Le « syndrome de la maladie post-orgasmique » (SMPO) se manifeste par un ensemble de symptômes physiques et cognitifs faisant suite à un orgasme et pouvant durer plusieurs jours. Nous rapportons ici le cas de trois hommes sans antécédent présentant probablement un SMPO.
Leur plainte principale se caractérisait par l’apparition systématique d’une série de symptômes pouvant être très invalidants dans leur vie quotidienne, survenant de manière élective après chaque éjaculation et n’apparaissant jamais en dehors de ces moments. Ces symptômes, allant de la céphalée à l’état de torpeur, sont décrits dans le Tableau 1 ainsi que leur délai d’apparition et leur durée. Nos 3 patients présentaient un examen clinique neurologique global et du périnée strictement normal en dehors des crises. L’ensemble des investigations complémentaires entreprises (imagerie, cystoscopie, EMG, tests neurovégétatifs, biologie biochimique, vitaminique, hormonale et immunitaire) étaient aussi normales.
Le SMPO a été initialement rapporté en 2002 [11Waldinger M., Meinardi M., Zwinderman A., Schweitzer D. Postorgasmic illness syndrome (POIS) in 45 Dutch Caucasian males: clinical characteristics and evidence for an immunogenic pathogenesis (part 1) J Sex Med 2011 ; 8 (4) : 1164-1170 [cross-ref]
Cliquez ici pour aller à la section Références] et l’on recense maintenant 52 cas dans la littérature, dont 45 par le seul Waldinger [11Waldinger M., Meinardi M., Zwinderman A., Schweitzer D. Postorgasmic illness syndrome (POIS) in 45 Dutch Caucasian males: clinical characteristics and evidence for an immunogenic pathogenesis (part 1) J Sex Med 2011 ; 8 (4) : 1164-1170 [cross-ref]
Cliquez ici pour aller à la section Références] qui propose 5 critères diagnostiques du SMPO. Premièrement, le patient doit présenter un des symptômes parmi : une sensation d’état grippal ou d’extrême fatigue, une faiblesse musculaire, un état fébrile ou des frissons, des troubles de l’humeur, une irritabilité, des troubles de mémoire et de concentration, un discours incohérent, un prurit nasal et/ou oculaire. Deuxièmement, l’ensemble de ces symptômes doit apparaître immédiatement ou dans les heures suivant une éjaculation. Troisièmement, ces symptômes doivent arriver toujours ou presque toujours (dans plus de 90 % des cas) après une éjaculation. Quatrièmement, ces symptômes doivent durer entre 2 et 7 jours et, cinquièmement, doivent disparaître spontanément.
En reprenant ces critères, nos trois patients présentent donc un SMPO, de forme primaire puisque connu depuis la puberté, non déclenché dans les suites d’un quelconque évènement. Notons toutefois, et ceci n’a jamais été rapporté, que le patient 3 se plaignait de troubles vésico-sphinctériens associés à type de pollakiurie et de dysurie avec débimétrie altérée ainsi que d’une sensation d’hypoesthésie pénienne.
L’étiologie du SMPO est discutée : origine psychosomatique, troubles hormonaux, désordre du système sérotoninergique et adrénergique ont été proposés ainsi qu’une défaillance immuno-allergologique [11Waldinger M., Meinardi M., Zwinderman A., Schweitzer D. Postorgasmic illness syndrome (POIS) in 45 Dutch Caucasian males: clinical characteristics and evidence for an immunogenic pathogenesis (part 1) J Sex Med 2011 ; 8 (4) : 1164-1170 [cross-ref]
Cliquez ici pour aller à la section Références] avec une auto-allergie au liquide séminal. Nous soulevons l’hypothèse d’une dysrégulation passagère du système nerveux autonome puisqu’il est bien connu que l’éjaculation déclenche un « orage végétatif » avec une augmentation de l’activité sympathique et libération de noradrénaline [22Waldinger M., Schweitzer D. Postorgasmic illness syndrome: two cases J Sex Marital Ther 2002 ; 28 (3) : 251-255 [cross-ref]
Cliquez ici pour aller à la section Références] après l’orgasme et certains symptômes du SMPO sont évocateurs d’une dysautonomie. Les autres hypothèses possibles seraient neurologiques avec une comitialité partielle déclenchée par l’éjaculation et une « migraine sans migraine ».
Sur le plan thérapeutique, les AINS, le tramadol, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine ont pu apporter quelques bénéfices, mais pour quelques cas seulement [22Waldinger M., Schweitzer D. Postorgasmic illness syndrome: two cases J Sex Marital Ther 2002 ; 28 (3) : 251-255 [cross-ref]
Cliquez ici pour aller à la section Références]. Nous rapportons une efficacité partielle mais seulement transitoire de traitements neuroleptiques, antihistaminiques, anticholinergique et anticholinestérasique au travers de l’un de nos cas.
Le SMPO est une maladie rare et probablement sous-diagnostiquée car encore méconnue, des études complémentaires et le recensement d’autres cas de SMPO seront nécessaires pour étayer ces hypothèses et proposer des traitements spécifiques.
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Déclaration de liens d’intérêts |
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.