Évaluation de la dénutrition préopératoire en chirurgie onco-urologique : enquête préliminaire avant la mise en place d’une étude prospective pilote

20 novembre 2014 - 5:15pm

Thème: 
Formation, pédagogie
Référence: 
O-113

Objectifs
Les sujets âgés atteints de cancer sont souvent fragilisés du fait d’une dénutrition. Pourtant, ce facteur validé de complications périopératoires, d’hospitalisation prolongées et de surcoûts semble encore peu évalué en onco-urologie. Avant d’initier une enquête prospective de l’état nutritionnel préopératoire, une première analyse de la fréquence de dénutrition et des éventuels problèmes rencontrés a été faite dans notre service.

Méthodes
Une étude rétrospective a été menée de novembre 2012 à décembre 2013 chez 135 patients opérés en chirurgie générale et urologique chez lesquels une dénutrition était cliniquement suspectée. Plusieurs critères (validés en accord avec les équipes d’endocrinologie et de nutrition) ont été sélectionnés : (A) cliniques : (a) à l’admission : poids, taille, index de masse corporelle, (b) variation de poids (delta P) entre l’admission et 6 mois à un an avant, mesuré si patient vu en consultation ou évalué d’après l’interrogatoire du malade. (B) biologiques : albuminémie ( < 35 g/L ; sévère si < 30 g/L) et pré-albuminémie ( < 200 mg/L) mesurées en préopératoire ou en post-opératoire immédiat.

Résultats
Au total, 135 patients (45 à 94 ans d’âge moyen 75,6) surtout masculins (sex-ratio = 2,06) ont été inclus. La moitié (n = 68) a été opérée pour une pathologie carcinologique dont 25 non urologiques et 43 urologiques. Le groupe urologie représentait 48 % (n = 65) avec une prédominance (66 %) de cancers. Critères cliniques : retrouvés que chez 34,1 % (n = 46 dont 22 patients du groupe onco-urologie) avec une perte de poids moyenne de 7,12 kg. Critères biologiques : toujours retrouvés (n = 135) avec un état de dénutrition présent chez 88,4 % du groupe urologie (dont 63,8 % sévères), 86,04 % du groupe onco-urologie (dont 62,8 % sévères) et 96,9 % du groupe non urologique (dont 81,5 % sévères).

Conclusion
Cet état des lieux montre : a) la réalité de cette problématique malgré un biais important de sélection avec 9/10 des patients « inclus » dénutris, b) un recueil défaillant des critères cliniques à corriger par une meilleure sensibilisation/traçabilité tout au long du parcours de soins avant de démarrer notre enquête prospective (dépistage ciblé de la population dénutrie en onco-urologie).