Épidémiologie des fistules vésicovaginales opérées en France dans la dernière décennie issue de l’analyse de la base PMSI

25 novembre 2019

Auteurs : F. Michel, H. Bensadoun, R. Boissier, B. Gondran Tellier, Q. Bandelier, S. Gaillet, V. Delaporte, E. Lechevallier, G. Karsenty
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 723
Objectifs

Une fistule vésicovaginale (FVV) est une communication congénitale ou acquise entre vessie et vagin. Dans les pays pauvres elles sont fréquentes, acquises et obstétricales. Dans les pays riches, elles sont rares, souvent iatrogènes et responsables d’un fort taux de recours médico-légal. En France leur épidémiologie actuelle est mal connue. L’objectif de cette étude était de décrire et d’analyser l’incidence contemporaine des FVV en France.

Méthodes

Étude rétrospective, de janvier 2010 à décembre 2017 par extraction des données de la base française du Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI). Une extraction des séjours des femmes opérées entre 2010 et 2017 d’une fistule vésicovaginale à partir des codes JDSC024-006-002 (fermeture FVV acquise par cœlioscopie, abord vaginal ou laparotomie) a été menée. Nous avons ensuite étudié en chainant les séjours de chaque patiente opérée en 2017 les diagnostics et actes associés survenus durant les 7 années précédant leur intervention afin de déterminer l’étiologie de la FVV et le cheminement jusqu’à la chirurgie.

Résultats

Sur la période étudiée parmi 196 947 995 séjours pour 50 243 847 assurés, 2262 patientes d’âge moyen 58,2 ans ont eu 2699 interventions pour FVV par laparotomie (1083), voie vaginale (1037) ou cœlioscopie (579). Le nombre annuel d’interventions pour FVV était stable (303 à 377 par an) et la répartition géographique brute inhomogène (12,29/100 000/an Limousin - 6,2/100 000/an Corse). Parmi les patientes opérées en 2017 (275), les étiologies étaient une hystérectomie (123 patientes - 44,7 %), une chirurgie de statique pelvienne (44 patientes - 16 %), une complication obstétricale (29 patientes - 10,5 %) ou diverses chirurgies (25 patientes – 9 %). Pour 54 patientes (19,6 %), aucune cause n’était retrouvée. Une analyse complémentaire des délais entre survenue de la FVV et chirurgie et une recherche d’évènements non chirurgicaux tels qu’une radiothérapie est en cours.

Conclusion

En France, 270 à 350 patientes/an sont opérées de FVV majoritairement iatrogène post-chirurgicale. Ces données uniques pour la France sont comparables aux données Britanniques. L’analyse du délai avant chirurgie, du nombre d’intervention/patiente (taux d’échec) et de leurs liens avec l’étiologie ou le lieu d’intervention est en cours dans le but d’améliorer la prévention et le traitement des FVV.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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