Que reste-t-il des indications de reprise chirurgicale après néphrectomie partielle pour carcinome à cellules rénales ?

20 novembre 2014 - 4:15pm

Thème: 
Tumeur du rein
Référence: 
O-086

Objectifs
La chirurgie rénale conservatrice dans le traitement du carcinome à cellules rénales est une intervention désormais largement diffusée dont il existe des complications spécifiques, souvent redoutées : fistules urinaires et complications hémorragiques. L’objectif de cette étude était d’évaluer la place de la chirurgie dans la prise en charge des complications post-tumorectomie rénale.

Méthodes
Il s’agit d’une étude monocentrique rétrospective analysant toutes les complications survenues chez les patients ayant été opéré d’une tumorectomie rénale dans un service entre janvier 2000 et avril 2013. Les complications étaient classées selon la classification de Clavien. Les détails cliniques conduisant à la reprise chirurgicale, le devenir de l’unité rénale opérée, la survie du patient et le résultat carcinologique étaient colligés.

Résultats
Au total, 121 complications (16,9 %) sont survenues pour 717 tumorectomies rénales réalisées par voie ouverte ou laparoscopique ; 27 Clavien I (22,3 %), 31 Clavien II (25,6 %), 26 Clavien IIIa (21,5 %) et 37 Clavien IIIb (30,6 %). Pour 18 patients (2,5 %), il s’agissait d’une mis en place d’une sonde urétérale pour traiter une fistule urinaire. Dix-huit patients (2,5 %) ont subi une reprise chirurgicale par voie ouverte ou laparoscopique pour une évacuation de collection (n = 7, 0,9 %), une totalisation de la néphrectomie (n = 6, 0,8 %), une hémostase complémentaire du lit de la tumorectomie (n = 4, 0,6 %), une splénectomie d’hémostase (n = 1, 0,1 %) et une ablation de corps étranger (n = 1, 0,1 %). Les indications de néphrectomie complémentaire étaient une thrombose de l’artère rénale (n = 2), un choc hémorragique (n = 1), une dysjonction pyélo-urétérale (n = 1), et une fistule urinaire avec marge positive (n = 1).

Conclusion
La chirurgie conservatrice rénale est une chirurgie dont le taux de complications nécessitant une reprise chirurgicale est faible, grâce aux traitements endo-urologiques et à la radiologie interventionnelle. La place de la chirurgie dans la prise en charge des complications reste limitée et il apparaît que la totalisation de la néphrectomie est un événement exceptionnel.