Évaluation prospective des dysfonctions sexuelles chez les patients devant être traité chirurgicalement d’une pathologie aorto-iliaque. Comparaison du traitement endovasculaire et de la chirurgie ouverte

22 novembre 2014 - 12:30pm

Thème: 
Andrologie
Référence: 
O-194

Objectifs
Les troubles érectiles et éjaculatoires sont fréquemment rapportés lors de la chirurgie ouverte aortoiliaque. Le traitement endovasculaire des anévrismes aorto-iliaque par exclusion avec endoprothèse (EVAR) a une moindre morbi-mortalité précoce que le traitement chirurgical incisionnel, mais avec un nombre de ré-interventions plus élevé. L’objectif de notre étude était d’évaluer la modification de la fonction sexuelle après chacune de ces techniques.

Méthodes
Trente-six hommes ont été inclus dans cette étude prospective réalisée entre 2012 et 2013. Vingt ont eu une chirurgie incisionnelle pour pathologie obstructive ou anévrismale aorto-iliaque (CHIR). 16 ont eu une endoprothèse pour anévrisme aorto-iliaque (EVAR). L’étude de la fonction sexuelle comprenait 4 critères : la qualité des érections, la présence d’une éjaculation antérograde, la satisfaction globale et la fréquence des rapports sexuels. Une évaluation était réalisée par un auto-questionnaire dérivé de l’IIEF, remplit par le patient avant et 3 mois après l’intervention. Les résultats étaient comparés par analyse statistique.

Résultats
L’âge moyen était de 63,4 ans. Avant l’intervention 58,8 % présentaient une fonction érectile altérée, la satisfaction globale des rapports sexuels était jugée mauvaise par 55,7 % des patients. Il n’y avait pas de différence significative entre les groupes CHIR et EVAR. 3 mois après l’intervention, dans le groupe CHIR, 42,8 % des patients présentaient une altération de leur fonction érectile (p = 0,01), 38,4 % une diminution de leur satisfaction globale 31,3 % (p = 0,02). 45 % ont présenté une perte de l’éjaculation antérograde. La fréquence des rapports sexuels n’était pas diminuée (p = 0,88). Dans le groupe EVAR, il n’était pas retrouvé de modification significative pour la fonction érectile (p = 0,31), la fréquence des rapports (p = 0,21), et la satisfaction (p = 0,31). Aucun patient n’a présenté de trouble de l’éjaculation.

Conclusion
La chirurgie ouverte est à risque de dysfonction sexuelle (traumatisme des voies nerveuses sympathiques péri-aortiques au cours de la dissection). Le traitement par voie endovasculaire n’entraîne pas de modification de la fonction sexuelle. Ces données doivent être prises en considération pour le choix de la technique chez un patient avec une activité sexuelle ou avec un désir de paternité.