Le finastéride n’a pas d’impact sur la morphologie histologique du cancer de la prostate
Introduction : L’étude PCPT) a montré une réduction du risque de cancer de la prostate (CaP) chez les hommes traités par finastéride sur une période de 4 ans avec une proportion plus importante de cancer de haut grade (37% versus 22% pour le groupe contrôle). Le finastéride modifierait la morphologie du cancer aboutissant à une augmentation du score de Gleason. Le but de cette étude est de comparer l’effet possible d’un traitement par finastéride par rapport à un groupe contrôle et à un groupe de patients traités en néoadjuvant par analogue de la LHRH.
Méthodes : Un groupe de 56 patients atteints de CaP, traités au moins 6 mois (moyenne : 2,9 ans) par du finastéride pour troubles mictionnels, un groupe contrôle et un groupe de patients traités en néoadjuvant par 3 mois d’analogue de la LHRH ont été constitués, matchés sur les critères l’âge, de PSA, de toucher rectal et de score de Gleason sur les biopsies. Quatre uro-pathologistes ont relu les lames en aveugle, assignant un score de Gleason et cotant l’effet histologique du traitement hormonal en 3 catégories : 0 : aucun effet, 1 : suspicion, 2 : évident.
Résultats : Le Gleason moyen était de 7,0, 7,4 et 7,2 et le score moyen de l’effet hormonal était de 0,4, 0,6 et 1,6 pour les groupes contrôle, finastéride et LHRH respectivement. Plus de 80% des patients traités par LHRH avaient un effet évident ou suspect de traitement hormonal contre 20% pour les patients des groupes contrôle et finastéride.
Conclusion : Le finastéride ne modifie pas la morphologie du CaP. La proportion plus élevée de cancer de haut grade ne peut pas être liée à une mauvaise interprétation du score de Gleason.