Comparaison des voies ouvertes et robot-assistée pour la néphrectomie partielle pour tumeurs très complexes (RENAL Score≥10)

20 novembre 2014 - 3:45pm

Thème: 
Tumeur du rein
Référence: 
O-084

Objectifs
La voie robot-assistée est de plus en plus utilisée pour la néphrectomie partielle (NP). Les tumeurs très complexes (RENAL Score ≥ 10) représentent un défi chirurgical important et sont traditionnellement opérés par voie ouverte. L’objectif de cette étude était de comparer les voies d’abord robot-assistée (NPRA) et ouverte (NPO) dans la NP pour tumeurs très complexes.

Méthodes
Tous les patients opérés d’une NP pour une tumeur rénale très complexe (RENAL Score ≥ 10) entre 2006 et 2013 dans deux centres français ont été inclus. Les NP laparoscopiques pures (NPL) ont été exclues. Les données concernant les patients, les tumeurs (taille, RENAL Score) et le périopératoire (expérience des chirurgiens, durée de clampage, saignement, complications, marges positives) ont été comparées entre les groupes NPRA et NPO à l’aide du test du χ2 pour les variables qualitatives et du test de Student ou de Mann–Whitney pour les variables quantitatives.

Résultats
Après exclusion de 3 NPL, 70 patients ont été inclus : 27 dans le groupe NPO et 43 dans le groupe NPRA. La taille tumorale était comparable entre les deux groupes (52 vs 53 mm, respectivement, p = 0,85), mais les chirurgiens étaient plus expérimentés (> 50 cas : 18,5 % vs 46,5 % ; p < 0,0001) dans le groupe NPRA. La NPRA était associée à une réduction de la durée d’ischémie (17,6 vs 25,5 min ; p = 0,002) et de la durée d’hospitalisation (5 vs 11,4 jours ;p < 0,0001). Les pertes sanguines étaient plus importantes dans le groupe NPRA (674 vs 293 ml ; p = 0,009) mais sans retentissement sur le taux de complications (21 % vs 33 % ; p = 0,25). Les marges positives étaient plus fréquentes dans le groupe NPRA (5 % vs 0 %, p = 0,3).

Conclusion
La NPRA est faisable pour les tumeurs très complexes. Elle est associée à une diminution des durées d’ischémie et d’hospitalisation. Les pertes sanguines sont augmentées sans que cela retentisse sur le taux de complications (Tableau 1).