Intérêt de la surveillance scannographique après cystectomie pour cancer

20 novembre 2014 - 12:00pm

Thème: 
Tumeurs de la vessie
Référence: 
O-052

Objectifs
Une surveillance après cystectomie pour cancer est recommandée par la plupart des sociétés savantes mais il n’existe pas de consensus sur sa durée ou sur le type d’examens à réaliser. Les données de la littérature sur ce sujet sont rares. L’objectif de ce travail était d’évaluer l’impact d’une surveillance scannographique systématique et prolongée.

Méthodes
Une étude rétrospective monocentrique a été conduite. Tous les patients traités par cystectomie radicale pour tumeur de vessie entre 1990 et 2010 ont été inclus. Le protocole de surveillance postopératoire incluait un scanner thoraco-abdomino-pelvien 2 fois par an pendant 2 ans puis une fois par an à vie. La survie spécifique entre le groupe des patients dont la récidive était diagnostiquée cliniquement au stade symptomatique (SYMPTO) et le groupe des patients chez qui la récidive était diagnostiquée au stade asymptomatique sur l’imagerie de surveillance (ASYMPTO) a été comparée par le test de log-rank.

Résultats
Parmi les 331 patients traités par cystectomie radicale avec un suivi médian de 25 mois, 48,5 % des patients ont présenté une récidive. Cinquante pour cent des récidives survenaient durant les 6 premiers mois et 75 % durant la première année. Seul 8 % des récidives survenaient à plus de 3 ans. Chez les patients en vie sans récidive à 3 ans seul 7,2 % récidivaient de leur carcinome urothélial. Les récidives de l’urètre et du haut appareil représentaient 45 % récidives à plus de 3 ans. La survie spécifique était supérieure dans le groupe ASYMPTO par rapport au groupe SYMPTO (à 5 ans : 32,1 % vs 15,7 %) mais cette différence était non significative (p = 0,1).

Conclusion
La surveillance scannographique systématique après cystectomie pour cancer pourrait apporter un bénéfice de survie. Toutefois les récidives après 3 ans étant très rares (8 %), la surveillance radiologique au-delà de ce délai parait très discutable (Fig. 1).