Le cathétérisme intermittent, méthode de choix dans la prise en charge des dysfonctionnements neurologiques vésico-sphinctériens : notre expérience à propos de 154 patients atteints d’une sclérose en plaques

21 novembre 2014 - 11:15am

Thème: 
Neuro-urologie et autres troubles mictionnels
Référence: 
O-127

Objectifs
Compte tenu de cette pathologie particulière (SEP), avec diffusion des lésions de démyélinisation, nous traitons des patients au tableau clinique très variable et complexe. Dès lors, la prise en charge du dysfonctionnement vésico-sphinctérien par cathétérisme intermittent (associé ou non à d’autres thérapies) dans la sclérose en plaques, représente à chaque fois un challenge : analyse de notre expérience.

Méthodes
Étude descriptive sur 3 centres, de la population de patients atteints de la sclérose en plaques à laquelle nous avons proposé le cathétérisme intermittent (associé ou non à un traitement de l’hyperactivité détrusorienne). Nous avons analysé les caractéristiques des patients y compris le score EDSS à la visite d’initiation et à la dernière visite (Tableau 1). Nous avons analysé le mode de miction adopté, la continence, la durée du suivi, et la durée de pratique du cathétérisme intermittent pour ceux qui l’ont interrompu.

Résultats
Nous avons proposé le cathétérisme intermittent à 154 patients. Parmi eux, 11 ont refusé catégoriquement, 15 ont appris en hôpital de jour mais n’ont pas voulu poursuivre et 121 ont adopté ce mode mictionnel. Nous avons analysé ce groupe de 121 patients, dont le suivi moyen a été de 56,66 mois. La sclérose en plaques évolue depuis plus de 5 ans chez 99 patients (81,82 %). Les symptômes urinaires sont présents depuis plus de 5 ans chez 91 patients (75,21 %) : l’urgenturie est présente chez 111 d’entre eux (91,73 %) et l’incontinence urinaire par urgence chez 81 patients (66,94 %). À la dernière visite, le cathétérisme intermittent est encore pratiqué chez 93 patients (77 %) selon des modes variés (Tableau 2) et l’incontinence urinaire encore présente chez 30 patients (24,8 %).

Conclusion
Nous observons une bonne compliance des patients atteints de sclérose en plaques, vis à vis de la pratique du cathétérisme intermittent. Notre étude semble confirmer que le cathétérisme intermittent est une méthode de choix dans la prise en charge des dysfonctionnements neurologiques vésico-sphinctériens et particulièrement dans le cas de la sclérose en plaques.