Pronostic oncologique du degré d’extension extraprostatique sur la récidive biologique après prostatectomie totale. À propos d’une série de 247 patients pT3aN0R0

20 novembre 2014 - 3:15pm

Thème: 
Cancer de la prostate avancé
Référence: 
O-072

Objectifs
Évaluer l’impact pronostique du degré d’extension extraprostatique (EEP) sur la récidive biologique après prostatectomie totale (PT) dans une cohorte de patients pT3aN0R0.

Méthodes
Nous avons sélectionné les patients ayant subi une PT entre 2000 et 2012 dans 2 centres pour cancer de prostate pT3aN0. Les critères d’exclusion étaient un PSA dosable à 2 mois postopératoire, une marge positive, un traitement néoadjuvant ou adjuvant immédiat. Le degré d’EEP était renseigné par nos uropathologistes durant la période selon la méthode d’Epstein qui caractérise l’EEP de manière subjective en focale ou étendue. La récidive biologique était définie par deux élévations successives du PSA supérieures à 0,2 ng/ml. Une association statistique a été recherchée entre la récidive biologique et le degré d’EEP.

Résultats
Sur les 247 patients pT3aN0R0 inclus, 150 avaient une EEP focale et 97 avaient une EEP étendue. Au moment de la PT, l’âge moyen et le PSA moyen étaient respectivement de 62,5 ans et de 10,9 ng/ml. Le suivi moyen était de 56,3 mois. Au cours du suivi, 61 (24,7 %) patients ont eu une récidive biologique, 26 (17,3 %) patients dans le groupe EEP focale et 35 (36 %) patients dans le groupe EEP étendue. La probabilité de survie sans récidive biologique à 10 ans était de 58 % dans le groupe EEP focale versus 27 % dans le groupe EEP étendue. (p = 0,0018) En analyse multivariée, le degré d’EEP (hazard ratio 1,8 ; 95 % IC 1,1–3,5 ; p = 0,029) et le score de Gleason (hazard ratio 2,5 ; 95 % IC 1,4–4,5 ; p = 0,002) étaient associés à la récidive biologique.

Conclusion
Le degré d’EEP est un facteur pronostique indépendant du risque de récidive biologique après PT en cas de cancer pT3aN0R0 qui devrait être reporté de manière systématique sur les comptes rendus histologiques. Cette étude renforce l’utilité de l’approche subjective d’Epstein déjà adoptée par la majorité des pathologistes. La place de la radiothérapie adjuvante immédiate doit être étudiée dans cette population (Fig. 1).