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Neuro-urologie

Questions / Réponses

La réalisation d’autosondages intermittents propres est la meilleure solution lorsque la vessie ne peut pas se vider d’elle même.
Il est établi que c’est le mode de drainage qui limite le plus le risque d’infections, de calcul, et de détérioration rénale.

Ne jamais faire d’ecbu à titre systématique ! En cas d’autosondages, de sonde à demeure, la colonisation bactérienne des urines est inévitable et bénigne.
Seuls des symptômes évocateurs d’infection urinaire (fièvre, douleurs pelviennes, majoration de la spasticité, majoration des fuites, fatigue intense, urines nauséabondes) doivent faire rechercher et identifier une bactérie avant la mise en place d’un traitement antibiotique. En cas de symptômes modérés sans retentissement important, le 1er réflexe doit être d’augmenter les boissons et la fréquence des autosondages car cela peut suffire.

En cas de vessie neurologique, le test des bandelettes n’a aucun intérêt.
En cas de symptômes faisant suspecter une infection urinaire (fièvre, brulures, urines troubles, aggravation brutale des fuites et des problèmes neurologiques), seul l’ECBU (examen cytobactériologique des urines) permet de faire le diagnostic formel d’infection urinaire. Les résultats de la bandelette urinaire si utilisée doivent toujours être confirmés par l’ECBU.
D’autre part, d’une façon plus générale, chez la femme, le test des bandelettes n’a d’intérêt que si le résultat est négatif.

Votre médecin traitant vous orientera vers un spécialiste en neuro urologie.
Il faut écarter certaines causes d’hyperactivité vésicale classiques avant de retenir l’implication de la sclérose en plaques.
Les solutions de première intention sont les médicaments parasympathomimétiques (anticholinergiques / béta 3 agoniste) et la stimulation du nerf tibial postérieur.

La constipation est un des effets indésirables du traitement anticholinergique. En cas d’inefficacité ou de mauvaise tolérance du traitement anticholinergique à dose maximale, les injections de toxine botulique sont le traitement de référence de l’hyperactivité vésicale neurogène, efficaces pour que la pression intravesicale reste faible, protéger les reins et améliorer l’incontinence urinaire.

Il faut toujours s’assurer que l’aggravation de vos symptômes urinaires si elle s’est installée secondairement ne peut pas être lié à une épine irritative, c’est à dire à une anomalie cutanée (escarre, plaie ?), ostéo articulaire, infectieuse au niveau d’un territoire concerné par la lésion neurologique. Il faut également évaluer l’absence d’anomalie au niveau de l’appareil urinaire : calcul, infection urinaire ?
En cas d’absence de cause évidente, un nouveau bilan urodynamique sera effectué pour évaluer la situation et proposer une solution adaptée.

En cas d’échec, la solution est l’agrandissement vésical. Il consiste à remplacer le muscle vésical anormalement innervé par une plastie d’intestin grêle de façon a obtenir un réservoir vésical à basse pression de bonne capacité, ce qui protège les reins et améliore l’incontinence.
Par ailleurs, une étude internationale est en cours pour faire émerger une autre toxine. Celle-ci pourrait probablement être efficace lorsque la toxine « de référence » ne fait pas effet et vice/versa.

Le myéloméningocèle (ou spina bifida) peut occasionner différentes atteintes de la vessie et du sphincter urinaire. Le sphincter peut notamment être faible. Des solutions chirurgicales existent et vous seront proposées après une nouvelle évaluation spécialisée en neuro-urologie.

En cas d’atteinte neurologique, le comportement de la vessie peut évoluer avec le temps. Le bilan urodynamique est réalisé annuellement pour vérifier l’efficacité des médicaments sur la pression vésicale au cours du remplissage. Cette pression doit rester basse pour ne pas mettre en danger le fonctionnement rénal a long terme. La préservation rénale est surveillée régulièrement par une imagerie et des examens biologiques.

Il existe un risque de cancer de vessie probablement majoré chez le patient avec vessie neurologique et qui peut survenir surtout après 15 ans d’évolution.
A partir de 15 ans, le GENULF recommande un dépistage tous les ans, par une fibroscopie.
Il semble important de réaliser ce suivi régulier à long terme car ces tumeurs sont plus agressives que celles retrouvées dans la population générale. La cytologie urinaire, seule, n’a pas d’intérêt dans le dépistage car ces résultats sont difficilement interprétables du fait de l’inflammation chronique vésicale.