Résumé des recommandations du comité d’experts de l’ISSM (International Society of Sexual Medicine) sur l’évaluation et la prise en charge du déficit en testostérone de l’homme adulte
Summary of the recommendations of the expert committee of the International Society of Sexual Medicine on the assessment and management of testosterone deficiency in adult men
 

En 2014, l’ISSM (International Society for Sexual Medicine) a réuni un comité d’experts avec l’objectif de proposer des recommandations sur le diagnostic et la prise en charge du déficit en testostérone (TD) de l’homme adulte. Ces recommandations ont été publiées en 2015 dans le Journal of Sexual Medicine [11]. Notre travail a consisté à résumer et traduire les recommandations. Cette traduction n’a reçu aucune validation d’une société savante, d’un organisme de santé ou d’un groupe d’experts francophones.

Définition

Le terme de « déficit en testostérone » (TD) est recommandé avec pour définition : « le TD est un syndrome clinique et biochimique caractérisé par un déficit en testostérone ou de son action, et des symptômes et signes en rapport avec ce déficit. Ce déficit peut affecter la fonction de multiples organes et entraîner un préjudice significatif sur la qualité de vie incluant des altérations de la fonction sexuelle ».

Le TD peut résulter :
d’une réduction de la synthèse testiculaire de testostérone en raison d’une dysfonction des cellules de Leydig (hypogonadisme hypergonadotrophique ou primaire) ;
d’une réduction de la synthèse testiculaire de testostérone en raison d’une stimulation inadéquate des cellules de Leydig par les gonadotrophines (hypogonadisme hypogonadotrophique ou secondaire) ;
d’une association des 2 mécanismes (hypogonadisme mixte) ;
le terme d’hypogonadisme compensé correspond à une situation où les taux de testostérone sont maintenus à un niveau physiologique par des taux supraphysiologiques de gonadotrophines.

Épidémiologie

La prévalence du TD symptomatique se situe chez les hommes dans une fourchette de 2 à 6 %.

Les taux sériques de testostérone diminuent avec l’âge.

Le TD est souvent associé à l’obésité et au diabète de type 2. En conséquence, le comité recommande de rechercher systématiquement un TD chez les hommes présentant une obésité, un diabète de type 2 et un syndrome métabolique.

Physiologie de la testostérone

Chez les hommes, plus de 95 % de la testostérone est produite par les cellules de Leydig des testicules, et une fraction beaucoup plus faible l’est par le cortex surrénalien. La production testiculaire de la testostérone est initiée par la libération de GnRH (gonadotropin-releasing hormone ) hypothalamique sous l’influence de neurotransmetteurs locaux. La GnRH entraîne la libération par l’hypophyse antérieure des gonadotrophines FSH (follicle-stimulating hormone ) et LH (luteinizing hormone ). FSH se lie aux cellules de Sertoli testiculaires et entraîne la spermatogenèse. LH se lie aux cellules de Leydig et entraîne la production de testostérone à partir de son précurseur, le cholestérol.

Chez les hommes jeunes en bonne santé, GnRH n’est pas libérée continuellement mais par pulses.

La libération de testostérone suit un rythme nycthéméral avec des taux plus élevés en début de matinée et plus faibles en début de soirée, du moins chez les hommes de moins de 40 ans car cette variation est moins marquée chez les hommes plus âgés.

La grande majorité de la testostérone plasmatique circulante est liée à des protéines. Environ 60 % sont fortement liés à SHBG (sex hormone binding globulin ), 38 % plus faiblement à l’albumine et seulement 2 % ne sont pas liés. La testostérone totale correspond aux 3 fractions, la testostérone libre à la fraction non liée et la testostérone biodisponible aux fractions libre et liée à l’albumine.

L’effet de la testostérone s’effectue par l’activation des récepteurs androgéniques par la testostérone et ses métabolites, DHT (di-hydro testostérone), obtenu par action de la 5 alpha réductase, et E2 (œstradiol) obtenu par action de l’aromatase. L’affinité de DHT pour les récepteurs androgéniques est environ 10 fois supérieure à celle de la testostérone et sa dégradation est plus lente ce qui résulte en une bio-activité nettement plus élevée que celle de la testostérone.

Étiologies du TD

Les Tableau I, Tableau II détaillent les étiologies du TD.

Diagnostic du TD

Le Tableau III détaille les symptômes du TD.

Examen clinique

L’examen clinique peut être normal ce qui n’exclut pas le diagnostic de TD.

Le TD peut être associé aux signes suivants :
réduction de la masse musculaire notamment à la partie haute du corps ;
obésité centrale ;
gynécomastie ;
réduction de la pousse des poils corporels ;
poils corporels, pubiens et axillaires plus fins et moins denses (cette altération pilaire ne concerne pas la face) ;
réduction du volume testiculaire.

Le toucher rectal n’est pas recommandé dans l’évaluation initiale du TD mais sera effectué chez les hommes de plus de 40 ans dans le cadre de la recherche d’un adénocarcinome de prostate avant instauration d’un traitement.

Diagnostic biologique

Le dosage de routine de la testostérone dans la population générale (dépistage du TD) n’est pas recommandé.

Le dosage de la testostérone totale est l’examen biologique de référence pour le diagnostic du TD. Dans la majorité des cas, l’évaluation, mesurée ou calculée, de la testostérone libre ou biodisponible n’est pas recommandée.

Le comité recommande le dosage par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse, quand la technique est disponible, mais reconnaît que les techniques radio-immunologiques ou immunologiques par chimiluminescence sont plus accessibles à la majorité des cliniciens et peuvent être utilisées en pratique clinique quotidienne malgré leurs limites.

Le dosage de la SHBG peut être utile chez les hommes âgés ou obèses, ou dans d’autres situations susceptibles d’élever le taux de SHBG avec une testostérone totale limite associée à des symptômes ou signes suspects.

Le Tableau IV détaille les situations où le taux de SHBG peut s’élever ou s’abaisser.

L’évaluation biologique suivante est recommandée chez les hommes suspects de TD (Figure 1) :
1re étape : dosage de la testostérone totale sérique sur un prélèvement sanguin veineux entre 8 et 12heures :
si la testostérone totale est 12 nmol/L (3,46ng/mL), le diagnostic de TD est improbable,
si la testostérone totale est12nmol/L (3,46ng/mL), il faut procéder à l’étape 2 ;

2e étape : dosage de la testostérone totale sérique sur un second prélèvement sanguin veineux entre 8 et 12heures, après un intervalle d’au moins 1 semaine, associé aux dosages de LH, de la prolactine et, chez les hommes obèses ou âgés, de SHBG :
chez les hommes avec une testostérone totale12nmol/L (3,46ng/mL), le diagnostic de TD est improbable et il n’y a pas d’indication thérapeutique,
les hommes avec une testostérone totale8nmol/L (2,31ng/mL) ont probablement un TD et peuvent bénéficier d’un traitement androgénique,
chez les hommes avec une testostérone totale entre 8 et 12nmol/L (entre 2,31 et 3,46ng/mL), des symptômes de TD et/ou un taux élevé de SHBG, une évaluation complémentaire est requise. Un traitement d’essai de 6 à 12mois peut être proposé une fois que d’autres causes aux symptômes ont été exclues. Le traitement ne devrait être poursuivi que si les hommes en tirent un bénéfice réel et persistant.


Figure 1
Figure 1. 

Évaluation et prise en charge du déficit en testostérone de l’homme adulte.



Questionnaires

Le comité ne recommande pas l’utilisation de questionnaires dans l’évaluation du TD.

Mesures pré-thérapeutiques

Certaines mesures sont requises avant d’initier un traitement substitutif en testostérone :
un diagnostic clair de TD doit être établi sur la base de symptômes caractéristiques et de 2 dosages de testostéronémie ;
l’origine du TD doit être identifiée et documentée ;
le praticien doit expliquer à son patient la nature du TD, son origine, son pronostic et les conséquences possibles à la fois du traitement et de l’absence de traitement ;
le praticien doit identifier tout facteur qui pourrait conduire à un risque accru avec un traitement substitutif en testostérone et discuter les bénéfices et les risques probables du traitement ;
après s’être assuré de la capacité du patient à donner un consentement éclairé, le praticien discute de toutes les options appropriées, y compris ne pas traiter, et se met d’accord avec lui sur la préparation à utiliser.

Traitement11

La Figure 2 précise la prise en charge thérapeutique du déficit en testostérone.


Figure 2
Figure 2. 

Prise en charge thérapeutique du déficit en testostérone de l’homme adulte.



Traitement non pharmacologique

Le traitement d’un syndrome d’apnées du sommeil, la perte de poids, la modification du mode de vie et l’arrêt de médicaments opiacés peuvent conduire à une augmentation de la synthèse de la testostérone.

Traitement substitutif en testostérone22

Le praticien doit informer le patient de toutes les options thérapeutiques du TD, y compris de l’option de ne pas traiter, et se mettre d’accord avec lui sur l’option choisie.

Le comité recommande d’adresser les hommes qui souhaitent le maintien de la spermatogenèse, de la fertilité et du volume testiculaire à des spécialistes.

Si le maintien de la fertilité et de la spermatogenèse n’est pas important pour le patient, un traitement substitutif en testostérone est recommandé.

Testostérone orale

La testostérone undécanoate orale nécessite 2 à 4 prises par jour avec un repas normal. Sans un apport approprié en graisses dans l’alimentation, l’absorption peut être incomplète et conduire à des taux sériques de testostérone variables.

Testostérone transcutanée

Les gels sont disponibles sous forme de sachets-dose à 1 % ou de pompe doseuse à 2 %. Il est important d’adapter la posologie car l’absorption est souvent variable d’un homme à l’autre. Les gels sont faciles à utiliser et donnent des taux de testostérone physiologiques fiables s’ils sont utilisés quotidiennement. Avec les gels, un transfert est possible vers les femmes ou les enfants en cas de contact avec le site d’application du patient peu après cette application. Les utilisateurs sont invités à se laver les mains à l’eau et au savon après l’application, à ne pas partager les gants de toilette avec les membres de la famille et à porter un vêtement sur le site d’application si un contact cutané est probable.

Testostérone injectable

Testostérone à action rapide : testostérone énanthate intramusculaire

L’injection s’effectue toutes les 1 à 3 semaines selon le métabolisme individuel de la testostérone. Une caractéristique de cette préparation est la survenue rapide d’un pic à des taux supraphysiologiques de testostérone suivie d’un déclin progressif jusqu’à un niveau hypogonadique en fin d’intervalle d’administration. En raison de larges variations des taux sériques de testostérone entre les injections, certains patients présentent des flushs faciaux et des périodes intermittentes de labilité émotionnelle, d’accroissement de l’activité sexuelle et de fatigue générale. Les principales conséquences de la testostérone injectable sont la douleur locale et la plus grande fréquence de la polycythémie comparée aux autres formes de testostérone.

Testostérone à action prolongée : testostérone undécanoate intramusculaire

Avec cette préparation huileuse de 1000mg dans 4mL, l’injection initiale est suivie d’une autre injection 6 semaines plus tard puis les injections sont répétées toutes les 10 à 12 semaines. Il n’y a habituellement pas de pic supraphysiologique avec cette préparation. De rares cas d’épisodes de toux ont été rapportés après l’injection, peut-être en rapport avec de petites embolies pulmonaires huileuses mais aucune séquelle à long-terme n’a été décrite.

Traitement sans testostérone

L’utilisation d’un traitement substitutif en testostérone a de grandes chances d’altérer la spermatogenèse et la fertilité, et de réduire le volume testiculaire. Les hommes qui souhaitent éviter ces effets ne doivent pas être traités avec de la testostérone. Des traitements sans testostérone (citrate de clomifène, inhibiteurs de l’aromatase) préservent la spermatogenèse mais ne sont pas autorisés pour le traitement du TD. Le comité recommande d’adresser les hommes qui souhaitent le maintien de la spermatogenèse, de la fertilité ou du volume testiculaire à des spécialistes jusqu’à l’autorisation des traitements sans testostérone.

Effets secondaires des traitements

Les effets secondaires des traitements comportent : acné, gynécomastie, tension mammaire, apnées du sommeil, rétention liquidienne, œdèmes et polycythémie, cette dernière étant plus fréquente avec les formes injectables. Des modifications de l’humeur et de la libido peuvent survenir avec des taux supraphysiologiques de testostérone, notamment après injection de testostérone à action rapide.

Surveillance du traitement

Le comité recommande que les effets de la testostérone sur les symptômes soient évalués et les effets secondaires renseignés, 3, 6 et 12 mois après l’initiation du traitement puis tous les ans. Le traitement doit être interrompu en l’absence de bénéfice clinique dans l’amélioration des symptômes du TD.

Interrogatoire

L’interrogatoire se renseigne sur :
les effets thérapeutiques et notamment sur les modifications de la motivation et du désir sexuel, des érections et de l’énergie ;
les effets secondaires ;
les modifications de l’état de santé général et des traitements ;
la compliance thérapeutique (posologie et modalités d’administration).

Examen clinique

L’examen clinique :
inspecte la croissance des cheveux et le développement musculaire ;
mesure le poids, l’IMC, le tour de taille et la tension artérielle ;
recherche des modifications de taille et de consistance des testicules ;
comporte le toucher rectal de la prostate chez l’homme de plus de 40 ans (les hommes qui présentent un changement de consistance ou un nodule sont adressés à un urologue) ;
inspecte les sites d’application chez les utilisateurs de gels transcutanés.

Bilan biologique

Le bilan biologique comporte la testostérone totale, l’hématocrite, le profil lipidique et, chez l’homme de plus de 40 ans, le PSA.

La prise de sang doit être effectuée le matin, après l’application, chez les hommes recevant la testostérone percutanée, 1 à 2 semaines avant la 4e injection chez les hommes recevant la testostérone injectable à action longue et au milieu du 3e ou 4e cycle thérapeutique chez les hommes recevant la testostérone injectable à action rapide.

La testostérone doit se situer vers le milieu de la fourchette de référence pour un homme jeune. Si cet objectif n’est pas atteint, il faut envisager de modifier la posologie ou de changer de préparation.

L’hématocrite doit rester dans la fourchette de référence du laboratoire. Un hématocrite dépassant la limite supérieure (polycythémie, polyglobulie) doit être pris en charge selon les recommandations en vigueur. La polycythémie accentue le risque de thrombose.

Le PSA peut augmenter suite au traitement. Il s’agit probablement d’une réponse physiologique mais le comité recommande d’adresser le patient à un urologue si, après initiation du traitement, le PSA augmente de plus de 1,4ng/mL chaque période de 12 mois de traitement, ou si la vélocité du PSA dépasse 0,4ng/mL par an lors d’un suivi longitudinal d’au moins 2 ans avec pour référence le PSA à 6 mois de traitement. Une élévation du PSA doit être confirmée par un nouveau dosage.

Une dyslipidémie doit s’améliorer une fois la testostérone stabilisée dans la fourchette souhaitée. Si elle persiste, elle doit être prise en charge selon les recommandations en vigueur.

TD et populations particulières
Cancer de prostate

Le comité recommande d’évaluer le TD chez les hommes ayant ou ayant eu un cancer de la prostate de la même façon que les autres. Cependant, un traitement substitutif en testostérone ne doit être prescrit que par un spécialiste du TD dans cette population.

Hypertrophie bénigne de la prostate et syndrome obstructif sur le bas appareil urinaire

Le traitement du TD n’est pas associé à une progression d’une hypertrophie bénigne de la prostate ou d’un syndrome obstructif sur le bas appareil urinaire. Dans cette population, le comité recommande d’évaluer et de surveiller les hommes de la même façon que les autres.

Maladies cardiovasculaires

Le comité recommande d’évaluer et de surveiller les hommes avec une maladie cardiovasculaire de la même façon que les autres.

Fertilité

Le comité recommande d’adresser les hommes qui souhaitent préserver leur spermatogenèse, leur fertilité ou leur volume testiculaire à des spécialistes.

Obésité et syndrome métabolique

Le comité recommande d’évaluer et de surveiller les hommes avec une obésité et un syndrome métabolique de la même façon que les autres.

Ostéoporose

Le comité recommande qu’une ostéodensitométrie soit proposée aux hommes avec TD âgés de 65 ans ou plus et aux plus jeunes avec un risque accru d’ostéoporose afin d’établir un statut osseux pré-thérapeutique. Ensuite, la densité minérale osseuse doit être surveillée par une ostéodensitométrie chez les hommes ayant une densité minérale osseuse anormale avant l’initiation du traitement.

Autres hommes avec TD et risque accru d’effets secondaires

Le comité recommande d’adresser les hommes avec un TD connus pour être à risque accru d’effets secondaires (cancer du sein ou antécédents, polycythémie/polyglobulie, syndrome d’apnées du sommeil sévère ou non contrôlé, problème de santé potentiellement grave) à des spécialistes ayant une expertise dans la prise en charge du TD dans les populations particulières.

Points essentiels à retenir

Le déficit en testostérone (TD) est un syndrome clinique ET biochimique caractérisé par un déficit en testostérone ou de son action, ET des symptômes et signes en rapport avec ce déficit.
Le dosage de routine de la testostérone dans la population générale (dépistage du TD) n’est pas recommandé.
Le dosage de la testostérone totale est l’examen biologique de référence pour le diagnostic du TD. Dans la majorité des cas, l’évaluation, mesurée ou calculée, de la testostérone libre ou biodisponible n’est pas recommandée.
L’évaluation biologique suivante est recommandée chez les hommes suspects de TD :
1re étape : dosage de la testostérone totale sérique sur un prélèvement sanguin veineux entre 8 et 12 heures :
si la testostérone totale est12nmol/L (3,46ng/mL), le diagnostic de TD est improbable ;
si la testostérone totale est12nmol/L (3,46ng/mL), il faut procéder à l’étape 2,

2e étape : dosage de la testostérone totale sérique sur un second prélèvement sanguin veineux entre 8 et 12 heures, après un intervalle d’au moins 1 semaine, associé aux dosages de LH, de la prolactine et, chez les hommes obèses ou âgés, de SHBG :
si la testostérone totale est12nmol/L (3,46ng/mL), le diagnostic de TD est improbable ;
si la testostérone totale est8nmol/L (2,31ng/mL), le diagnostic de TD est probable ;
si la testostérone totale est entre 8 et 12nmol/L (entre 2,31 et 3,46ng/mL) avec des symptômes de TD et/ou un taux élevé de SHBG, un traitement d’essai de 6 à 12 mois peut être proposé une fois que d’autres causes aux symptômes ont été exclues.


L’utilisation de questionnaires n’est pas recommandée dans l’évaluation du TD.
Le praticien doit informer le patient de toutes les options thérapeutiques du TD, y compris de l’option de ne pas traiter, et se mettre d’accord avec lui sur l’option choisie.
L’utilisation d’un traitement substitutif en testostérone a de grandes chances d’altérer la spermatogenèse et la fertilité, et de réduire le volume testiculaire. Les hommes qui souhaitent éviter ces effets ne doivent pas être traités avec de la testostérone.
Le comité recommande que les effets de la testostérone sur les symptômes soient évalués et les effets secondaires renseignés, 3, 6 et 12 mois après l’initiation du traitement puis tous les ans.
Le bilan biologique de surveillance comporte la testostérone totale, l’hématocrite, le profil lipidique et, chez l’homme de plus de 40 ans, le PSA.
Sous traitement, la testostérone doit se situer vers le milieu de la fourchette de référence pour un homme jeune.
Le traitement doit être interrompu si les hommes n’en tirent pas un bénéfice réel et persistant.
Le comité recommande d’évaluer le TD chez les hommes ayant ou ayant eu un cancer de la prostate de la même façon que les autres. Cependant, un traitement substitutif en testostérone ne doit être prescrit que par un spécialiste du TD dans cette population.

Déclaration de liens d’intérêts

L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.



Tableau I - Hypogonadisme hypergonadotrophique (primaire).
Congénital  Syndrome de Klinefelter 47XXY
Déficits en récepteurs androgéniques
Syndrome de Noonan
Cryptorchidie 
Acquis Auto-immun Orchite ourlienne 
Métabolique Hémochromatose 
Traumatique Traumatisme ou torsion testiculaire
Infarctus testiculaire 
Iatrogénique Irradiation testiculaire
Certains médicaments
Chirurgie 
Âge (hypogonadisme mixte)  


Tableau II - Hypogonadisme hypogonadotrophique (secondaire).
Congénital  Hypogonadisme hypogonadotrophique isolé
Syndrome de Kallman
Syndrome de Prader-Willi
Syndrome de Pasqualini 
Acquis Néoplasique Tumeurs primaires ou secondaires du système nerveux central 
Endocrinien ou métabolique Diabète
Obésité
Hyperprolactinémie 
Iatrogénique Irradiation hypothalamo-hypohysaire
Certains médicaments
Chirurgie 
Âge (hypogonadisme mixte)  


Tableau III - Symptômes du déficit en testostérone.
Fonctions physiques Réduction de la force musculaire
Altération de la coordination motrice
Altération de l’équilibre
Fragilité physique 
Fonctions cognitives Altération de la concentration
Altération de la mémoire verbale
Altération des capacités visuo-spatiales 
Sommeil Asthénie, tendance à l’endormissement diurne
Insomnie
Somnolence
Difficultés de réveil 
Affect Réduction de la sensation de bien-être général
Réduction de l’énergie et de la motivation
Anxiété
Dépression 
Fonctions sexuelles Réduction du désir sexuel
Érections nocturnes ou au réveil rares ou absentes
Altération de l’érection
Altération de l’éjaculation
Altération de l’orgasme 


Tableau IV - Étiologies des variations des taux de SHBG.
Situations qui abaissent SHBG Situations qui élèvent SHBG 
Stéroïdes anabolisants Âge 
Syndrome de l’ovaire polykystique Contraceptifs oraux 
Hypothyroïdie Grossesse 
Obésité Hyperthyroïdie 
Syndrome de Cushing Cirrhose 
Acromégalie Anorexie mentale 
 Régime alimentaire hypocalorique 
 Carbamazépine 

Référence

Dean J.D., McMahon C.G., Guay A.T., Morgentaler, Althof S.E., Becher E.F., et al. The International Society for Sexual Medicine's process of care for the assessment and management of testosterone deficiency in adult men J Sex Med 2015 ;  12 (8) : 1660-1686 [cross-ref]

1  Nous n’avons pris en compte que les traitements disponibles en France.
2  En France, les diverses présentations pharmaceutiques de testostérone ne peuvent être prescrites initialement que par des spécialistes en endocrinologie, urologie ou gynécologie. Le renouvellement n’est pas restreint.


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