Neuromodulation sacrée et hyperactivité vésicale idiopathique de la femme : faut-il reprogrammer la fréquence lors de la phase de test ?

21 novembre 2014 - 11:00am

Thème: 
Neuro-urologie et autres troubles mictionnels
Référence: 
O-126

Objectifs
Une fréquence unique de 14 Hz est habituellement utilisée pendant la phase de test de neuromodulation sacrée S3. Pourtant, modifier la fréquence pourrait influencer la réponse clinique. Nous avons évalué l’impact de modifications de la fréquence du boîtier externe sur les troubles mictionnels et la sélection des patients répondeurs.

Méthodes
Chez des patientes souffrant d’hyperactivité vésicale idiopathique, 3 fréquences différentes (5 Hz, 14 Hz, 40 Hz) ont été évaluées prospectivement par calendriers mictionnels pendant la phase de test. Le nombre de mictions diurnes et nocturnes, le volume mictionnel moyen et maximal, le nombre d’épisodes d’incontinence et de garnitures étaient notés pour chaque fréquence. Le test était positif lorsque les troubles mictionnels étaient améliorés objectivement de 50 % et l’implantation définitive d’un neuromodulateur sacré était proposée. Un score MHU était réalisé en pré-opératoire et un mois après l’implantation définitive.

Résultats
Trente-huit patientes d’âge moyen 61,0 ± 15,3 ans ont été évaluées. Le test était positif chez 28 patientes (73,7 %) avec une durée moyenne du test de 25,1 ± 7,1 jours. Chez les répondeurs, l’amélioration a été significative sur les critères évalués aux trois fréquences (p < 0,05), sans différence entre les 3 fréquences en analyse multivariée. Le nombre médian de mictions est passé de 13,0 [6,0–25,0] à 8,0 [4,0–16,0] (p < 0,0001). Le score MHU a diminué de 11,93 ± 2,7 à 4,1 ± 2,5 (p < 0,0001). La réponse individuelle était néanmoins différente avec 15 patients implantés à 14 Hz, 8 à 5 Hz et 5 à 40 Hz. Huit patients n’avaient un test positif qu’à 5 ou 40 Hz. Les résultats restaient stables à 5 et 14 Hz mais on constatait une perte d’amélioration à 40 Hz à 6 mois (p > 0,05).

Conclusion
Les trois fréquences testées apportaient une amélioration significative chez les patients répondeurs. Néanmoins, une approche individualisée paraît utile et il conviendra de tester les fréquences 5 et 40 Hz en cas d’échec à 14 Hz. La réponse à 40 Hz semble néanmoins s’émousser au cours du suivi.