Étude qualitative de la continence urinaire après prostatectomie radicale laparoscopique

25 novembre 2012

Auteurs : A. Erauso, M.-A. Perrouin-Verbe, G. Papin, A. Volant, L. Doucet, V. Joulin, C. Deruelle, B. Rousseau, A. Valeri, G. Fournier
Référence : Prog Urol, 2012, 15, 22, 945-953




 




Introduction


Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme dans les pays européens [1]. En 2010, 71 577 nouveaux cas de cancer de prostate ont été diagnostiqués en France [2]. L’incontinence urinaire est une complication fonctionnelle fréquente au cours des premiers mois après prostatectomie [3, 4]. Son incidence rapportée dans la littérature varie de 0,3 % à 65 % selon les séries [5]. La survenue d’une incontinence urinaire postopératoire est une complication redoutée des patients candidats à une prostatectomie radicale [6, 7].


L’objectif principal de ce travail était de rapporter les résultats sur la continence urinaire au cours de la première année après prostatectomie radicale laparoscopique (PRL). Outre le critère utilisé le plus souvent dans la littérature (absence de protection), nous avons utilisé, pour exprimer les résultats, également le taux de patients récupérant une continence urinaire identique à la période préopératoire. Ce dernier critère, plus stringent et rarement rapporté dans la littérature, prend en compte également les formes mineures d’incontinence. L’objectif secondaire était de déterminer les facteurs de risque d’incontinence urinaire après prostatectomie radicale.


Patients et méthodes


Entre mai 2006 et mai 2009, 300 PRL transpéritonéales ont été réalisées par un seul opérateur et de manière consécutive. Les patients étaient porteurs d’un cancer de prostate localisé. Les données pré-, per- et postopératoires ont été collectées de manière prospective. La continence urinaire était évaluée grâce à un autoquestionnaire anonyme dérivé du questionnaire validé ICS-male [8, 9] (Appendix A). Les questionnaires étaient distribués de manière prospective aux patients en préopératoire puis à trois, six et 12 mois postopératoires. Il était demandé au patient de remplir les questionnaires à leur domicile quelques jours avant la consultation et de les remettre ensuite au praticien. Les données recueillies étaient transmises à une tierce personne, attachée de recherche clinique qui ne connaissait pas les données préopératoires des patients.


Notre technique chirurgicale suit les étapes de la technique de Montsouris modifiée [10] avec abord transpéritonéal, sans abord premier du cul-de-sac de Douglas, avec une dissection antégrade de la prostate.


Afin d’étudier la continence urinaire globale, nous avons défini le score ICS total (ICS tot) en additionnant les réponses aux questions 1, 2, 3, 4, 5 jour et 5 nuit de l’autoquestionnaire. L’intérêt du calcul de ce score était de définir une continence urinaire optimale quand l’ICS total était égal à 0 (ICS tot=0). Les patients ayant un ICS total à 0 déclaraient n’avoir jamais aucune fuites urinaires quelles que soient les circonstances. Afin de ne considérer que les patients totalement continents en préopératoire, nous n’avons pris en compte, pour notre étude, que le sous-groupe de 264 patients (88 %) chez qui le score ICS tot était égal à 0 en préopératoire. Les données pré- et peropératoires de ces 264 patients sont retranscrites dans le Tableau 1.


Le questionnaire utilisé dans notre étude permettait d’exprimer la continence urinaire postopératoire selon plusieurs définitions : l’absence de port de protection, le port de maximum une protection dans la journée (réponse 0 ou 1 à la question 5 du questionnaire), le retour à une continence urinaire identique à l’état préopératoire (ICS tot=0).


Les moyennes ont été comparées en utilisant un test de Student, les fréquences en utilisant un test de Chi2, en considérant que les échantillons suivaient une loi normale. Le risque de première espèce alpha était fixé à 0,05. Les études multivariées ont été réalisées en utilisant le logiciel SAS 9.3 software, SAS Institute Inc., Cary, NC, États-Unis.


Résultats


Continence urinaire


En préopératoire, 36 patients (12 %) avaient un score ICS total supérieur à 0 (23 patients avaient un score ICS total préopératoire à 1, sept patients à 2, cinq patients à 3, un patient à 4). Les données pré-, per- et postopératoires de ces 36 patients ont été comparées à celles des 264 patients étudiés. Il n’y avait pas de différence significative entre ces deux populations.


Dans cette étude nous n’avons considéré que les 264 patients (88 %) qui avaient un score ICS tot=0 en préopératoire. Les réponses aux questionnaires au cours de la première année postopératoire sont rapportées dans le Tableau 2 et la Figure 1.


Figure 1
Figure 1. 

Répartition des réponses à l’autoquestionnaire avant prostatectomie radicale laparoscopique (PRL) puis à trois, six et 12 mois postopératoires.




Trois, six et 12 mois après prostatectomie radicale, 12,45 %, 23,04 % et 33,67 % des patients avaient une continence urinaire identique (ICS tot=0) à la période préopératoire. Nos taux de patients ne portant pas de protections étaient de 54 %, 72,35 % et 78,40 % à trois, six et 12 mois après prostatectomie radicale. À 12 mois postopératoires, les fuites urinaires survenaient le plus souvent aux efforts de toux et d’éternuement, ou spontanément sans en ressentir le besoin (48,7 % des patients n’avaient jamais de fuites urinaires à l’effort, 48 % des patients avaient rarement ou parfois de fuites urinaires à l’effort, 47,2 % des patients n’avaient jamais de fuites urinaires spontanées et 49,9 % en avaient rarement ou parfois). En revanche, 78 % des patients n’avaient jamais de fuites urinaires la nuit.


Nous avons utilisé la classification de l’ICS [11] pour caractériser les patients qui portaient des protections (Tableau 3).


Afin de juger de l’influence des différents critères habituellement utilisés dans la littérature pour évaluer la continence (absence de protection, 0 à 1 protection par jour ou continence sociale), nous les avons appliqués à notre série. Selon le caractère plus ou moins exigeant du critère utilisé, la continence à un an variait de 33,7 % à 97,5 % (Tableau 4).


Nous avons étudié la continence globale (ICS tot) des patients ne portant pas de protection à trois, six et 12 mois postopératoires. Cela permettait de juger de la fréquence des fuites mineures et/ou occasionnelles qui ne nécessitaient pas de protections (Tableau 5). Vingt-trois pour cent, 32 % et 43 % des patients ne portant pas de protection à trois, six et 12 mois postopératoires avaient réellement récupéré une continence urinaire totale (ICS tot=0) identique au statut préopératoire. Ainsi, à 12 mois postopératoires, 78,4 % des patients étaient sans protections mais parmi eux 57 % avaient une forme d’incontinence urinaire.


Dans cette population de patients sans protection mais avec des fuites mineures et/ou occasionnelles, le questionnaire à trois, six et 12 mois permettait de retrouver que la majorité (63 à 67 %) avaient rarement des fuites à la toux ou rarement des fuites spontanées (50 à 55 %). En revanche, ils n’avaient pas le plus souvent (68 à 76 %) de fuites urinaires la nuit. Seulement 40 % d’entre eux avaient un ICS tot supérieur ou égal à 3 (Tableau 6).


Facteurs de risque d’incontinence urinaire postopératoire


Des études univariées ont été réalisées afin d’étudier l’influence de certains facteurs pré-, per-, ou postopératoire sur la continence urinaire après PRL à l’aide d’un test de Chi2. L’influence était jugée statistiquement significative si la valeur de p était inférieure à 0,05. Seul deux facteurs (l’âge60ans versus>60ans et l’absence de conservation des bandelettes neurovasculaires [BNV=0] versus conservation uni- ou bilatérale des BNV [BNV=1 ou 2]) avaient une influence statistiquement significative sur la continence urinaire postopératoire. Les résultats des ces études univariées portant sur les 264 patients ayant un ICS total préopératoire à 0 sont retranscrits dans le Tableau 7.


Les autres facteurs testés n’avaient pas d’influence statistiquement significative. Ces autres facteurs étaient l’indice de masse corporelle (IMC) inférieur à 25kg/m2 vs supérieur ou égal à 25kg/m2, le stade clinique T1 vs T2, le stade pathologique pT1 vs pT2, la technique d’anastomose urétrovésicale en point séparés vs points séparés et queue de raquette, réalisation d’un curage vs pas de curage, score de Gleason inférieur ou égal à 6 sur les biopsies prostatiques vs supérieur à 6, marges chirurgicales négatives vs positives sur l’examen anatomopathologique définitif, poids de la prostate inférieur à 40g vs supérieur ou égal à 40g, les 100 premiers patients opérés vs les 100 derniers.


Afin de juger de l’indépendance des facteurs de risque d’incontinence urinaire postopératoire, nous avons réalisé des études multivariées portant sur les facteurs statistiquement significatifs en analyse univariée (Tableau 8). Seul le critère d’âge était un facteur pronostique indépendant.


Discussion


L’incontinence urinaire est une complication redoutée des patients candidats à la prostatectomie radicale. Une information précise et compréhensible est souhaitable afin de guider le choix thérapeutique dans les cas où plusieurs modalités de traitement sont possibles. L’objet de notre étude était de rapporter de façon prospective l’évolution de la continence urinaire au cours de la première année après prostatectomie laparoscopique et de rechercher des facteurs de risque, afin de documenter les résultats de façon compréhensible aux patients avant l’intervention. De nombreuses études ont été publiées sur ce sujet que ce soit pour la prostatectomie ouverte, laparoscopique ou robot assistée avec des résultats très variables de 63,6 % à 91,9 % de patients continents [12, 13, 14]. La diversité des méthodes d’évaluation rend la comparaison difficile entre les centres. En effet, les critères de jugement sont très hétérogènes selon la définition et le mode de recueil des données. Il a été montré que le recueil par autoquestionnaire, que nous avons choisi, était une méthode d’évaluation plus fiable et plus objective que l’évaluation par le praticien [15]. L’autoquestionnaire utilisé dans notre étude était dérivé du questionnaire validé ICS-male [8, 9]. Nous avions choisi ce questionnaire afin de pouvoir comparer nos résultats à ceux d’autres équipes chirurgicales utilisant le même questionnaire [16, 17, 18], même s’il ne s’agit pas d’un questionnaire dédié strictement à l’étude de la continence après prostatectomie.


Du point de vue de la technique chirurgicale, il s’agit d’une série homogène car monocentrique et mono-opérateur avec inclusion de patients consécutifs et prospective. Nous n’avons pas utilisé d’artifices techniques tels que la suspension urétrale [19, 20] ou le renfort postérieur rétro-anastomotique [21].


Dans notre série, au cours de la première année postopératoire, la récupération de la continence urinaire était progressive passant de 54 % de patients sans protection à trois mois à 78,4 % à un an. Ce résultat pouvait être considéré comme l’état définitif même si quelques séries ont rapporté une possible amélioration au-delà de un an, mais généralement inférieure à 10 % [22]. Nos résultats étaient en accord avec la littérature [14, 16, 17, 18, 23] en considérant les séries qui rapportaient cette donnée par autoquestionnaire. Par ailleurs, notre étude montrait également que l’expression des résultats sur la continence était très variable selon le critère utilisé, passant de 33 % (retour à l’état préopératoire) à 97 % (continence sociale inférieure ou égale à une protection par jour) de patients continents un an après prostatectomie selon le caractère exigeant ou non de la définition appliqué à la même population de patients. Ce biais dont l’importance est établie est confirmé ici [24].


Concernant l’incontinence modérée ou grave, notre étude montrait qu’à trois, six ou 12 mois après prostatectomie, l’incontinence urinaire modérée ou grave (plus de trois protections par jour [11]) restait rare avec respectivement 9 %, 3,2 % et 1,5 % des patients opérés. Ces chiffres étaient également comparables à ceux de la littérature qui considère que l’incontinence urinaire sévère concerne en moyenne 2 % des patients un an après prostatectomie [12]. Par ailleurs, parmi les patients porteurs de protections à un an postopératoire, 88 % ne portaient qu’une protection par jour.


Notre étude portait également sur l’analyse détaillée des résultats rapportés grâce au questionnaire qui permettait de juger du retour ou non à l’état préopératoire (ICS tot à 0) et des circonstances de survenue de l’incontinence urinaire. Si l’on considérait comme critère de résultat le retour à l’état préopératoire, force est de constater que nos résultats étaient très inférieurs aux résultats obtenus en utilisant le critère classique de l’absence de protections, avec seulement 12,4 %, 23 % et 33,7 % de patients retrouvant la continence préopératoire à trois, six et 12 mois après prostatectomie. Ce faible pourcentage devait être tempéré par le caractère très exigeant de ce critère. En effet, à titre d’exemple, en incluant les patients ayant un score ICS total à 1, c’est-à-dire qui avaient répondu avoir rarement des fuites urinaires à une seule des trois premières questions, le pourcentage des patients continents passait de 33,7 à 48 % un an après prostatectomie.


Notre étude montrait également que parmi les patients sans protections à un an, seulement 43 % avaient une continence urinaire identique à l’état préopératoire. Ces patients décrivaient de rares fuites urinaires à la toux dans 63 à 67 % des cas et de rares fuites spontanées sans en ressentir le besoin dans 50 à 55 % des cas, ce qui témoignait du caractère minimal et/ou occasionnel de l’incontinence. En revanche, ils ne ressentaient jamais de fuites urinaires la nuit dans 68 à 76 % des cas. Dans la littérature, la qualité de la continence est rarement rapportée. Seule l’étude de Rodriguez et al. [25] rapportait 76 % de patients sans protection à trois mois, parmi lesquels 69 % (74/106) rapportaient des fuites urinaires occasionnelles.


Nous n’avons pas étudié la qualité de vie des patients sans protection mais avec des fuites minimes et/ou occasionnelles. Une publication récente de Buckley et al. [26] faisait état d’une altération de la qualité de vie quel que soit le degré d’incontinence un an après prostatectomie, en particulier chez les hommes de la soixantaine.


Concernant les facteurs de risque, l’âge supérieur à 60ans était le seul facteur prédictif indépendant dans notre étude. En effet, pour les patients de moins de 60ans, les odds ratio concernant la continence urinaire étaient à 1,94 à trois mois, 2,42 à six mois et 2,72 à 12 mois postopératoires. L’âge des patients au moment de la chirurgie était considéré également par de nombreux auteurs comme un facteur de risque d’incontinence urinaire après prostatectomie avec un risque majoré après 70ans pour certains auteurs [22, 27] et après 65ans pour d’autres [28]. Simonin et al. [13] estimaient que l’influence de l’âge pouvait être expliqué par une diminution de la tonicité musculaire, le déficit androgénique, l’augmentation du rapport masse grasse–masse maigre, le contexte de sédentarisation et de perte d’autonomie. Les autres paramètres prédictifs rapportés de façon controversée dans la littérature tels que l’indice de masse corporelle, la conservation des pédicules neurovasculaires ou le volume prostatique n’étaient pas retrouvés dans notre étude [29]. Ces résultats nous paraissaient intéressants car ils permettaient de délivrer une information plus précise au patient sur la qualité réelle de la continence après prostatectomie, en particulier dans la tranche d’âge des patients qui est de 62ans en moyenne et asymptomatiques car porteurs d’un cancer de la prostate découvert à l’occasion du dépistage.


Notre étude avait des biais possibles. Il était important de considérer le nombre de patients perdus de vue pour juger de la validité des résultats. Dans notre étude, les taux de patients perdus de vue pour le questionnaire étaient de 12 %, 18 % et 25 % à trois, six et 12 mois respectivement ce qui est moindre que dans les séries de la littérature lorsque le critère est rapporté [30]. L’absence de pad test ne nous permettait pas d’avoir un critère objectif pour quantifier l’importance des fuites d’urine. Cependant, si l’on se plaçait du point de vue de l’information donnée au patient, il était raisonnable de penser que le mode d’évaluation par les patients eux-même était pertinent. Concernant la population de patients étudiés, il pouvait être discuté également l’exclusion de 12 % des patients opérés du fait d’un ICS tot qui n’était pas à 0 en préopératoire. Les résultats de notre étude permettaient cependant d’être appliqués chez 88 % des patients candidats à la prostatectomie. Enfin, nous n’avons pas utilisé systématiquement de protocole de rééducation pelvipérinéale préopératoire, qui pourrait améliorer les résultats pour certains auteurs [31].


Conclusion


Après PRL, le taux de patients continents était respectivement de 54 %, 72 % et 78,3 % à trois, six et 12 mois postopératoires, en utilisant le critère de l’absence de protections, le plus souvent rapporté dans la littérature. Si l’on considère le retour à la continence totale, identique à l’état préopératoire, les résultats n’étaient que de 12,5 %, 23 % et 33,7 % démontrant qu’une forme d’incontinence, le plus souvent mineure et/ou occasionnelle, était fréquente et que le critère de l’absence de protections ne signifiait retour à l’état préopératoire que chez 43 % d’entre eux. En revanche, le taux d’incontinence urinaire considérée comme sévère était inférieur à 2 % à 12 mois postopératoires. L’âge supérieur à 60ans représentait un facteur de risque. Il reste une place pour l’amélioration des techniques chirurgicales afin de raccourcir la durée de récupération de la continence et réduire la fréquence de l’incontinence urinaire majoritairement minime et/ou occasionnelle.


Déclaration d’intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts en relation avec cet article.



Appendix A. [{(Annexe 1)}]


Le matériel complémentaire accompagnant la version en ligne de cet article est disponible sur www.sciencedirect.com/ et http://dx.doi.org/10.1016/j.purol.2012.07.005.



Appendix B. [{(Annexe 1)}]


(70 Ko)
  



 Niveau de preuve : 3.
 Cette étude a fait l’objet d’un financement par PHRC 2004-R08.06.





Tableau 1 - Descriptif des 264 patients opérés par prostatectomie radicale laparoscopique (PRL) transpéritonéale.
Âge moyen  62 ans±6,34 (41–77, médiane=62) 
Taux moyen de PSA  7,53±5,72ng/mL (1,38–66,4, médiane=6) 
Score de Gleason moyen sur biopsies  6,24±0,59 (4–8, médiane=6) 
cT1  186 (70 %) 
cT2  77 (29 %) 
pT0  2 (0,6 %) 
pT2  171 (65 %) 
pT3  91 (35 %) 
Curage ilio-obturateur  176 (66 %) 
Conservation uni- ou bilatérales des BNV  197 (75 %) 
Marges chirurgicales positives  45 (17 %), 10 % pour les pT2, 29 % pour les pT3 





Tableau 2 - Détail des réponses des 264 patients à l’autoquestionnaire.
Question  Score ICS  Réponse  3 mois (233 pts)  6 mois (217 pts)  12 mois (199 pts) 
1 : Avez-vous des fuites d’urine lorsque vous toussez ou éternuez ?  Jamais  54 (23,18 %)  78 (36,11 %)  97 (48,74 %) 
  Rarement  91 (39,22 %)  96 (44,44 %)  81 (40,7 %) 
  Parfois  52 (22,41 %)  29 (13,43 %)  16 (8,04 %) 
  Souvent  31 (13,36 %)  9 (4,17 %)  5 (2,51 %) 
  Tout le temps  5 (2,16 %)  4 (1,85 %) 
 
2 : Avez-vous des fuites d’urines spontanées sans en ressentir le besoin ?           
  Jamais  64 (27,46 %)  89 (41,01 %)  94 (47,24 %) 
  Rarement  71 (30,47 %)  76 (35,02 %)  63 (31,7 %) 
  Parfois  58 (24,9 %)  38 (17,51 %)  36 (18,16 %) 
  Souvent  40 (17,16 %)  13 (6 %)  6 (3 %) 
  Tout le temps  8 (3,4 %)  1 (0,46 %) 
 
3 : Avez-vous des fuites d’urine la nuit ?           
  Jamais  147 (63,1 %)  166 (76,49 %)  156 (78,39 %) 
  Rarement  62 (26,7 %)  39 (17,97 %)  36 (18,18 %) 
  Parfois  15 (6,44 %)  9 (4,14 %)  6 (3,03 %) 
  Souvent  6 (2,57 %)  3 (1,38 %)  1 (0,5 %) 
  Tout le temps  3 (1,3 %) 
 
4 : Si vous avez des fuites d’urines, devez vous changer vos vêtements ou porter des protections ?           
  Pas de fuites  97 (41,63 %)  132 (60,83 %)  125 (62,81 %) 
  Changement de sous-vêtements  28 (12,02 %)  25 (11,52 %)  31 (15,6 %) 
  Changement de vêtements  1 (0,4 %) 
  Port de garnitures  107 (45,92 %)  60 (27,65 %)  43 (21,6 %) 
 
5 jour : si vous utilisez des garnitures, combien en utilisez vous en moyenne par jour ?           
  Aucune  126 (54,07 %)  157 (72,35 %)  156 (78,39 %) 
  57 (24,46 %)  44 (20,27 %)  38 (19,09 %) 
  29 (12,45 %)  9 (4,15 %)  2 (1 %) 
  3 à 5  16 (6,87 %)  6 (2,7 %)  3 (1,5 %) 
  6 ou plus  5 (2,15 %)  1 (0,43 %) 
 
5 nuit : si vous utilisez des garnitures, combien en utilisez vous en moyenne par nuit ?           
  Aucune  172 (73,82 %)  194 (89,4 %)  191 (95,98 %) 
  53 (22,75 %)  23 (10,6 %)  8 (4,02 %) 
  5 (2,15 %) 
  3 à 5 
  6 ou plus 
 
ICS total : addition des réponses aux cinq questions           
    29 (12,45 %)  50 (23,04 %)  67 (33,67 %) 
    31 (13,3 %)  38 (17,51 %)  28 (14,07 %) 
    29 (12,45 %)  29 (13,36 %)  27 (13,57 %) 
    144 (61,8 %)  100 (46,1 %)  177 (38,7 %) 
 
ICS moyen/(mini-maxi)      5,74/(0–20)  3,54 (0–18)  2,76 (0–15) 





Tableau 3 - Classification selon l’ICS de l’incontinence urinaire postopératoire chez les patients qui portent des protections.
  3 mois (107 pts)  6 mois (60 pts)  12 mois (43 pts) 
Incontinence urinaire mineure (1 à 2 protections/jour)  86 (80,3 %)  53 (88,3 %)  40 (93 %) 
Incontinence urinaire modérée (3 à 5 protections/jour)  16 (15 %)  6 (10 %)  3 (7 %) 
Incontinence urinaire majeure (>5 protections/jour)  5 (4,7 %)  1 (1,6 %) 





Tableau 4 - Continence urinaire après prostatectomie radicale laparoscopique selon la définition de la continence urinaire postopératoire utilisée.
Critère d’évaluation  3 mois (233 pts) (%)  6 mois (217 pts) (%)  12 mois (199 pts) (%) 
Continence=retour à la continence préopératoire  12,4  23  33,7 
Continence=0 protection (réponse 0 ou 1 ou 2 à la question 4 ou réponse 0 la question 4)  54  72,3  78,4 
Continence=1 protection (réponse 0 ou 1 à la question 5)  78,5  92,6  97,5 





Tableau 5 - Score de continence urinaire global (ICS tot) chez les patients ne portant pas de protection à trois, six et 12 mois après prostatectomie radicale.
  3 mois (126 pts) (%)  6 mois (157 pts) (%)  12 mois (156 pts) (%) 
ICS tot= 29 (23)  50 (31,85)  67 (42,95) 
ICS tot= 31 (24,6)  38 (24,2)  28 (17,95) 
ICS tot> 66 (52,38)  69 (43,95)  61 (39,12) 





Tableau 6 - Continence urinaire détaillée des patients sans protection avec un score ICS total supérieur à 0, à trois, six et 12 mois postopératoires.
Question  Score ICS  Réponse  3 mois (97 pts)  6 mois (107 pts)  12 mois (89 pts) 
1 : Avez-vous des fuites d’urine lorsque vous toussez ou éternuez ?  Jamais  19 (19,6 %)  25 (23,36 %)  26 (29,21 %) 
  Rarement  61 (62,90 %)  68 (63,55 %)  59 (66,29 %) 
  Parfois  15 (15,46 %)  11 (10,28 %)  4 (4,5 %) 
  Souvent  2 (2,06 %)  2 (2 %) 
  Tout le temps 
 
2 : Avez-vous des fuites d’urines spontanées sans en ressentir le besoin ?  Jamais  31 (32 %)  33 (30,9 %)  24 (27 %) 
  Rarement  49 (50,5 %)  59 (55,14 %)  49 (55,05 %) 
  Parfois  17 (17,53 %)  15 (14,02 %)  15 (16,9 %) 
  Souvent 
  Tout le temps 
 
3 : Avez-vous des fuites d’urine la nuit ?  Jamais  66 (68,04 %)  82 (76,64 %)  64 (72 %) 
  Rarement  30 (31 %)  23 (21,5 %)  22 (24,7 %) 
  Parfois  2 (2 %) 
  Souvent  1 (1 %) 
  Tout le temps 
 
ICS total    31 (32 %)  38 (35,5 %)  28 (31,46 %) 
    29 (30 %)  29 (27,1 %)  27 (30,3 %) 
    37 (38,2 %)  40 (37,4 %)  34 (38,2 %) 





Tableau 7 - Résultats des études univariées concernant la continence urinaire (absence de protections) en fonction du délai postopératoire, de l’âge et de la conservation des bandelettes neurovasculaires.
  3 mois  6 mois  12 mois 
Âge   p =0,003  p =0,003  p =0,02 
60ans  65/100 (65 %)  73/88 (82,95 %)  74/87 (85,06 %) 
>60ans  61/133 (45,86 %)  84/129 (65,12 %)  82/114 (71,93 %) 
 
BNV   p =0,01  p =0,08  p =0,99 
22/56 (39,29 %)  37/58 (63,79 %)  41/52 (78,85 %) 
1 ou 2  104/177 (58,76 %)  120/159 (75,47 %)  115/146 (78,77 %) 





Tableau 8 - Résultats des analyses multivariées concernant la continence urinaire en fonction du délai postopératoire, de l’âge et de la conservation des bandelettes neurovasculaires.
  3 mois    6 mois    12 mois   
  OR (95 % IC)  p   OR (95 % IC)  p   OR (95 % IC)  p  
Âge     p =0,018    p =0,010    p =0,011 
>60ans  Réf.    Réf.    Réf.   
60ans  1,94 (1,12–3,37)    2,42 (1,23–4,77)    2,72 (1,26–5,90)   
 
BNV     p =0,057    p =0,28    p =0,68 
Réf.    Réf.    Réf.   
1 ou 2  1,85 (0,98–3,49)    1,44 (0,74–2,81)    0,85 (0,39–1,85)   



Légende :
OR : odds ratio ; IC : intervalle de confiance à 95 %.


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