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DISPOSITIFS MEDICAUX

 
LA PLACE DE L’IRM DANS LA SURVEILLANCE ACTIVE DU CANCER DE PROSTATE

Quel est le risque de progression des cancers de la prostate à faible risque, sans lésion visible à l’IRM en surveillance active ? Peut-on se passer des biopsies répétées à 1 an pour ces cancers au stade de microfoyers de bas grade ? Ce sont les questions que se sont posées le Dr Jonathan Olivier et le Pr Arnauld Villers (CHU Lille), à travers une étude pilote.

L’IRM a toute sa place au moment du diagnostic, mais également dans le suivi des patients en surveillance active. Une récente étude a en effet montré que la présence d’une lésion repérée sur l’IRM au début de la surveillance active augmentait le risque rapide de progression au cours du suivi1. Quid de l’IRM négative au début de la surveillance active ? Jonathan Olivier y répond avec une étude pilote réalisée à Lille2.

Un suivi minimum de 12 mois

L’objectif principal était de comparer à 2 ans, sur des patients atteints de cancer à très faible risque avec une IRM prostatique initiale sans lésion visible, les taux de progression tumorale et l’arrêt de la surveillance active dans les deux groupes. L’objectif secondaire était de mesurer la prédiction d’une progression tumorale par la cinétique du PSA (vélocité du PSA et temps de doublement du PSA (PSA-V et PSA-DT).

Cette étude prospective mono centrique de suivi concernait des patients suivis entre janvier 2007 et décembre 2015. Deux groupes ont été étudiés successivement dans le temps. Un premier groupe (n=78, suivi médian de 42 mois) avait des biopsies répétées à 1 an, contrairement au deuxième groupe (n=71, suivi médian de 32 mois) qui n’en avait pas. Dans ces 2 groupes, en cas de vélocité du PSA > 0.75ng/ml/an ou de temps de doublement <3 ans, une surveillance active comprenant une IRM et des biopsies était indiquée. Cette cinétique du PSA a déjà démontré son utilité dans la prédiction d’une progression tumorale chez les patients en surveillance active3.

Un faible taux de progression tumorale

Au cours du suivi, 14 % des patients (21/149) ont progressé (17 % pour le groupe avec biopsie de contrôle à un an et 12 % pour le groupe sans biopsie). Au total, 21% des patients (31/149) avaient arrêté la surveillance active au bout de 2 ans de suivi (souhait du patient), et aucune différence significative n’était observée entre les deux groupes (p=0,56). L’aire sous la courbe pour prédire la détection de progression tumorale étaient de 92% pour la PSA-V et de 83 % pour le PSA-DT.

« Notre taux de progression de 14% s’explique en partie par le fait que l’IRM peut manquer des tumeurs cliniquement significatives, à risque rapide de progression du fait de sa valeur prédictive négative variant de 63 à 98 %4. Seule une autre étude du centre de Cambridge avec critères d’inclusion similaires a été publiée et le taux de progression était de 16, proche de celui de notre série5» précise Jonathan Olivier.

« Le bon résultat de la vélocité du PSA pour prédire la progression font évoquer ce test comme test unique de suivi (avec l’examen clinique) au cours de la surveillance active. On peut rajouter que dans le 1er groupe, les biopsies répétées à un an n’ont pas apporté de bénéfice pour 88 % des patients, celles-ci étant soit négatives (46%) soit positives mais encore de très faible risque (42%) souvent dans une autre localisation. Si le PSA-V peut identifier les 12% des patients qui ont progressé lors des biopsies répétées à un an comme le montrent nos résultats, cette mesure aurait une réelle pertinence clinique, permettant d’éviter des biopsies ou des imageries de contrôle »

Cette étude, parue dans le World Journal of Urology en février, est donc la première étape avant une étude multicentrique qui permettrait de confirmer ces résultats intéressants.

Références :

  1. Glass AS, Dall’Era MA. Use of Multi-Parametric Magnetic Resonance Imaging in Prostate Cancer Active Surveillance. BJU Int. 2019 Feb 11; 
  2. Olivier J, Kasivisvanathan V, Drumez E, Fantoni J-C, Leroy X, Puech P, et al. Low-risk prostate cancer selected for active surveillance with negative MRI at entry: can repeat biopsies at 1 year be avoided? A pilot study. World J Urol. 2018 Jul 23; 
  3. Cooperberg MR, Brooks JD, Faino AV, Newcomb LF, Kearns JT, Carroll PR, et al. Refined Analysis of Prostate-specific Antigen Kinetics to Predict Prostate Cancer Active Surveillance Outcomes. Eur Urol. 2018;74(2):211–7. 
  4. Fütterer JJ, Briganti A, De Visschere P, Emberton M, Giannarini G, Kirkham A, et al. Can Clinically Significant Prostate Cancer Be Detected with Multiparametric Magnetic Resonance Imaging? A Systematic Review of the Literature. Eur Urol. 2015 Dec;68(6):1045–53. 
  5. Thurtle D, Barrett T, Thankappan-Nair V, Koo B, Warren A, Kastner C, et al. Progression and treatment rates using an active surveillance protocol incorporating image-guided baseline biopsies and multiparametric magnetic resonance imaging monitoring for men with favourable-risk prostate cancer. BJU Int. 2018;122(1):59–65.

 

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