Facteurs pronostiques de survie des patients ayant des marges chirurgicales positives après cystectomie radicale pour tumeur de vessie

25 novembre 2012

Auteurs : E. Xylinas, M. Rink, V. Margulis, Y. Lotan, M. Zerbib, S. Shariat
Référence : Prog Urol, 2012, 13, 22, 761-762




 



Objectifs.– La présence de marges chirurgicales positives sur la pièce de cystectomie radicale est rare mais souvent corrélée à une issue fatale. Cependant, alors que la plupart de ces patients récidivent rapidement, un certain nombre ont un contrôle carcinologique à long terme. Le but de notre étude était de décrire le devenir des patients ayant des marges chirurgicales positives après cystectomie radicale et d’identifier des facteurs pronostiques de survie chez ces patients. Enfin, nous avons évalué l’impact de la localisation et de la multifocalité des marges sur la survie.


Méthodes.– Nous avons rétrospectivement collecté les données de 4335 patients traités par cystectomie radicale et lymphadénectomie dans 11 centres entre 1981 et 2008. La présence de marges chirurgicales positives était définie comme la présence de tumeur sur la limite de l’encre sur la pièce opératoire. Une analyse uni et multivariée a été réalisée afin d’établir les facteurs pronostiques de survie sans récidive et survie spécifique.


Résultat.– Deux cent trente et un patients (5 %) avaient des marges chirurgicales positives sur la pièce de cystectomie. La survie sans récidive était à deux et cinq ans de 26 %±3 % et 21 %±3 %, respectivement. La survie spécifique était à deux et cinq ans de 33 %±3 % et 25 %±4 %, respectivement. L’indice de masse corporel (p =0,050), le stade tumoral pT (p =0,017), la présence de grade 3 (p =0,046), la présence d’invasion lymphovasculaire (p =0,003) et l’envahissement ganglionnaire (p =0,003) étaient des facteurs pronostiques indépendants de récidive tumorale. De plus, le stade tumoral pT (p =0,015), la présence d’invasion lymphovasculaire (p =0,006) et l’envahissement ganglionnaire (p =0,006) étaient des facteurs pronostiques indépendants de mortalité spécifique. La localisation et la multifocalité des marges chirurgicales n’avaient pas d’impact sur les survies.


Conclusion.– Alors que la plupart des patients présentant des marges chirurgicales positives sur la pièce de cystectomie ont une survie diminuée, plus de 20 % ont un contrôle carcinologique durable. Les caractéristiques anatomopathologiques associés avec la récidive tumorale, dans la population générale, après cystectomie sont aussi utilisables dans ce sous-groupe aux marges chirurgicales positives.






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Publié par Elsevier Masson SAS.