC que dans le groupe URS (2jours vs 25jours respectivement, p <0,001). Une nouvelle intervention pour traitement des fragments résiduels a été nécessaire pour 9,6 % des patients du groupe miniNLPC contre 30,5 % des patients du groupe URS (p <0,001) (Fig. 1, Tableau 1, Tableau 2).

Conclusion

La miniNLPC et l’urétéroscopie souple sont deux techniques mini-invasives efficaces pour le traitement des volumineux calculs du rein. La miniNLPC reste la technique la plus efficace aux prix d’un risque de complications plus élevé. D’après nos résultats, il s’agit de la technique de choix pour les calculs de plus de 20mm et plus de 1000 unités Hounsfield. L’urétéroscopie souple est une alternative intéressante du fait de son faible taux de complication et de sa faisabilité en ambulatoire mais implique plus souvent la nécessité d’un geste chirurgical complémentaire.




 




Fig. 1
Fig. 1. 

Analyse multivariée.





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Caractéristiques préopératoires.







Tableau 2 - Critères de jugement secondaires.









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