Faut-il passer au prélèvement de 20 carottes lors d'une première biopsie prostatique ?

25 avril 2008

Auteurs : J. Irani
Référence : Prog Urol, 2008, 4, 18, 251-252




 




Contexte


Les auteurs ont comparé les performances diagnostiques de la biopsie prostatique dans deux groupes de patients consécutifs ayant eu dix et 20 carottes prélevées.


Conclusions


Le pourcentage de biopsies positives était de 39,7 % dans le groupe « 10 carottes » et de 51,7 % dans le groupe « 20 carottes ». L’analyse multivariée a confirmé que le nombre de carottes prélevées était un facteur significativement associé au diagnostic de cancer et ce de façon indépendante, en particulier du chiffre de PSA. Cependant l’analyse de sous-groupe montre que le groupe « 20 carottes » avait des performances diagnostiques particulièrement supérieures dans la tranche de 3 à 6ng/ml.


L’image


L’image montre les sites de ponction biopsique dans le protocole « 20 carottes ».


Commentaires


Au cours de ces dernières années, le nombre de carottes prélevées par biopsie s’est accru à la suite d’études montrant une association entre le nombre de carottes et le taux de détection [1]. Mais dans un deuxième temps, une autre vague d’études a souligné l’existence d’un plafond au-delà duquel le gain diagnostique n’est plus significatif [2]. Si l’importance des carottes périphériques est maintenant bien établi, le nombre de carottes prélevées qui présente le meilleur ratio (performance diagnostique/coût–complications–tolérance) ne fait pas encore l’unanimité. Les recommandations de la plupart des sociétés savantes fixent ce chiffre entre huit et 12 mais les preuves sous-jacentes sont ténues. La présente étude de Ravery et al. ouvre à nouveau ce débat important. Important dans la mesure où la biopsie prostatique est un geste de routine pour les urologues qui souhaitent optimiser ce geste de façon à avoir les performances diagnostiques maximales tout en limitant les complications, les désagréments pour le patient, les coûts inutiles mais également les biopsies à répétition et le diagnostic de tumeurs indolentes.

Les auteurs nous proposent dans cette étude un protocole intéressant qu’il conviendrait de confirmer par une étude randomisée. Un faisceau d’arguments nous invite également à évaluer l’ajustement du nombre de carottes prélevées à des variables établies, telles que le volume prostatique et l’âge, et d’autres en cours d’évaluation, telles que le ciblage à l’aide de l’IRM dynamique et autres imageries.



 Commentaire de l’article : Ravery V, Dominique S, Panhard X, Toublanc M, Boccon-Gibod Li, Boccon-Gibod La. The 20-core prostate biopsy protocol: A new gold standard? J Urol. 2008; 179:504-7.




Références



Scattoni V., Zlotta A., Montironi R., Schulman C., Rigatti P., Montorsi F. Extended and saturation prostatic biopsy in the diagnosis and characterisation of prostate cancer: a critical analysis of the literature Eur Urol 2007 ;  52 : 1309-1322 [cross-ref]
Jones J.S. Saturation biopsy for detecting and characterizing prostate cancer BJU Int 2007 ;  99 : 1340-1344J Urol 2008;179:504–507.
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