Évaluation prospective de la graisse toxique péri-rénale au cours des néphrectomies partielles – rôle prédictif des caractéristiques clinico-radiologiques sur les résultats postopératoires et analyse histologique

25 novembre 2015

Auteurs : C. Dariane, C. Badoual, J. Tordjman, K. Clément, T. Le Guilchet, S. Hurel, M. Pietak, A. Méjean, M. Timsit
Référence : Prog Urol, 2015, 13, 25, 743-744
Objectifs

La difficulté d’une néphrectomie partielle (NP) peut être anticipée grâce aux scores rénaux morphométriques mais ceux-ci ne considèrent pas les facteurs propres au patient comme l’obésité ou la graisse péri-rénale. Notre étude avait pour objectif d’évaluer prospectivement les facteurs prédictifs de « graisse toxique » et son impact sur la survenue de complications. L’objectif secondaire évaluait la réalité histologique de cette « toxicité » adipeuse.

Méthodes

Cinquante patients consécutifs opérés de NP par lombotomie ou cœlioscopie robot-assistée étaient analysés prospectivement de novembre 2014 à mars 2015 (Tableau 1). Le score radiologique de probabilité d’adhérence de la Mayo Clinic (MAP score) était utilisé pour mesurer l’épaisseur postérieure de graisse péri-rénale et pour évaluer sa validité externe. En per-opératoire, le chirurgien évaluait la graisse selon un score de 0 à 3, la graisse adhérente étant définie par un score ≥ 2 (Fig. 1). La graisse était analysée sur le plan histologique avec évaluation de la fibrose (coloration HES et rouge picrosirius) (Fig. 2) et de l’infiltrat inflammatoire en macrophages (anticorps anti-CD68 en immunohistochimie).

Résultats

La graisse adhérente péri-rénale était présente chez 18 patients (36 %), sans impact sur le choix de la voie d’abord (31,3 vs 38,9 % de voie robotique, sans conversion chirurgicale). Elle était associée à un temps opératoire plus long (169min vs 146min, p = 0,036) et une augmentation des pertes sanguines (469mL vs 179mL, p =0,014). La durée de clampage, les marges, le taux de transfusion et le score de complications de Clavien-Dindo n’étaient cependant pas différents (Tableau 1). En analyse multivariée, seuls le sexe masculin (p =0,044), l’âge (p =0,014) et le MAP score (p =0,00057) étaient des facteurs prédictifs significatifs de présence de graisse adhérente. En histologie, il existait une fibrose supérieure à ce qui est retrouvé dans le tissu adipeux sous-cutané des patients obèses morbides, mais sans infiltrat macrophagique.

Conclusion

La graisse adhérente péri-rénale peut être évaluée en pré-opératoire par les données radio-cliniques prédictives comme le MAP score, l’âge et le sexe masculin. Elle est associée à une augmentation du temps opératoire et des pertes sanguines sans retentissement sur le taux de complications. L’analyse histologique de la graisse rénale dite « toxique » démontre une fibrose significative sans infiltrat inflammatoire.




 




Fig. 1
Fig. 1. 




Fig. 2
Fig. 2. 





Déclaration d'intérêts


Les auteurs n'ont pas transmis de déclaration de conflits d'intérêts.




Tableau 1 -









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Publié par Elsevier Masson SAS.