Impact de l’ opioid free anesthesia (OFA) sur la période postopératoire après néphrectomie partielle robot-assistée

25 novembre 2019

Auteurs : A. Gasmi, Z. Khene, B. Peyronnet, B. Pradere, L. Freton, V. Grafeille, G. Verhoest, N. Rioux-Leclerc, R. Mathieu, K. Bensalah
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 731
Objectifs

La réhabilitation précoce consiste à proposer aux patients tous les moyens qui permettent de limiter les effets indésirables d’une procédure chirurgicale. L’opioid free anesthesia (OFA) est une nouvelle approche anesthésique qui consiste à ne pas utiliser en peropératoire de dérivés morphinique. L’objectif de notre travail était d’évaluer l’impact d’une OFA sur le devenir postopératoire des patients après une néphrectomie partielle robotique.

Méthodes

Les patients opérés pour une tumeur rénale par NPRA dans un centre universitaire référent entre janvier 2016 et novembre 2017 ont été inclus dans cette étude. Les patients ont été divisés en deux groupes selon le type d’anesthésie : anesthésie générale classique (AGC) et une anesthésie sans morphinique (OFA). Nous avons recueilli les scores de douleurs à j1 et j2, la consommation morphinique postopératoire, la durée de séjour ainsi que l’incidence postopératoire de nausées et de vomissements. Les résultats sont exprimés en moyenne±écart-type. Les données ont été comparées en utilisant le t test de Student et du Chi2. Une valeur de p <0,05 a été considérée comme significative.

Résultats

Quatre-vingt-treize patients ont été inclus. Vingt-six procédures ont été réalisées sous OFA (dexmedetomidine, lidocaïne, kétamine et dexaméthasone) et 67 procédures sous AGC (sufentanil ou remifentanil, dexaméthasone, kétamine et lidocaïne). L’incidence des nausées et vomissements était statistiquement moins fréquente dans le groupe OFA (12 % vs 37 %, p =0,02). La consommation morphinique postopératoire était moins élevée dans le groupe OFA : 1,5±2,7mg vs 4,5±7,7mg à j1 et 0,4±1,1mg vs 1,5±3,2mg à j2, cependant ce résultat n’était pas statiquement significatif (p =0,09 et p =0,11 ; respectivement). La douleur postopératoire était moins intense dans le groupe OFA : 4,3±2mm vs 4,5±2,2mm (p =0,69) à j1 et de 2,4±2,2mm vs 3,3±2,2mm à j2 (p =0,05). La durée de séjour était plus courte dans le groupe OFA (2,1±2,6jours vs 3,4±2,6jours, p <0,0001).

Conclusion

Par rapport à une technique d’anesthésie conventionnelle, l’OFA offre une morbidité postopératoire moindre et peut permettre une récupération plus précoce après NPRA.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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