NUMÉRO 38 - Lundi 8 janvier 2018

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CANCER DE LA PROSTATE MÉTASTATIQUE D'EMBLÉE : L'ABIRATÉRONE REMONTE EN PREMIÈRE LIGNE

Les résultats des essais Latitude et Stampede, dévoilés à l’Asco 2017, ont démontré les bénéfices indubitables de l'acétate d’abiratérone dans le cancer de la prostate métastatique d’emblée. À la suite de l’extension d’AMM, annoncée en novembre dernier, l’AFU met à jour ses recommandations pour consacrer la place de cette hormonothérapie de deuxième génération en première ligne.

Présentés à l’Asco 2017, les résultats des essais Latitude et Stampede sur l’acétate d’abiratérone (Zytiga) ont été un coup de tonnerre, propre à bousculer la prise en charge du cancer de la prostate métastatique. Le premier essai a été coordonné par le Pr Karim Fizazi (IGR) sur 1199 patients nouvellement diagnostiqués avec une maladie métastatique. Il a montré que la molécule (combinée à 5 mg de prednisone), associée à un analogue de la LHRH (aLHRH), avait un bénéfice majeur en survie comparée à l’aLHRH seul, avec une diminution de 38 % du risque de décès à 30 mois de suivi médian. Tous les critères secondaires étaient aussi positifs : temps à la récidive biologique, progression des symptômes douloureux, temps jusqu’à événement osseux, mise en place d’une chimiothérapie ou d’un autre traitement.

Nouveau standard en première ligne

Ces résultats ont conduit la Commission européenne à étendre les critères d’AMM pour l’abiratérone. La nouvelle a été annoncée par le laboratoire Janssen, fabricant du Zytiga, le 20 novembre 2017. Déjà employée dans la maladie résistante à la castration, la molécule est maintenant homologuée dans le cancer de la prostate « hormonosensible à haut risque nouvellement diagnostiqué chez l’homme adulte », en combinaison avec la privation androgénique. « Nous avons désormais l’AMM mais pas encore le prix : il va falloir attendre la négociation du remboursement pour pouvoir prescrire dans cette indication », précise le Pr Pierre Mongiat-Artus, secrétaire général adjoint de l’AFU. Dans la foulée de l’Asco, une demande de RTU avait été déposée auprès des tutelles par l’ICFuro, mais elle n’a pas débouché à ce jour.

Prenant acte de ces nouvelles données, le CCAFU met à jour ses recommandations, qui seront disponibles sous peu. « L’abiratérone remonte en première ligne quand le cancer de la prostate est diagnostiqué d’emblée avec des métastases et que la situation est considérée à haut risque », explique Pierre Mongiat-Artus. Dans l’essai Latitude, le haut risque était défini par la présence d’au moins deux des trois critères suivants : un score de Gleason ≥ 8, la détection d’au moins trois localisations métastatiques à la scintigraphie osseuse, la présence de lésion viscérale. L’essai Stampede, aux critères d’inclusion bien plus souples, se contentait de deux des conditions suivantes : stade T3-T4, score de Gleason ≥ 8, taux de PSA ≥ 40 ng/mL. Au total, indique l’urologue parisien, les données militent en faveur d’un bénéfice large de l’abiratérone en première ligne.

Un enjeu pour tous les urologues

Reste à déterminer les places respectives de l’abiratérone et du docétaxel pour les patients éligibles à la chimiothérapie. « Le bénéfice en survie semble similaire pour les deux traitements », indique Pierre Mongiat-Artus. Impossible de trancher en l’absence d’étude de comparaison, mais la balance bénéfices-risques semble plutôt en faveur de l’hormonothérapie, bien tolérée. « Et puis, entre prendre quatre comprimés par jour et venir se faire transfuser toutes les deux à trois semaines, beaucoup de patients auront vite choisi en absence de critères plus pertinents qui seraient avancés durant la discussion en RCP. »

En tout état de cause, le secrétaire général adjoint de l’AFU invite la communauté à s’emparer de cette nouvelle indication. « Certains urologues considèrent encore que la prise en charge médicale du cancer de la prostate, dont la prescription des traitements médicaux, relève des oncologues médicaux : ce n’est plus un raisonnement tenable aujourd’hui », estime-t-il. « Nous devons garder notre place et travailler en collaboration, sans abandonner la part médicale de notre spécialité, ni nos patients. »

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