Comparaison de la voie péno-scrotale et de la voie périnéale pour l’implantation d’un sphincter urinaire artificiel chez l’homme : étude multicentrique

05 novembre 2020

Auteurs : T. Brierre, T. Tricard, I. Bentelis, M. El-Akri, T. Cousin, H. Dupuis, N. Hermieu, B. Poussot, A. Pitou, P. Bertrand-Leon, D. Chevallier, F. Bruyère, C. Saussine, J. Hermieux, P. Lecoanet, A. Ruffion, G. Capon, J.N. Cornu, B. Peyronnet, X. Gamé
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 778
Objectifs

Le sphincter urinaire artificiel est considéré comme le traitement de référence de l’incontinence urinaire de l’homme par insuffisance sphinctérienne. L’objectif de notre étude était de comparer les résultats fonctionnels et les complications de la voie péno-scrotale et de la voie périnéale pour l’implantation d’un sphincter urinaire artificiel.

Méthodes

Une étude rétrospective, multicentrique, comparant les résultats périopératoires et à long terme, des primo-implantations de sphincter urinaire artificiel chez l’homme, réalisées par voie péno-scrotale ou par voie périnéale a été menée dans plusieurs centre français.

Les patients ayant un antécédent d’implantation de sphincter urinaire artificiel, ceux qui avaient une manchette périprostatique, sous-cervicale, transcaverneuse, ou une double manchette, ainsi que ceux dont les données sur la voie d’abord chirurgicale étaient manquantes ont été exclus. Les patients ayant déjà eu un traitement chirurgical d’incontinence urinaire autre qu’un sphincter urinaire artificiel, ou un antécédent de sténose urétrale n’ont pas été exclus.

Résultats

Entre janvier 1991 et mars 2020, 965 patients ont été implantés (369 par voie péno-scrotale et 596 par voie périnéale). Le suivi moyen était de 41,1±44,4 mois. La taille des manchettes implantées était inférieure dans le groupe péno-scrotale (41,3±4,26 vs 45,6±6,68 ; p <0,001).

En fin de suivi, il n’y avait pas de différence significative concernant le taux de continence sociale (79 % vs 77 % ; p =0,56), il y avait plus de patient sec dans le groupe péno-scrotal (64 % vs 44 % ; p <0,001). Il n’y avait pas de différence significative concernant le taux d’explantation (27 % vs 25 % ; p =0,48) et le taux de reprise chirurgicale (36 % vs 40 % ; p =0,23) ; cependant, il y avait plus de révision dans le groupe périnéal (19 % vs 13 % ; p =0,015).

Conclusion

Les résultats de la voie péno-scrotale étaient équivalents à la voie périnéale, avec cependant plus de patients secs et moins de révision dans le groupe péno-scrotal. Des études prospectives multicentriques sont nécessaires afin de confirmer ces résultats.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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