Comparaison de la fonction érectile après traitement curatif du cancer de prostate à faible risque par curiethérapie et par prostatectomie radicale : étude prospective chez des patients ayant un score IIEF5 initial>16

22 novembre 2014 - 12:15pm

Thème: 
Andrologie
Référence: 
O-192

Objectifs
Peu d’études ont confronté la qualité de vie après curiethérapie (CuT) et après prostatectomie radicale (PR) spécialement concernant la fonction érectile (FE). Le but de cette étude était de comparer la FE après CuT et après PR, et d’identifier les facteurs prédictifs de dysfonction érectile (DE) chez des patients ayant un score IIEF5 initial > 16.

Méthodes
Entre 01/2005 et 07/2012, 179 patients ont eu une CuT (grains libres, planimétrie en temps réel, dose prescrite : 160 Gy) et 739 ont eu une PR (un seul chirurgien expérimenté, conservation bilatérale : 75 % ; unilatérale : 22 % ; pas de conservation : 3 %). Les critères d’inclusions étaient : cancer à faible risque ; < 50 % des biopsies positives ; volume prostatique < 80cm3 ; IIEF5 initial > 16 sans aide médicamenteuse. Tous les patients inclus étaient éligibles aux 2 traitements permettant de comparer 102 CuT à 203 PR. L’évaluation de la FE a été faite prospectivement en préopératoire, à 1 et 2 ans en utilisant l’auto-questionnaire IIEF5.

Résultats
Les patients du groupe PR étaient significativement plus jeunes [60,6 ans (± 6) vs 64,4 ans (± 6)] et avaient un score IIEF5 initial légèrement plus élevé [22,3 (± 2,4) contre 21,4 (± 2,7)]. Cependant, à 1 et 2 ans, les proportions de patients ayant une FE satisfaisante (IIEF5 > 16) et les scores IIEF5 moyens étaient significativement supérieurs après CuT (Tableau 1). De plus, la DE sévère (IIEF5 < 8) et la prise de traitement contre la DE étaient plus fréquentes après PR. En analyse multivariée, à 2 ans, le risque d’avoir un score IIEF5 < 16 ou une DE sévère étaient significativement associés à la PR avec des odds ratio respectifs à 4,2 et 10,4. L’âge était également un facteur prédictif de DE sévère. Le diabète, le volume prostatique et les antécédents cardiovasculaires n’influençaient pas le FE postopératoire (Tableau 2).

Conclusion
Les troubles érectiles étaient courants après prise en charge curative du cancer de prostate. Cependant, à moyen terme la DE était plus fréquente et plus sévère après PR qu’après CuT.