Étude prospective, sur 4 ans, de l’évolution de la fonction érectile après curiethérapie prostatique à l’iode 125 chez des patients ayant un score IIEF5 initial>16

22 novembre 2014 - 12:15pm

Thème: 
Andrologie
Référence: 
O-193

Objectifs
La curiethérapie prostatique (CuT) à l’iode125 est un traitement attractif pour les patients désirant préserver leur fonction érectile (FE) après traitement du cancer de la prostate (CaP). Cependant, peu d’études sont disponibles concernant la dysfonction érectile (DE) après CuT chez des patients sans trouble initial. Notre objectif était d’évaluer prospectivement l’évolution de la FE sur 4 ans chez des patients ayant un score IIEF5 initial > 16.

Méthodes
De février 2007 à juillet 2012, 102 patients atteints d’un CaP localisé et ayant un score IIEF5 initial > 16 ont eu une CuT. Aucun n’avait reçu de radiothérapie externe et 12,7 % ont eu une hormonothérapie préopératoire. L’hormonothérapie et la prise d’inhibiteur de la 5-phosphodiestérase (IPDE5) après CuT n’étaient pas des critères d’exclusion. Toutes les CuT ont été effectuées par la même équipe expérimentée (grains libres, planimétrie en temps réel, 160 Gy). La FE a été évaluée par l’auto-questionnaire IIEF5 en préopératoire (ou avant hormonothérapie) puis annuellement durant 4 ans. Les IPDE5 ont été instaurés à la demande.

Résultats
À 1 an (Tableau 1, Fig. 1), en incluant les patients sous IPDE5 : – 51,1 % conservaient un IIEF5 > 16 ; – 75,6 % avaient des érections suffisantes pour permettre une pénétration (IIEF5 > 11) ; – la DE sévère touchait 13,8 % des patients ; – le score IIEF5 moyen avait perdu 5,6points. En analyse multivariée, le seul facteur prédictif de DE avec un IIEF5 < 16 était l’ IIEF5 initial Durant les 3 années suivantes, les proportions de patients préservant un score IIEF5 > 16 ou présentant une DE sévère n’étaient pas statistiquement différentes par rapport à celles observées à 1 an. De plus, il n’a pas été objectivé de différence statistiquement significative entre les IIEF5 moyens. On remarquait une croissance non significative du taux de patients sous IPDE5 en passant de 18,1 % à 1 an à 27 % à 4 ans.

Conclusion
Ainsi nous avons observé que la CuT était responsable d’une DE apparaissant la première année et touchant moins de 50 % des patients. La DE sévère était rare. Les troubles de la FE ne s’aggravaient pas à moyen terme.