La surveillance post-cryothérapie des carcinomes rénaux : une affaire de spécialistes ?

25 novembre 2019

Auteurs : P. Werlé, J. Garnon, L. Leclerc, M. Morel, J. Charton, T. Tricard, H. Lang, A. Gangi
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 645
Objectifs

Cette étude vise à déterminer si le suivi des patients ayant bénéficié d’une cryothérapie rénale pouvait être confié aux radiologues non spécialisés. Ainsi nous avons évalué la sensibilité et la spécificité de la lecture d’IRM de différentes catégories de radiologues pour déterminer la récidive.

Méthodes

Nous avons réalisé une étude unicentrique de relecture d’IRM rénale après cryothérapie par 4 radiologues. Un expert (RE), un junior (RJ) exerçant dans un service pratiquant la cryothérapie rénale. Un radiologue confirmé non spécialisé (RA) en pathologie urologique. Un radiologue confirmé travaillant en secteur privé (RP).

Le nombre d’IRM était défini statistiquement préalablement : 31 étaient nécessaires, parmi celles-ci 13 (42 %) étaient pathologiques. Chaque radiologue devait déterminer la présence ou non d’une récidive, un avis d’expert ou une imagerie complémentaire pouvaient être recommandés. Leurs résultats étaient comparés à ceux de l’expert pour déterminer les scores de corrélation. Le critère de jugement principal était la sensibilité.

Résultats

La sensibilité du RJ, du RA et du RP était respectivement de 46 %, 15 % et 23 %. Il n’existait pas de différence significative entre les trois radiologues pour la détection des récidives. L’avis d’un expert était recommandé dans un cas par le RJ et le RA tandis que le RP n’y avait pas recours. Le recours à une imagerie supplémentaire de contrôle était recommandé dans respectivement dans 10 (32 %), 3 (10 %) et 4 (13 %) cas par le RJ, le RA et le RP. La concordance entre le radiologue expert et les trois autres radiologues était mauvaise respectivement : 0,19 (−0,16 à 0,53), 0,07 (−0,24 à 0,38) et 0,05 (−0,22 à 0,32) avec le RJ le RA et le RP.

Conclusion

Cette étude originale tend à démontrer que le suivi radiologique après cryothérapie rénale est un exercice difficile avec une faible sensibilité de détection des radiologues non experts.




 




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