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ALTESS

Classe thérapeutique 
Alpha-bloquant

Molécule 
Alfuzosine 10mg / jour

Objectif principal
Etudier l’influence de l’Alfuzosine sur le risque de rétention aigue d’urine.

Population de l’étude
1522 patients à risque de progression clinique ou de complication

Critères d’inclusion : age ? 55 ans, IPSS ? 13, Qmax 5-12 ml/s, Volume résiduel ? 35 ml, volume prostatique ? 30cc, PSA 1,4 – 10 ng/ml.

Critères d’exclusion : antécédents de rétention urinaire, de chirurgie prostatique, de cancer de la prostate ou de radiothérapie pelvienne

Méthodologie
Etude randomisée versus Placebo.
759 patients traités par Alfuzosine 
763 patients traités par Placebo

Durée de suivi
2 ans

Principaux résultats

L’incidence des rétentions aigues d’urine dans cette étude avec 2 ans de recul était de 2% (30 patients). 
Le principal événement constaté au cours du suivi était une dégradation du score IPSS de plus de 4 points rapporté chez 14,3% des patients. Le recours à la chirurgie était nécessaire chez 5,8% des patients.  

Pas de différence significative entre les groupes en ce qui concerne le risque de rétention aigue d’urine.


Mais diminution de 26% (significatif) du risque de progression clinique de la maladie (rétention aigue d’urine ou augmentation de l’IPSS de plus de 4 points ou chirurgie de l’HBP).

Le risque de dégradation de l’IPSS était diminué de 30% (significatif) et celui de recours à la chirurgie de 22% (non significatif) dans le groupe Alfuzosine en comparaison avec le groupe Placebo. 

Enseignements pour la pratique clinique
Les Alpha-bloquants ne permettent pas de prévenir la survenue d’une rétention d’urine mais ils diminuent de 30% le risque de progression clinique dans les 2 ans qui suivent l’introduction du traitement. 

Pour approfondir
– Etude AlfOne décrivant des résultats à long terme de la prescription d’Alfuzosine en prise quotidienne
Vallancien G et al, BJU Int. 2008 Apr;101(7):847-52

Commentaires du CTMH
L’objectif principal de cette étude étant de mettre en évidence une diminution du risque de rétention urinaire. La population avait été volontairement sélectionnée parmi les patients les plus à risque de complication. Malgré cela, l’incidence des rétentions aigues d’urine avec 2 ans de recul n’a été que de 2% (30 patients). Ces résultats sont concordant avec ceux d’études observationelles (Olmsted) ou comparatives (MTOPS) qui rapportent des risques de rétention urinaire très faibles (<3%) malgré des suivis prolongés (4ans). 
Bien que potentiellement grave, le risque de rétention aigue d’urine est très faible. Il ne devrait donc pas être utilisé comme seul argument dans l’information des patients et pour l’indication d’une prise en charge chirurgicale.

Le principal événement constaté au cours du suivi des patients de cette étude était une dégradation du score IPSS de plus de 4 points rapporté chez 14,3% des patients.
Il s’agit d’une information importante qui vient confirmer que l’HBP est une maladie progressive conduisant à une dégradation des SBAU assez linéaire dans le temps. La prise d’un traitement alpha bloquant permet de retarder cette dégradation des SBAU : le risque de détérioration des symptômes est abaissé de 30% par rapport au Placebo après 2 ans de suivi. Néanmoins, bien que les courbes soient décalées dans le temps, il ne semble pas que la prise d’un alpha bloquant soit susceptible de modifier l’histoire naturelle de la maladie sur le long terme : la pente des courbes reste assez parallèle au cours du suivi.

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