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| Traitement substitutif en testostérone 22En France, les diverses présentations pharmaceutiques de testostérone ne peuvent être prescrites initialement que par des spécialistes en endocrinologie, urologie ou gynécologie. Le renouvellement n’est pas restreint. |
Le praticien doit informer le patient de toutes les options thérapeutiques du TD, y compris de l’option de ne pas traiter, et se mettre d’accord avec lui sur l’option choisie.
Le comité recommande d’adresser les hommes qui souhaitent le maintien de la spermatogenèse, de la fertilité et du volume testiculaire à des spécialistes.
Si le maintien de la fertilité et de la spermatogenèse n’est pas important pour le patient, un traitement substitutif en testostérone est recommandé.
La testostérone undécanoate orale nécessite 2 à 4 prises par jour avec un repas normal. Sans un apport approprié en graisses dans l’alimentation, l’absorption peut être incomplète et conduire à des taux sériques de testostérone variables.
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Testostérone transcutanée |
Les gels sont disponibles sous forme de sachets-dose à 1 % ou de pompe doseuse à 2 %. Il est important d’adapter la posologie car l’absorption est souvent variable d’un homme à l’autre. Les gels sont faciles à utiliser et donnent des taux de testostérone physiologiques fiables s’ils sont utilisés quotidiennement. Avec les gels, un transfert est possible vers les femmes ou les enfants en cas de contact avec le site d’application du patient peu après cette application. Les utilisateurs sont invités à se laver les mains à l’eau et au savon après l’application, à ne pas partager les gants de toilette avec les membres de la famille et à porter un vêtement sur le site d’application si un contact cutané est probable.
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Testostérone à action rapide : testostérone énanthate intramusculaire |
L’injection s’effectue toutes les 1 à 3 semaines selon le métabolisme individuel de la testostérone. Une caractéristique de cette préparation est la survenue rapide d’un pic à des taux supraphysiologiques de testostérone suivie d’un déclin progressif jusqu’à un niveau hypogonadique en fin d’intervalle d’administration. En raison de larges variations des taux sériques de testostérone entre les injections, certains patients présentent des flushs faciaux et des périodes intermittentes de labilité émotionnelle, d’accroissement de l’activité sexuelle et de fatigue générale. Les principales conséquences de la testostérone injectable sont la douleur locale et la plus grande fréquence de la polycythémie comparée aux autres formes de testostérone.
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Testostérone à action prolongée : testostérone undécanoate intramusculaire |
Avec cette préparation huileuse de 1000mg dans 4mL, l’injection initiale est suivie d’une autre injection 6 semaines plus tard puis les injections sont répétées toutes les 10 à 12 semaines. Il n’y a habituellement pas de pic supraphysiologique avec cette préparation. De rares cas d’épisodes de toux ont été rapportés après l’injection, peut-être en rapport avec de petites embolies pulmonaires huileuses mais aucune séquelle à long-terme n’a été décrite.
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| Traitement sans testostérone |
L’utilisation d’un traitement substitutif en testostérone a de grandes chances d’altérer la spermatogenèse et la fertilité, et de réduire le volume testiculaire. Les hommes qui souhaitent éviter ces effets ne doivent pas être traités avec de la testostérone. Des traitements sans testostérone (citrate de clomifène, inhibiteurs de l’aromatase) préservent la spermatogenèse mais ne sont pas autorisés pour le traitement du TD. Le comité recommande d’adresser les hommes qui souhaitent le maintien de la spermatogenèse, de la fertilité ou du volume testiculaire à des spécialistes jusqu’à l’autorisation des traitements sans testostérone.
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Effets secondaires des traitements |
Les effets secondaires des traitements comportent : acné, gynécomastie, tension mammaire, apnées du sommeil, rétention liquidienne, œdèmes et polycythémie, cette dernière étant plus fréquente avec les formes injectables. Des modifications de l’humeur et de la libido peuvent survenir avec des taux supraphysiologiques de testostérone, notamment après injection de testostérone à action rapide.
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Surveillance du traitement |
Le comité recommande que les effets de la testostérone sur les symptômes soient évalués et les effets secondaires renseignés, 3, 6 et 12 mois après l’initiation du traitement puis tous les ans. Le traitement doit être interrompu en l’absence de bénéfice clinique dans l’amélioration des symptômes du TD.
L’interrogatoire se renseigne sur :
• | les effets thérapeutiques et notamment sur les modifications de la motivation et du désir sexuel, des érections et de l’énergie ;
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• | les effets secondaires ;
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• | les modifications de l’état de santé général et des traitements ;
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• | la compliance thérapeutique (posologie et modalités d’administration).
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L’examen clinique :
• | inspecte la croissance des cheveux et le développement musculaire ;
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• | mesure le poids, l’IMC, le tour de taille et la tension artérielle ;
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• | recherche des modifications de taille et de consistance des testicules ;
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• | comporte le toucher rectal de la prostate chez l’homme de plus de 40 ans (les hommes qui présentent un changement de consistance ou un nodule sont adressés à un urologue) ;
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• | inspecte les sites d’application chez les utilisateurs de gels transcutanés.
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Le bilan biologique comporte la testostérone totale, l’hématocrite, le profil lipidique et, chez l’homme de plus de 40 ans, le PSA.
La prise de sang doit être effectuée le matin, après l’application, chez les hommes recevant la testostérone percutanée, 1 à 2 semaines avant la 4e injection chez les hommes recevant la testostérone injectable à action longue et au milieu du 3e ou 4e cycle thérapeutique chez les hommes recevant la testostérone injectable à action rapide.
La testostérone doit se situer vers le milieu de la fourchette de référence pour un homme jeune. Si cet objectif n’est pas atteint, il faut envisager de modifier la posologie ou de changer de préparation.
L’hématocrite doit rester dans la fourchette de référence du laboratoire. Un hématocrite dépassant la limite supérieure (polycythémie, polyglobulie) doit être pris en charge selon les recommandations en vigueur. La polycythémie accentue le risque de thrombose.
Le PSA peut augmenter suite au traitement. Il s’agit probablement d’une réponse physiologique mais le comité recommande d’adresser le patient à un urologue si, après initiation du traitement, le PSA augmente de plus de 1,4ng/mL chaque période de 12 mois de traitement, ou si la vélocité du PSA dépasse 0,4ng/mL par an lors d’un suivi longitudinal d’au moins 2 ans avec pour référence le PSA à 6 mois de traitement. Une élévation du PSA doit être confirmée par un nouveau dosage.
Une dyslipidémie doit s’améliorer une fois la testostérone stabilisée dans la fourchette souhaitée. Si elle persiste, elle doit être prise en charge selon les recommandations en vigueur.
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TD et populations particulières |
Le comité recommande d’évaluer le TD chez les hommes ayant ou ayant eu un cancer de la prostate de la même façon que les autres. Cependant, un traitement substitutif en testostérone ne doit être prescrit que par un spécialiste du TD dans cette population.
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| Hypertrophie bénigne de la prostate et syndrome obstructif sur le bas appareil urinaire |
Le traitement du TD n’est pas associé à une progression d’une hypertrophie bénigne de la prostate ou d’un syndrome obstructif sur le bas appareil urinaire. Dans cette population, le comité recommande d’évaluer et de surveiller les hommes de la même façon que les autres.
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| Maladies cardiovasculaires |
Le comité recommande d’évaluer et de surveiller les hommes avec une maladie cardiovasculaire de la même façon que les autres.
Le comité recommande d’adresser les hommes qui souhaitent préserver leur spermatogenèse, leur fertilité ou leur volume testiculaire à des spécialistes.
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| Obésité et syndrome métabolique |
Le comité recommande d’évaluer et de surveiller les hommes avec une obésité et un syndrome métabolique de la même façon que les autres.
Le comité recommande qu’une ostéodensitométrie soit proposée aux hommes avec TD âgés de 65 ans ou plus et aux plus jeunes avec un risque accru d’ostéoporose afin d’établir un statut osseux pré-thérapeutique. Ensuite, la densité minérale osseuse doit être surveillée par une ostéodensitométrie chez les hommes ayant une densité minérale osseuse anormale avant l’initiation du traitement.
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| Autres hommes avec TD et risque accru d’effets secondaires |
Le comité recommande d’adresser les hommes avec un TD connus pour être à risque accru d’effets secondaires (cancer du sein ou antécédents, polycythémie/polyglobulie, syndrome d’apnées du sommeil sévère ou non contrôlé, problème de santé potentiellement grave) à des spécialistes ayant une expertise dans la prise en charge du TD dans les populations particulières.
Points essentiels à retenir

• | Le déficit en testostérone (TD) est un syndrome clinique ET biochimique caractérisé par un déficit en testostérone ou de son action, ET des symptômes et signes en rapport avec ce déficit.
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• | Le dosage de routine de la testostérone dans la population générale (dépistage du TD) n’est pas recommandé.
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• | Le dosage de la testostérone totale est l’examen biologique de référence pour le diagnostic du TD. Dans la majorité des cas, l’évaluation, mesurée ou calculée, de la testostérone libre ou biodisponible n’est pas recommandée.
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• | L’évaluation biologique suivante est recommandée chez les hommes suspects de TD : ∘ | 1 re étape : dosage de la testostérone totale sérique sur un prélèvement sanguin veineux entre 8 et 12 heures : – | si la testostérone totale est≥12nmol/L (3,46ng/mL), le diagnostic de TD est improbable ;
| – | si la testostérone totale est≤12nmol/L (3,46ng/mL), il faut procéder à l’étape 2,
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| ∘ | 2 e étape : dosage de la testostérone totale sérique sur un second prélèvement sanguin veineux entre 8 et 12 heures, après un intervalle d’au moins 1 semaine, associé aux dosages de LH, de la prolactine et, chez les hommes obèses ou âgés, de SHBG : – | si la testostérone totale est≥12nmol/L (3,46ng/mL), le diagnostic de TD est improbable ;
| – | si la testostérone totale est≤8nmol/L (2,31ng/mL), le diagnostic de TD est probable ;
| – | si la testostérone totale est entre 8 et 12nmol/L (entre 2,31 et 3,46ng/mL) avec des symptômes de TD et/ou un taux élevé de SHBG, un traitement d’essai de 6 à 12 mois peut être proposé une fois que d’autres causes aux symptômes ont été exclues.
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• | L’utilisation de questionnaires n’est pas recommandée dans l’évaluation du TD.
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• | Le praticien doit informer le patient de toutes les options thérapeutiques du TD, y compris de l’option de ne pas traiter, et se mettre d’accord avec lui sur l’option choisie.
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• | L’utilisation d’un traitement substitutif en testostérone a de grandes chances d’altérer la spermatogenèse et la fertilité, et de réduire le volume testiculaire. Les hommes qui souhaitent éviter ces effets ne doivent pas être traités avec de la testostérone.
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• | Le comité recommande que les effets de la testostérone sur les symptômes soient évalués et les effets secondaires renseignés, 3, 6 et 12 mois après l’initiation du traitement puis tous les ans.
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• | Le bilan biologique de surveillance comporte la testostérone totale, l’hématocrite, le profil lipidique et, chez l’homme de plus de 40 ans, le PSA.
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• | Sous traitement, la testostérone doit se situer vers le milieu de la fourchette de référence pour un homme jeune.
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• | Le traitement doit être interrompu si les hommes n’en tirent pas un bénéfice réel et persistant.
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• | Le comité recommande d’évaluer le TD chez les hommes ayant ou ayant eu un cancer de la prostate de la même façon que les autres. Cependant, un traitement substitutif en testostérone ne doit être prescrit que par un spécialiste du TD dans cette population.
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Déclaration de liens d’intérêts |
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.