Analyse d’un modèle de circuit court post-urgence avec une régulation précoce urologique

25 novembre 2019

Auteurs : I. Bentellis, B. Tibi, Y. Ahallal, A. Mbeutcha, L. Mendel, R. Haider, P. Regnier, P. Treacy, Y. Bodokh, J. Amiel, D. Chevallier, M. Durand
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 686
Objectifs

Les urgences urologiques représentent 7 % des motifs d’admission aux urgences (SAU). La gestion rapide de ces patients après passage au SAU peut représenter un challenge pour les établissements de santé. Nous avons souhaité analyser cette filière d’entrée dans d’un centre académique à haut volume et évaluer l’effet de la mise en place d’un circuit court vers une consultation post-urgence (CPU) après régulation médicale urologique différée.

Méthodes

Tous les patients ambulatoires consécutifs admis au SAU avec programmation en CPU entre décembre 2017 et juillet 2018 étaient inclus. Les dossiers étaient régulés par un urologue le lendemain. Des modifications de date de CPU, des examens complémentaires ou des appels téléphoniques vers les patients pouvaient être réalisés. Le critère de jugement principal était le niveau de performance du circuit. Ce dernier était évalué par la capacité à apporter une réponse efficace selon une grille prédéfinie de solutions spécifiques aux motifs de consultation. Si la solution apportée divergeait de cette grille, elle était considérée comme un échec.

Résultats

Cent vingt-huit patients ont été inclus. L’âge médian était de 57 ans (18 à 97). Il y avait 76 % de réponses efficaces. Ce taux était plus faible chez les patients consultant pour des motifs rares, complexes ou ne se présentant pas à la CPU (« no-show »).Ces derniers (47 % n =60) n’étaient pas joignables au premier appel dans 51,6 % des cas, avec une distribution d’âges et de motifs similaires aux autres, hormis pour les hématuries qui représentaient 13,3 %. Sur l’ensemble des consultants (n =1525) seulement 8,5 % (n =128) avaient été adressés en CPU par les urgentistes (Fig. 1).

Les motifs de consultation étaient semblables à ceux des autres séries (Fig. 2). La décision était une seconde consultation dans 70 % (48), un nouvel examen dans 10 % (7) (Fig. 3), une chirurgie en urgence différée dans 12 % (8) et enfin 18 % (12) d’abstention de suivi.

Conclusion

La CPU suivant une régulation précoce par un urologue permet d’apporter une réponse efficace avec un délai médian de 9jours dans 76 % des situations. L’analyse des « no-show » permettrait d’identifier des groupes à risque et d’optimiser ce circuit court.




 




Fig. 1
Fig. 1. 

Répartition des effectifs de patient selon l'horaires de sortie des urgences. Les chiffres en circonférence correspondent aux heures, et les niveaux concentriques aux effectifs.




Fig. 2
Fig. 2. 

Distribution du taux de réponse efficace selon le motif de consultation. RAU : rétention aiguë d'urines ; Trauma OGE : traumatisme des organes génitaux externes.




Fig. 3
Fig. 3. 

Distribution des examens prescrits en CPU selon le motif de consultation. CPU : consultation post-urgences ; RAU : rétention igue d'urines ; Trauma OGE : traumatisme des organes génitaux externes.





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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