Étude multicentrique de l’histologie des masses résiduelles des tumeurs germinales après chimiothérapie : existe-t-il des facteurs prédictifs ?

21 novembre 2014 - 4:30pm

Thème: 
Andrologie
Référence: 
O-174

Objectifs
La répartition des masses résiduelles des tumeurs germinales non séminomateuses (TGNS) après chimiothérapie est 10 % de tissu tumoral actif, 30 à 40 % de tératome et 40 à 50 % de nécrose. Certaines composantes histologiques de la pièce d’orchidectomie semblent prédictives de la nature des masses résiduelles. L’objectif de cette étude était de déterminer quels sont ces facteurs prédictifs.

Méthodes
Cette étude multicentrique (11 centres) rétrospective, a porté sur tous les patients aux antécédents de TGNS ayant eu un curage rétro-péritonéal de masses résiduelles post-chimiothérapie entre octobre 1995 et janvier 2014. Les données étaient recueillies sur dossier. Les types histologiques relevés sur la pièce d’orchidectomie étaient la présence de tératome, de carcinome embryonnaire majoritaire, de tumeur vitelline, de choriocarcinome et l’invasion lympho-vasculaire (LVI). Ils étaient comparés à l’histologie du curage (nécrose, tératome ou tumeur active). Une étude multivariée par régression logistique était menée pour déterminer si ses facteurs étaient prédictifs de l’histologie du curage.

Résultats
Au total, 211 patients ont été inclus avec un âge moyen de 34,5 ans (20–63). La répartition des curages était : 102 (48,3 %) tératomes, 84 (39,8 %) nécroses et 25 (11,8 %) tumeurs actives. Cinquante-neuf patients (57,8 %) avaient du tératome sur la tumeur primitive et sur le curage. Tumeur vitelline et choriocarcinome étaient présents chez respectivement chez 24 (28,6 %) et 12 (14,3 %) patients avec nécrose. Carcinome embryonnaire majoritaire et LVI étaient présents respectivement chez 3 (12 %) et 13 (52 %) patients avec tumeur active. L’association absence de tératome (p < 0,0001) et nécrose était statistiquement significative. Les facteurs statistiquement significatifs pour prédire la présence de tumeur active étaient l’invasion lympho-vasculaire (p = 0,007) et le carcinome embryonnaire majoritaire (p = 0,010) et pour le tératome, présence de tératome (p = 0,002), tumeur vitelline (p = 0,035) et absence de LVI.

Conclusion
Ces résultats confirment les données de la littérature sur les facteurs prédictifs de la nature des masses résiduelles, sauf concernant la tumeur vitelline, supposée être prédictive de la présence de nécrose. La connaissance de ces facteurs pourrait être intéressante pour sélectionner les patients à opérer et surveiller ceux ayant des petites masses résiduelles et des facteurs prédictifs de nécrose.