Épidémiologie des cancers prostatiques en Guyane française

25 novembre 2019

Auteurs : V. Ravery, O. Tean, C. Bras da Silva, P. Vega Toro, S. Belliardo, L. Carvalho, A. Andrieu, P. Barre
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 764
Objectifs

La population guyanaise compte 280 000 habitants environ dont 66 % de noirs/créoles et 12 % de métropolitains ; les autres populations sont variées. Si l’épidémiologie du cancer prostatique aux Antilles est bien connu (incidence standardisée de 193°/°°°° versus 98°/°°°° en métropole), la situation en Guyane Française n’est pas encore bien documentée. Nous rapportons les Résultats épidémiologiques colligés par l’organisme « Santé Publique France ».

Méthodes

Les données épidémiologiques guyanaises présentées proviennent des estimations régionales et départementales d’incidence et de mortalité par cancers en France entre 2007 et 2016. Les données de mortalité proviennent du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc) et couvrent la période 2007–2014 et les données d’incidence proviennent des registres de cancers, pour la même période.

Résultats

En Guyane, il n’est pas observé de sur- ou sous-incidence du cancer de la prostate (CaP) par rapport au niveau de la Métropole (SIR : 1,04 [0,94–1,15]). Le taux d’incidence standardisé sur la population mondiale est de 94,4/100 000 personnes-année, soit en moyenne 78 nouveaux cas observés chaque année sur la période 2010–2014. Il représente 17 % des cas de cancers incidents en Guyane et 32 % chez l’homme. Le CaP semble moins fréquent en Guyane qu’aux Antilles. Une sur-mortalité significative par CaP est en revanche observée en Guyane par rapport à l’Hexagone (SMR : 1,70 [1,38–2,07]). Sur la même période, le nombre annuel de décès par CaP observés est en moyenne de 12, c.-à-d. un taux de mortalité standardisé de 16,9/100 000 personnes-année. Ce taux est plus faible que celui observé aux Antilles.

Conclusion

Aucune raison n’explique que la population noire guyanaise soit différente à ce point de la même population étudiée aux Antilles même si les facteurs de risque environnementaux sont moindres et la population plus hétérogène. Le décalage entre les rapports standardisés d’incidence et de mortalité en Guyane pose la question d’un diagnostic trop tardif et/ou d’un défaut d’information aux populations cibles.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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