Évaluation multi-institutionnelle de la chirurgie ambulatoire pour la prostatectomie radicale assistée par robot

05 novembre 2020

Auteurs : G. Ploussard, O. Dumonceau, L. Thomas, D. Benamran, J. Parra, C. Vaessen, O. Skowron, M. Roupret, F. Leclers
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 731
Objectifs

Évaluer la faisabilité de l’ambulatoire pour la prostatectomie radicale assistée par robot (RARP) en France, en multi-institutionnel.

Méthodes

Nous avons inclus 358 patients subissant une RARP en ambulatoire dans 6 centres français. Les principaux critères de jugement étaient l’échec de l’ambulatoire, les complications à 30jours et les taux de réadmission. Les critères de jugement secondaires comprenaient les caractéristiques préopératoires, les paramètres périopératoires, le score de Chung et l’échelle visuelle analogique de la douleur (EVA) à la sortie, les caractéristiques pathologiques, le suivi.

Résultats

L’âge moyen des patients était de 64,7 ans. Le temps opératoire moyen et la perte de sang étaient de 147,5minutes et 228mL. Une dissection ganglionnaire concomitante et une préservation nerveuse ont été réalisées dans 43 % et 62 % des cas. Aucun patient n’a nécessité de transfusion ou de conversion. Les taux d’échec de l’ambulatoire, de complication et de réadmission étaient respectivement de 4,2 %, 16,8 % et 2,8 %. Les complications les plus fréquentes étaient des complications de bas grade, notamment une infection urinaire (6,4 %) et un iléus (2,8 %). La perte de sang, la dissection des ganglions lymphatiques et la douleur VAS étaient significativement corrélées à l’échec de l’ambulatoire. Un échec de l’ambulatoire a été rapporté chez 7,8 % des patients présentant une dissection des ganglions lymphatiques pelviens, contre seulement 1,5 % des patients n’ayant pas subi de dissection des ganglions lymphatiques (p =0,003). Le score ASA était le seul facteur significativement associé aux complications postopératoires (p =0,023). Le seul facteur corrélé à la réadmission était la douleur EVA à la sortie (p =0,017).

Conclusion

Cette première évaluation multi-institutionnelle confirme la sécurité de l’ambulatoire dans le système de santé français et identifie pour la première fois les facteurs associés à l’échec et à la réadmission après ambulatoire. Ces résultats peuvent aider le médecin à anticiper les candidats idéaux et à adapter le suivi postopératoire.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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