Accueil > Publications > Progrès en Urologie > Numéro 17- Volume 28- pp. 943-992 (Décembre 2018)

    Numéro 17- Volume 28- pp. 943-992 (Décembre 2018)

    • Lire l'article Ajouter à ma sélection Désélectionner
    • Place des protections dans la prise en charge de l’incontinence urinaire

      Résumé
      Introduction

      Si aujourd’hui la prise en charge de l’incontinence urinaire (IU) est bien codifiée, il n’existe aucune précision concernant la place ou la stratégie d’utilisation des protections quelle que soit l’étiologie de l’incontinence ou le terrain.

      Méthodes

      Nous avons effectué une recherche à partir de la base de données PubMed à partir des mots clés suivants : (urinary incontinence [MeSH Terms]) AND absorbent pad [MeSH Terms] permettant d’isoler 362 articles.

      Résultats

      De nombreux design de protections sont disponibles en vente libre sans prescription médicale et sans remboursement en France. Pour l’IU légère, les serviettes hygiéniques sont le design qui semble être le plus adapté chez la femme comparé aux protections menstruelles OR=0,27 [0,14, 0,52], aux protections avec serviettes hygiéniques lavables intégrées OR=0,12 [0,06, 0,26] ou aux serviettes hygiéniques lavables OR=0,05 [0,02, 0,26]. Pour l’IU modérée à sévère, il n’existe pas de « meilleur produit universel ». Les préférences varient entre les deux sexes et l’utilisation d’un panel de protections semble le plus adapté. La femme comme l’homme préfèrent la couche culotte aux serviettes hygiéniques OR=0,41 [0,20, 0,87] et OR=0,39 [0,22, 0,68]. Au total, 70 % des hommes ont une préférence pour les étuis péniens en comparaison aux protections habituellement utilisées (p =0,02). L’utilisation des protections permet d’améliorer l’indépendance dans les activités du quotidien OR=0,102 [0,046, 0,158] et la qualité de vie liée à l’IU OR=4,40 [1,74, 7,07] en comparaison aux patients n’utilisant pas de protections. Malgré cela, leur usage doit rester prudent en raison des potentielles complications infectieuses urinaires, plus fréquentes en particulier en milieu institutionnel, avec 41 % des utilisateurs développant au moins une infection urinaire sur une période d’évaluation de 12 mois vs 11 % des non-utilisateurs (p =0,001) ou immuno-allergiques avec notamment la « dermatite associée à l’incontinence » dont la prévalence peut atteindre un taux de 50 %.

      Conclusion

      Les analyses comparatives précises de bénéfices-risques, des coûts économiques, de satisfaction manquent. Il est nécessaire de poursuivre le développement de ces produits et de comparer plus précisément leurs caractéristiques intrinsèques, afin d’orienter au mieux les patients dans leurs choix.

      Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

      Place des protections dans la prise en charge de l’incontinence urinaire

      Summary
      Introduction

      Despite therapeutic strategies of female and male urinary incontinence (UI) are currently well defined, there is no precise indication of the real place or strategy use of absorbent products regardless of the etiology of the incontinence or the clinical context.

      Methods

      We performed a research from the PubMed database using the following keywords: (urinary incontinence [MESH Terms]) AND absorbent pad [MeSH Terms]; allowing us to isolate 362 articles.

      Results

      Many protections designs are available over-the-counter without prescription and without reimbursement in France. For “light UI”, disposable insert pads are the design that seems to be the most suitable for women, compared to disposable menstrual pads, OR=0.27 [0.14, 0.52], washable pants with integral pad OR=0.12 [0.06, 0.26] or washable insert pads OR=0.05 [0.02, 0.26]. For moderate to severe UI, there is no “best universal product”. There are differences between the gender and the use of a panel of protections seems the most appropriate. Both women and men prefer pull-ups to disposable insert pads, OR=0.41 [0.20, 0.87] and OR=0.39 [0.22, 0.68] respectively. In men, a preference in 70 % of subjects for urisheats is observed compared to the protections they usually use (P =0.02). The use of protections improves independence in daily OR activities=0.102 [0.046, 0.158] and quality of life related to UI OR=4.40 [1.74, 7.07] compared to patients not using protections. Despite this, their use must remain cautious because of the potential infectious urinary complications, more frequent in particular in institutional people, with 41 % of users developing at least one urinary infection over an evaluation period of 12 months vs. 11 % of non-users (P =0.001), or immuno-allergic with the “dermatitis associated incontinence” whose prevalence can reach a rate of 50 %.

      Conclusion

      Comparative analyzes of risk-benefit, economic costs, patient satisfaction, protections vs. other measures are lacking. It is necessary to continue the development of these products and to compare more precisely their intrinsic characteristics, to best support patients choices.

    • Lire l'article Ajouter à ma sélection Désélectionner
    • Prévalence et retentissement sur la qualité de vie de l’incontinence urinaire dans une population adulte atteinte de troubles ventilatoires obstructifs, revue de littérature

      Résumé
      Introduction

      Les patients atteints de troubles ventilatoires obstructifs (TVO) constituent une population à risque pour l’incontinence urinaire (IU) du fait de la fréquence des épisodes d’augmentation de la pression intra-abdominale par les symptômes de toux chronique.

      Objectifs de l’étude

      L’objectif de notre revue de littérature était d’évaluer la prévalence de l’IU et son retentissement sur la qualité de vie, la demande de soins, le dépistage et le traitement de l’IU dans cette population.

      Matériel et méthodes

      Revue de littérature réalisée sur une période allant de 2001 à janvier 2018 partir de la base de données Medline (PubMed) et des mots clefs suivants : urinary incontinence, chronic obstructive pulmonary disease (COPD), asthma, cystic fibrosis, quality of life .

      Résultats

      L’étude la plus large montrait que sur une population de 14 828 personnes, dont 995 diagnostiqués BPCO, la prévalence d’IU était de 34,9 % dans la population avec BPCO contre 27,3 % dans la population générale de l’étude (p = 0,0048). Ces résultats concordaient avec les études de cette revue. L’IU était plus sévère dans la population avec TVO et survenait à un plus jeune âge. Les symptômes d’incontinence à l’effort prédominaient, à la toux mais également lors de la spirométrie et des séances de rééducation bronchique. Malgré un impact négatif sur la qualité de vie et sur le traitement des TVO, l’IU était négligée.

      Conclusion

      La prévalence d’IU semblait plus élevée dans la population atteinte de TVO, à un degré de sévérité plus important. L’autoévaluation de la qualité de vie est d’autant plus diminuée quand l’IU est associée à la pathologie pulmonaire.

      Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

      Prévalence et retentissement sur la qualité de vie de l’incontinence urinaire dans une population adulte atteinte de troubles ventilatoires obstructifs, revue de littérature

      Summary
      Introduction

      Patients with obstructive lung diseases (OLD) are at-risk population for urinary incontinence (UI) with high frequency of increased intra-abdominal pressure because of chronic cough symptoms.

      Aim of the study

      This review is aimed at determining the prevalence of UI and its impact on quality of life, patient healthcare research, diagnosis and treatment of UI among this population.

      Materials and method

      Literature review from January 2001 to 2018 on Medline (PubMed) using keywords urinary incontinence, chronic obstructive pulmonary disease (COPD), asthma, cystic fibrosis, quality of life.

      Results

      The largest study showed that in a population of 14,828 people, whose 995 were diagnosed COPD, UI prevalence was 34.9% in people with COPD, versus 27.3% among the general population of the study (P = 0.0048). Results in the other studies of the review were similar. UI was more severe in OLD patients and occurred on young subjects. Stress urinary incontinence symptoms were predominant, during cough but also during spirometry and chest rehabilitation sessions. Despite an impact on quality of life and treatment of OLD, UI was neglected.

      Conclusion

      UI prevalence seemed higher on population with OLD, to a greater degree of severity. Quality of life self-evaluation was further decreased when UI was associated with pulmonary disease.

    • Lire l'article Ajouter à ma sélection Désélectionner
    • Sédentarité et incontinence urinaire chez la femme : une revue de littérature

      Résumé
      Objectif

      La sédentarité est définie par une insuffisance d’activités mobilisatrices régulières dans les activités de la vie quotidienne. L’objectif de ce travail était de rassembler les données concernant le lien potentiel entre sédentarité et incontinence urinaire chez la femme.

      Méthode

      Une revue de littérature (bases de données Pubmed/MEDLINE) à partir des mots clés : femmes, incontinence urinaire, sédentarité, comportement sédentaire, style de vie sédentaire, activité physique, exercice, sport, sur la période 2008–2018 a été réalisée.

      Résultats

      Cinq études transversales observationnelles ont été analysées. Les données étaient globalement en faveur d’un lien entre comportement sédentaire et incontinence urinaire chez la femme. Plusieurs facteurs confondants potentiels (âge, indice de masse corporelle, comorbidités, environnement socio-familial) ont été identifiés dans la littérature. Les mécanismes physiopathologiques restent mal établis incluant potentiellement les facteurs métaboliques, les facteurs posturaux, les dysfonctions musculaires. Peu d’articles respectaient la définition stricte de la sédentarité, et aucune étude prospective étudiant le lien de causalité entre sédentarité à moyen ou long terme n’a été mise en évidence.

      Conclusion

      Les données limitées disponibles dans la littérature semblent indiquer que la sédentarité est un facteur de risque d’incontinence urinaire féminine. De nombreux facteurs confondants ont été identifiés, justifiant des études complémentaires étudiant plus précisément le lien de causalité entre sédentarité et incontinence urinaire chez la femme.

      Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

      Sédentarité et incontinence urinaire chez la femme : une revue de littérature

      Summary
      Aim

      The sedentary lifestyle is defined by a lack of regular mobilizing activities in the activities of daily life. The purpose of this work was to gather data related to the potential link between urinary incontinence and sedentary lifestyle in women.

      Method

      A literature review (Pubmed/MEDLINE databases) based on keywords: women; urinary incontinence; sedentary; sedentary behavior; sedentary lifestyle; physical activity; exercise; sport, over the period 2008–2018 was carried out.

      Results

      Five cross-sectional observational studies were analyzed. Overall, the data supported a link between sedentary behavior and urinary incontinence in women. Several potential confounding factors (age, body mass index, comorbidities, lower socio-familial support) have been identified in the literature. Pathophysiological mechanisms remain poorly established, potentially including metabolic factors, postural factors and muscle dysfunctions. Few articles respected the strict definition of sedentary lifestyle, and no prospective study investigating the causal link between meddle or long-term sedentary was highlighted.

      Conclusion

      The limited data available in the literature suggests that sedentary lifestyle is a risk factor for female urinary incontinence. Many confounding factors have been identified, justifying further studies evaluating more specifically the causal link between sedentary lifestyle and urinary incontinence in women.

    • Lire l'article Ajouter à ma sélection Désélectionner
    • Troubles sexuels chez les patients atteints de lésions médullaires

      Résumé
      But

      La lésion médullaire (LM) peut altérer à des degrés variables la sexualité des patients. L’objectif de cette étude était d’évaluer les dysfonctions sexuelles (DS) chez un échantillon de patients atteints de LM tunisiens et de déterminer les facteurs associés à ces DS.

      Matériels et méthodes

      Étude descriptive transversale réalisée sur un échantillon de 30patients atteints de LM. La sexualité a été évaluée par : Male Sexual Quotient (MSQ) et Sexual Health Inventory for Men (SHIM). D’autres paramètres ont été collectés : sociodémographiques, cliniques, capacité fonctionnelle, profil psychologique, et qualité de vie (QDV) (Short-Form 36 : SF36).

      Résultats

      L’âge moyen était de 41±9,6 ans (23–56). La fréquence des DS dans notre étude était 69,2 %. Les items les plus touchés du MSQ (76 %) étaient l’érection, l’orgasme, la séduction et la performance. Les DS étaient associées à une altération des domaines de SF36. Nous avons noté des corrélations positives, d’une part entre le score MSQ et les sous scores limitations liées à l’état physique (RP) et santé générale (GH) de SF36 et d’autre part entre le SHIM et les sous scores RP, la composante mentale (MCS) et physique (PCS). Le score MSQ était corrélé négativement avec le score HAD. Aucune autre association n’a été notée.

      Conclusion

      Notre étude a montré une fréquence élevée de DS chez les patients atteints de lésions médullaires notamment tunisiens. Les DS étaient associées essentiellement à une dégradation de la QDV et au profil anxio-depressif. L’absence d’autres associations pourrait être expliquée par la particularité de notre culture qui considère encore la sexualité et les DS comme un sujet tabou et secondaire.

      Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

      Troubles sexuels chez les patients atteints de lésions médullaires

      Summary
      Objective

      Spinal cord injury (SCI) can alter to varying degrees patients’ sexuality. The goals of this study were to evaluate sexual dysfunctions (SD) among a sample of Tunisian patients with SCI and to determine the associated factors.

      Methods

      A cross-sectional descriptive study was conducted on a sample of 30 patients with SCI. Sexuality was evaluated by : Male Sexual Quotient (MSQ) and Sexual Health Inventory for Men (SHIM). Other parameters were collected : sociodemographic, clinical, functional capacity, psychological profile and quality of life (QoL) (Short-Form 36 SF36).

      Results

      The mean age was 41±9.6 years (23–56). The frequency of SD in this study was 69.2 %. The most affected items in the MSQ (76 %) were erection, orgasm, seduction and performance. The SD were associated with alteration of SF36 domains. We noted positive correlations on the one hand between the MSQ score and the role physical (RP) and general health (GH) sub scores of SF36 and on the other hand between the SHIM and the sub scores RP, mental and physical component score (MCS and PCS). The MSQ score was negatively correlated with the HAD score. No other associations were noted.

      Conclusion

      Our study showed a high frequency of SD in SCI patients including Tunisians. SD were mainly associated with impaired QOL and the anxio-depressive profile. The absence of other associations could be explained mainly by the peculiarity of our culture which still considers sexuality and SD as a taboo and secondary subject.

    • Lire l'article Ajouter à ma sélection Désélectionner
    • Auto-sondages intermittents et rétentions urinaires des syndromes parkinsoniens

      Résumé
      Introduction

      Les troubles vésicosphinctériens sont fréquents dans les syndromes parkinsoniens, notamment la rétention urinaire chronique. En cas de résidu significatif et symptomatique se pose le problème de son traitement qui se résume le plus souvent à la faisabilité ou non de la pratique des auto-sondages intermittents. Nous avons conduit une étude rétrospective sur la faisabilité et les résultats des auto-sondages dans cette population.

      Méthodes

      Étude rétrospective avec analyse qualitative et quantitative, clinique et instrumentale (urodynamique), des troubles vésicosphinctériens à type de rétention au cours des syndromes extrapyramidaux.

      Résultats

      Au total, 42 patients avec syndrome parkinsonien et réalisant des auto-sondages intermittents ont été examinés. Vingt et un étaient atteints d’une maladie de Parkinson idiopathique, 17 d’une atrophie multisystématisée, 1 d’un syndrome parkinsonien d’origine vasculaire, 1 d’un syndrome parkinsonien d’origine iatrogène et 2 d’un syndrome extrapyramidal non étiqueté. Tous avaient une rétention d’urine définie par un résidu post-mictionnel supérieur ou égal à cent cinquante millilitres. Tous étaient symptomatiques et les symptômes rapportés étaient une dysurie (30/42), une hyperactivité vésicale (20/42) et une incontinence urinaire d’effort (6/42). La cystomanométrie mettait en évidence une hyperactivité détrusorienne (15/42), une dyssynergie vésicosphinctérienne (15/42), une hypocontractilité détrusorienne (14/42), une incompétence sphinctérienne (4/42) ou un défaut de compliance (3/42). Tous les patients maîtrisaient la technique des auto-sondages intermittents. Quatorze (33 %) ont arrêté l’auto-sondage précocement dans les mois qui suivaient l’apprentissage en raison du retentissement fonctionnel de la dégradation neurologique.

      Conclusion

      Même si un tiers des patients abandonnent la réalisation des auto-sondages en raison de l’aggravation de la maladie neurologique, ces derniers restent la méthode de choix du traitement symptomatique de la rétention chronique du patient parkinsonien.

      Niveau de preuve

      4.

      Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

      Auto-sondages intermittents et rétentions urinaires des syndromes parkinsoniens

      Summary
      Introduction

      Lower urinary tract symptoms are common in Parkinson diseases, especially chronic urinary retention. In case of significant and symptomatic postvoid residual, a specific treatment is necessary in order to empty the bladder and nowadays the gold standard of such neurogenic bladder is based on self-intermittent-catheterizations, if possible at all. We carried out a retrospective study about feasibility and outcomes of self-intermittent-catheterizations in this population.

      Methods

      Retrospective study with qualitative and quantitative, clinical and instrumental (urodynamic) assessment, of lower urinary tract symptoms as urinary retention in extrapyramidal syndromes.

      Results

      Overall, 42 patients with parkinsonian syndrome performing self-intermittent-catheterization were assessed. Twenty-one had idiopathic Parkinson's disease, 17 multiple system atrophy, 1 vascular Parkinson, 1 iatrogenic Parkinson and 2 not yet determined parkinsonian syndromes. All the patients had urinary retention characterized by a postvoiding residual volume more than 150mL. All the patients were symptomatic and reported voiding dysfunction (30/42), overactive bladder syndrome (20/42), stress urinary incontinence (6/42). The cystometry showed detrusor overactivity (15/42), bladder-sphincter dyssynergia (15/42), detrusor underactivity (14/42), sphincter deficiency (4/42) or bladder compliance alteration (3/42). Each patient have learned and well controlled self-intermittent-catheterization technique. Fourteen (33%) stopped self-intermittent-catheterization prematurely in the following months because of functional impact of neurological worsening.

      Conclusion

      Even if one third of the patients had stopped self-intermittent-catheterization because of neurological deterioration, this technique remains the gold standard for the treatment of urinary chronic retention in parkinsonian patients.

      Level of evidence

      4.

    • Editorial Board

      Prog Urol, 2018, 17, 28, i

      Lire l'article Ajouter à ma sélection Désélectionner
    • Lire l'article Ajouter à ma sélection Désélectionner
    • Antibioprophylaxie et bilan urodynamique : recommandations de bonne pratique par consensus formalisé

      Résumé
      Objectif

      L’objectif de ce travail était d’émettre des recommandations de bonne pratique concernant l’antibioprophylaxie dans le cadre d’un BUD.

      Matériels et méthodes

      Des recommandations ont été élaborées par un groupe de pilotage multidisciplinaire avant d’être validées par une méthode de consensus formalisée par un groupe multidisciplinaire de 12 experts (groupe de cotation). Elles ont ensuite été validées par un groupe de lecture (experts différents du groupe de cotation).

      Résultats

      La réalisation d’un examen cytobactériologique des urines (ECBU) avec antibiogramme est recommandée dans les jours précédant le BUD, pour tous les patients (Accord fort). Chez les sujets ne présentant pas de pathologie neurologique, les facteurs de risque d’infection urinaire après BUD sont l’âge > 70ans, les infections urinaires itératives et un résidu post-mictionnel > 100ml. Chez les sujets ayant une pathologie neurologique, les facteurs de risque d’infection urinaire après BUD sont les infections urinaires itératives, le reflux vésico-urétéral, une pression vésicale prémictionnelle élevée > 40cmH2O. Si l’ECBU pré-BUD est stérile, en l’absence de facteur de risque d’infection urinaire, aucune antibioprophylaxie n’est recommandée (Accord fort). Si l’ECBU pré-BUD est stérile mais qu’il existe un ou plusieurs facteur(s) de risque d’infection urinaire, une antibioprophylaxie peut être, ou non, proposée. Si une antibioprophylaxie est décidée, il est recommandé de prescrire une prise unique de fosfomycine-trométamol (3g par voie orale), deux heures avant le BUD (Accord fort). En cas de colonisation urinaire pré-BUD, une antibiothérapie peut être, ou non, prescrite (indécision). Si une antibiothérapie est proposée, elle doit être adaptée à l’antibiogramme de la (ou des) bactérie(s) identifiée(s) (Accord fort). Elle doit être débutée la veille de l’examen, et être interrompue après celui-ci (Accord fort) (sauf pour la fosfomycine-trométamol pour laquelle une seule prise la veille du BUD est nécessaire et suffisante) (Accord fort). En cas d’infection urinaire pré-BUD, celle-ci doit être traitée et l’examen doit être reporté (Accord fort). Les règles proposées ici n’ont pas à être modifiées chez les patients porteurs de prothèse de hanche ou de genou (Accord fort). Par ailleurs, aucune prophylaxie de l’endocardite infectieuse n’est nécessaire, y compris chez les patients porteurs de cardiopathie valvulaire à haut risque (Accord fort).

      Conclusion

      Ces nouvelles recommandations devraient contribuer à harmoniser les pratiques et à limiter l’exposition aux antibiotiques.

      Niveau de preuve

      4.

      Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

      Antibioprophylaxie et bilan urodynamique : recommandations de bonne pratique par consensus formalisé

      Summary
      Objective

      The aim of this work was to issue clinical practice guidelines on antibiotic prophylaxis in urodynamics (urodynamic studies, UDS).

      Materials and methods

      Clinical practice guidelines were provided using a formal consensus method. Guidelines proposals were drew up by a multidisciplinary experts group (pilot group = steering group), then rated by a panel of 12 experts (rating group) using a formal consensus method, and then peer reviewed by a reviewing/reading group of experts (different from the rating group).

      Results

      Urine (bacterial) culture with antimicrobial susceptibility testing is recommended for all patients before UDS (strong agreement). In patients with no neurologic disease, the risk factors for tract urinary infection (UTI) after UDS are age > 70 years, recurrent UTI, and post-void residual volume > 100ml. In patients with neurologic disease, the risk factors for UTI after UDS are recurrent UTI, vesicoureteral reflux, and intermicturition pressure > 40cmH2 O. If the urine culture is negative before UDS and there is no risk factor for UTI, antibiotic prophylaxis is not recommended (Strong agreement). If the urine culture is negative before UDS, but there are one or more risk factors for UTI, antibiotic prophylaxis is optional. If antibiotic prophylaxis is initiated, a single oral dose (3g) of fosfomycin-tromethamine two hours before UDS is recommended (Strong agreement). If there is bacterial colonization on UCB before UDS, antibiotic therapy is optional (Undecided). If prescribed, it should be adapted to the antimicrobial susceptibility of the identified bacterium or bacteria, started the day before and stopped after UDS (except for fosfomycin-tromethamine: a single dose the day before UDS is necessary and sufficient) (Strong agreement). In the event of UTI before UDS, the UTI should be treated and UDS postponed (Strong agreement). The proposed recommendations should not be changed for patients with a hip or knee replacement (Strong agreement). No antibiotic prophylaxis of bacterial endocarditis is necessary, including in high-risk patients with valvular heart disease (Strong agreement).

      Conclusion

      These new guidelines should help to harmonize clinical practice and limit exposure to antibiotics.

      Level of evidence

      4.

    Vous pourrez également aimer

    • Chapitre 11 - Infections urinaires de l'enfant et de l'adulteLire la suite
    • Risque infectieux de l’urétérorénoscopie souple : prévention et prise en chargeLire la suite
    • UROnews n°84 - PATHOLOGIE DU MOISLire la suite

    Continuer votre lecture