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LE CORONAVIRUS PEUT-IL PROVOQUER DES ORCHITES ?

Alors que les scientifiques tentent de percer les mystères du nouveau coronavirus pour arrêter sa propagation, une étude chinoise a découvert que la maladie pouvait conduire à l’infertilité masculine. Avis d’Éric Huyghe, responsable du comité d’andrologie et de médecine sexuelle de l’AFU.

Il sévit depuis décembre 2019 et se propage dans le monde entier à grande vitesse. Le Covid-19 crée une crise sanitaire planétaire sans précédent. Des chercheurs chinois du Suzhou Vocational Health and Technical College ont révélé une possible atteinte testiculaire provoquée par le nouveau coronavirus (1). Pour Éric Huyghe, responsable du comité d’andrologie et de médecine sexuelle de l’AFU, « bien qu’il fût rapporté à partir de quelques cas, ce risque est possible »

Un risque d’orchite probablement faible

Pour autant, Éric Huyghe estime qu’il faut considérer cette éventualité avec beaucoup de modération. « Il ne faut pas tomber dans la psychose à cause de ces quelques cas qui ont été décrits ». Et d’ajouter : « Compte tenu de la médiatisation qu’il y a autour du coronavirus et du nombre de cas qu’il y a aujourd’hui dans le monde, si les risques d’orchite étaient importants, on en aurait parlé depuis longtemps. Je pense quand même que c’est une complication qui doit toucher une minorité de patients, mais qu’il ne s’agit pas d’un virus extrêmement agressif sur la fertilité masculine »

« De nombreux autres virus peuvent infecter les testicules »

D’autres virus s’étant propagés bien avant le Covid-19 sont connus pour provoquer une atteinte testiculaire. C’est le cas notamment de l’HPV, ainsi que les virus du HIV, de l’hépatite de la grippe.
« Heureusement, pour ce dernier, 3 mois plus tard, les patients récupèrent. Concernant le virus des oreillons, l’atteinte est unilatérale et réversible généralement. On estime qu’il n’y a que 15% d’altérations bilatérales chez les patients atteints des oreillons ». Est-il donc possible que le phénomène observé par les scientifiques chinois soit simplement la conséquence de l’hyperthermie ? « Nous n’avons pas encore assez de recul sur ce coronavirus, toutefois je suppose que la grande majorité des patients ne présenteront qu’une orchite unilatérale et réversible »

Des études urologiques sur le Covid-19 envisagées en France

D’autres virus un peu plus spécifiques, tels que la dengue et le Zika, peuvent aussi se retrouver dans le liquide séminal. « Notre équipe de recherche en fertilité humaine de l’Université Toulouse 3 a déterminé l’action de Zika et de la dengue sur les spermatozoïdes et la fertilité », informe Éric Huyghe qui se dit attentif aux évolutions du Covid-19. « Nous envisageons de travailler sur le coronavirus pour confirmer ce que les chercheurs chinois ont avancé et étudier la présence éventuelle du virus dans le liquide séminal ». Par rapport à cette première recherche, « il est important de déterminer si d’autres cas ont été identifiés, car, il peut y avoir en effet une sous-déclaration. Avec un virus qui inquiète autant la population, on ne va pas penser en premier lieu aux testicules ». Et de préciser : « Le plus important est d’arriver à contenir et circonscrire l’infection. Mais dans un second temps, si on constate que le virus laisse des séquelles au niveau de l’infertilité masculine, d’autres études plus poussées seront indispensables ».

 

Références

  1. Caibin F, Kai L, Yanhong D, Wei L, Jianqing W. ACE2 Expression in Kidney and Testis May Cause Kidney and Testis Damage After 2019-nCoV Infection. Doi : https://doi.org/10.1101/2020.02.12.20022418.

 

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