Reins prélevés non greffés : une source de greffons non exploitée ?

21 novembre 2014 - 3:30pm

Thème: 
Insuffisance rénale et transplantation
Référence: 
O-151

Objectifs
Malgré une pénurie d’organes, un nombre non négligeable de greffons rénaux prélevés ne sont pas greffés. Les objectifs de cette étude étaient de déterminer les causes principales de refus, le taux de lésions iatrogéniques, d’analyser la proportion de greffons refusés à tort et de décrire les résultats des patients greffés avec un rein controlatéral à un rein refusé.

Méthodes
Cette étude nationale multicentrique a inclus, à partir de la base de données CRISTAL, tous les reins prélevés non greffés du 1er janvier au 31 décembre 2012. La description des greffons a été recueillie de manière rétrospective à partir des bordereaux reins et des résultats de l’analyse anatomopathologique du greffon. L’identification du taux de greffons refusés à tort a été réalisée par deux chirurgiens urologues dont un expert en transplantation.

Résultats
252 reins ont été prélevés non greffés. Les causes de refus étaient vasculaire (104/41,3 %), tumorale (48/19 %) avec suspicion de tumeur rénale (17/6,7 %) ou d’autre cancer (31/12,3 %) et secondaire aux résultats de la biopsie préimplantatoire (35/13,8 %). 68 (27 %) reins étaient porteurs de lésions iatrogéniques : 33 (13 %) ont eu une artère sectionnée (9 principales/24 polaires), 23 (9,1 %) ont été décapsulés et 12 (4,7 %) uretères ont été sectionnés. 66 (26 %) reins ont été estimés refusés à tort et 126 (50 %) refusés à raison. L’interprétation était impossible pour 60 (24 %) reins. 115 patients ont été greffés avec un rein controlatéral à un rein refusé. 10 (8,7 %) patients sont décédés et 17 (14,8 %) étaient en arrêt fonctionnel dans l’année post-greffe. Parmi les 88 (76,5 %) patients porteurs d’une greffe fonctionnelle, le taux moyen de créatininémie était de 148 μmol/l avec un recul moyen de 13mois.

Conclusion
Une meilleure formation des chirurgiens au prélèvement ainsi que la mise en place d’une double expertise en cas de rein jugé « non greffable » pourraient permettre de diminuer la perte inutile de greffons.