Évaluation des pratiques médicales en oncologie dans le contexte de la pandémie de COVID-19 en France

05 novembre 2020

Auteurs : L. Brureau, A. Cessot, L. Boudin, E. Romeo, C. Prieux, D. Ghebriou, A. Schernberg, N. Grellier, C. Joly, O. Bauduceau, C. Thibault, E. Mamou, G. Raynal, S. Serey Eiffel, H. Le Floch, D. Ricard, C. Helissey
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 697-698
Objectifs

Depuis décembre 2019, nous devons faire face à la pandémie mondiale du COVID-19. Cela a entraîné une adaptation des soins, notamment pour les patients atteints d’un cancer urologique. L’étude PRATICOVID vise à décrire la modification de la prise en charge médicale et chirurgicale des patients pour cette population, selon les recommandations dans ce contexte de pandémie, au sein de nos hôpitaux fortement mobilisés.

Méthodes

Nous avons analysé les données de 9 institutions différentes : 3 hôpitaux militaires, 4 hôpitaux universitaires, 2 hôpitaux privés. Nous avons considéré les patients suivis par les oncologues, chirurgiens et radiothérapeutes. Au total, 435 patients ont été inclus entre le 9 mars et le 30 avril 2020 dans l’étude PRATICOVID. Parmi eux 178 patients présentaient un cancer urologique. Le critère d’évaluation principal était d’évaluer la prévalence des soins adaptés aux patients pendant la pandémie. Les critères d’évaluation secondaires étaient de décrire le point de vue des cliniciens et des patients pendant et après la pandémie.

Résultats

Cent quarante-cinq patients avec un cancer urologique ont été retenus pour l’analyse finale. L’âge médian était de 71 ans (24–97), dont 90,3 % étaient des hommes. Parmi les patients, 62 (42,8 %) étaient nouvellement diagnostiqués et seuls 10 étaient inclus dans un essai clinique. En raison de la pandémie de COVID19, 46,2 % des patients ambulatoires avaient modifié les soins aux patients. Le cancer de la prostate représentait 50,7 % des cancers urologiques avec une modification de prise en charge. La chirurgie ne concernait que 11 % des patients inclus contre 56,6 % pour les traitements systémiques. Parmi les patients, 31,7 % ont bénéficiés exclusivement d’une téléconsultation. Parmi les médecins, 67 % étaient détendus et 57 % des patients se sont dits détendus ou peu inquiets par rapport à la pandémie. Parmi les patients, 71 % sont inquiets pour l’évolution de leur maladie.

Conclusion

L’étude PRATICOVID est la première à évaluer la modification des soins lors d’une épidémie des patients cancéreux. Le suivi à long terme de ces patients est nécessaire pour mesurer l’impact en termes de survie globale, spécifique et sans progression.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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