Cancer du pénis : évaluation de l’application des recommandations AFU et EAU

25 novembre 2013

Auteurs : O. Bouchot, E. Robine, Y. Chowaniec, J. Branchereau, J. Rigaud
Référence : Prog Urol, 2013, 13, 23, 1027




 

Objectifs .- Évaluation, selon les recommandations AFU et EAU, des dossiers transmis par les urologues pour prise en charge thérapeutique de patients ayant un carcinome épidermoïde du pénis.


Méthodes .- De 01/01/2011 au 30/04/2013, 51 patients présentant un cancer du pénis ont été adressés par un urologue pour prise en charge thérapeutique. Trente-huit patients avaient une tumeur de novo, et 13 adressés secondairement pour récidive locale et/ou évolution métastatique après traitement local. Les recommandations AFU et EAU identiques proposent : un examen physique du pénis et des aires inguinales, une échographie inguinale par sonde 8 à 10 mHz, une cytoponction ganglionnaire si N+, une TDM TAP et inguinale, une TEP-TDM au 18F-FDG, et en cas de doute sur la tumeur primitive une biopsie tumorale, une échographie ou IRM pénienne. Les 51 dossiers transmis par les urologues ont été analysés selon les items des recommandations.


Résultats .- Au niveau de la tumeur primitive, parmi les 38 tumeurs de novo, l'examen physique a été décrit dans 86 % es cas. Une nouvelle évaluation physique (O.B) a montré un doute sur l'infiltration des corps caverneux dans 5/38 cas (13,2 %), imposant la réalisation d'une IRM complémentaire. Une biopsie, réalisée dans 20 cas (52,6 %), était inutilisable dans 16/20 cas, car trop superficielle, ne permettant pas de connaître le stade, le grade ou l'existence d'embols lymphatiques ou vasculaires. En cas de traitement antérieur de la tumeur primitive (13 cas), l'examen pathologique ne mentionne pas le stade dans 38,5 % des cas, le grade dans 92,3 %, la profondeur de l'infiltration dans 100 %, les embols dans 53,8 %. Au niveau inguinal, parmi les 51 patients, le taux de faux négatifs de l'examen physique a été de 19,6 % ; l'échographie inguinale et la cytoponction ganglionnaire n'ont jamais été réalisées, la TEP-TDM faite seulement dans 3,9 % des cas. Par contre, la TDM TAP était présente dans 100 % des cas.


Conclusion .- L'évaluation des dossiers des patients adressés pour cancer du pénis montre :


- pour le tumeur primitive, la réalisation fréquente de biopsie superficielle, sans intérêt diagnostique et thérapeutique ;


- au niveau inguinal : erreur dans l'examen physique ne palpant pas le groupe supéro-interne, l'absence d'échographie inguinale, et l'absence de réalisation de la TEP-TDM qui doit remplacer la TDM TAP.




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