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Hématurie

Vous constatez du sang dans les urines ? Consultez sans tarder !

La présence de sang dans les urines, dont la définition biologique est « hématurie microscopique » n’est pas visible à l’œil nu. L’« hématurie macroscopique » correspond quant à elle, à la coloration rosée, rouge ou brunâtre (vieux sang) des urines. La démarche diagnostique est identique pour une hématurie micro et/ou macroscopique persistante. Dans ces deux cas, le sang dans les urines se décèle à l’aide d’une bandelette urinaire ou d’une analyse d’urine (ECBU).

Il est important de ne pas négliger ce symptôme. S’il s’agit dans la plupart des cas de pathologies bégnines, il faut toujours garder à l’esprit que cela peut révéler un problème plus grave comme un cancer de la vessie, notamment si on est fumeur.

Il n’existe pas de corrélation entre le type d’hématurie et la gravité de la maladie causale.

La démarche diagnostique doit rechercher en première intention les causes les plus fréquentes ou présentant un caractère de gravité :

  • Les infections urinaires sont de grandes pourvoyeuses d’hématuries. Cause la plus fréquente de sang dans les urines, l’infection urinaire s’accompagne d’un tableau clinique évocateur (brûlures mictionnelles, envies fréquentes d’uriner, douleurs lombaires…). Toute atteinte infectieuse de l’appareil urinaire peut entrainer une hématurie : cystite, pyélonéphrite, prostatite.
  • Les calculs urinaires : concernent 5 à 15 % de la population des pays industrialisés. Ils peuvent être découverts sans douleur, ou bien révélés par un épisode de colique néphrétique ou par des troubles mictionnels.
  • Le cancer de vessie ou de la voie excrétrice supérieure (uretère : canal acheminant l’urine du rein à la vessie), avec comme principal facteur de risque, le patient qui a fumé ou fume. Parmi les autres facteurs incriminés, nous pouvons citer certains toxiques professionnels utilisés dans la chimie (colorants, teintures…), dans les travaux publics (goudrons), la réparation automobile (fumée de diesel…) ou l’agriculture (arsenic). Des infections régulières et des inflammations de la vessie (cystites), certaines maladies comme la bilharziose et certains traitements peuvent également accroître les risques.
  • Les tumeurs rénales
  • Les maladies rénales ou Néphropathies glomérulaires (problème de fonctionnement du rein). Le syndrome glomérulaire associe une protéinurie (protéine dans les urines) et/ou une hématurie, +/- une hypertension artérielle, des œdèmes et insuffisance rénale aigue ou chronique.
  • Les traumatismes : le saignement est lié à une fracture du parenchyme rénal, à une atteinte des vaisseaux du rein, ou à une plaie de la vessie.
  • Problème prostatique : signe rarement révélateur de cancer de la prostate, elle est plus souvent associée à une prostatite ou une hypertrophie, et reste un diagnostic d’élimination.

Un traitement anticoagulant peut favoriser une hématurie mais n’est jamais à considérer comme responsable de première intention.

Il existe 4 catégories de diagnostics différentiels (fausses hématurie) :

  • Hémorragies de voisinage (règles, génitales, urétrorragies)
  • Coloration d’origine alimentaire (betteraves)
  • Colorations liées à une prise médicamenteuse (certains antibiotiques…)
  • Origine métabolique

Quatre types d’examens complémentaires peuvent être demandés par votre médecin :

  • Biologiques : l’ECBU est l’analyse d’urine systématiquement prescrite. Elle permet de déceler les bactéries présentes dans les urines. L’ECBU peut être complété par des examens sanguins (pour vérifier, entre autres, qu’il n’y a pas d’anémie et/ou d’altération de la fonction rénale).
  • Imagerie : l’échographie de l’appareil urinaire est l’examen de référence à réaliser en première intention (avec la vessie pleine afin de mieux la voir). Elle permet une exploration morphologique de l’appareil urinaire et une étude vasculaire rénale (doppler). En complément, l’uroscanner (un scanner abdominopelvien avec injection de produit de contraste iodé) peut être prescrit.
  • Endoscopique : l’urétro-cystoscopie est réalisée par un urologue sous anesthésie locale le plus souvent (avec injection de gel anesthésiant dans l’urètre). Elle permet l’exploration par un fibroscope souple de l’urètre, de la paroi vésicale et des méats urétéraux.
  • Anatomopathologique : la cytologie urinaire est un examen urinaire à ne pas confondre avec l’ECBU. Son objectif est de rechercher dans les urines des cellules atypiques desquamées par l’urothélium au microscope.

À surveiller :

Le caillotage vésical ou de la voie excrétrice est une urgence thérapeutique en raison du risque de rétention aigue d’urine et d’insuffisance rénale aigue obstructive (blocage par les caillots qui s’accumulent). Si vous percevez ces symptômes, consultez rapidement :

  • La visualisation directe des caillots dans les urines
  • Une sensation de blocage lors du passage des urines (les urines sont « bloquées » par l’accumulation des caillots dans la vessie)
  • Des douleurs lombaires (si caillots dans la voie excrétrice supérieure).

Hématurie : J’ai du sang dans les urines, que dois-je faire ?