Le Fibroblast Growth Factor Receptor 3 (FGFR3), cible thérapeutique pour le traitement personnalisé du cancer de la vessie : validation anatomo-pathologique du concept

20 novembre 2014 - 11:30am

Thème: 
Tumeurs de la vessie
Référence: 
O-049

Objectifs
Les mutations activatrices du FGFR3 sont fréquemment observées dans les tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle mais peu étudiée dans les tumeurs infiltrantes. Des études in vitro ont montré qu’un traitement anti-FGFR3 réduit la croissance tumorale. Nous avons étudié l’hétérogénéité de la mutation de FGFR3 sur des échantillons des parties superficielles et profondes de tumeurs de vessie ainsi que dans les ganglions envahis.

Méthodes
Nous avons identifié les échantillons couplés (superficiel et profond) provenant de 61 résection transurétrale de vessie (RTUV) diagnostiques (34 T1 et 27 T ≥ 2) parmi 494 cancers de vessie cN0M0 traités par cystectomie totale (CT) avec curage ganglionnaire. Cent cinquante-cinq sur 494 patients (31 %) étaient pN+. Des échantillons couplés provenant de la tumeur vésicale et des ganglions envahis étaient disponibles pour 117 patients (75 %). L’ADN a été isolé à partir du tissu fixé en paraffine et les mutations de FGFR3 ont été analysées par la technique de SNaPShot.

Résultats
Une mutation activatrice de FGFR3 a été objectivée dans 13/34 et 8/27 des échantillons de RTUV T1 et T ≥ 2, respectivement. Dans les tumeurs T1, les mêmes mutations étaient observées dans les parties superficielles et profondes de la tumeur. Dans les tumeurs T ≥ 2, 4/8 mutations n’ont pas été détectées dans la partie invasive. Une mutation activatrice de FGFR3 a été objectivée dans 62/494 échantillons de CT (33 %), parmi lesquels 53 étaient pN0 (85 %). La présence d’une mutation de FGFR3 a été associé au stade pN0 (p = 0,002). Six sur 117 ganglions envahis (5 %) étaient FGFR3 mutés. La même mutation a été détectée dans la tumeur vésicale et dans les ganglions correspondants. Parmi les 111 ganglions envahis, aucun ne provenait de tumeur de vessie porteuse d’une mutation de FGFR3 (spécificité = 100 %).

Conclusion
La mutation de FGFR3 était très rare chez les patients ayant des ganglions envahis. Le statut mutationnel de FGFR3 serait utile pour guider la décision d’un traitement adjuvant anti-FGFR3 car il s’est avéré homogène dans les tumeurs vésicales et les ganglions envahis. La partie profonde de la tumeur doit être analysée si un traitement néoadjuvant est envisagé.